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FAIT DU JOUR Ligne Alès-Bessèges : de l’entrain pour le train

Arrivée des premiers kilomètres de rails de la ligne ferroviaire Alès-Bessèges début décembre en gare d'Alès-Tempéras. (Photo A-M Skora / DR)
Le sous-préfet d'Alès, Jean Rampon, et Jean-Pierre de Faria, maire de Saint-Ambroix, au centre, rencontrent les organisateurs de la concertation sur le marché de Saint-Ambroix. (Photo Corentin Migoule)

Organisée par la région Occitanie et le réseau SNCF dans les communes concernées par le retour très attendu de la ligne ferroviaire Alès-Bessèges, la concertation a officiellement débuté ce mardi à Saint-Ambroix. L'occasion pour les deux entités de peaufiner un projet déjà mature, estimé à 60 millions d'euros, et dont la livraison est prévue à l'été 2026. 

Espérée depuis près d’une décennie par l’association des usagers de la SNCF du Gard et de nombreux locaux et destinée à désenclaver le nord du département, la rénovation de la ligne ferroviaire Alès-Bessèges a franchi une étape importante de son processus avec l’accueil en décembre dernier de plusieurs kilomètres de rails en gare d’Alès.

Ce mercredi 9 mars à Saint-Ambroix, huit ans après la suspension de la circulation, une nouvelle étape majeure de la réhabilitation de cette ligne a été franchie. Organisée par la région Occitanie et le réseau SNCF dans les communes concernées, la concertation a en effet débuté. Et pas seulement pour le plaisir d'y associer les acteurs du territoire : "C'est une phase obligatoire pour un tel projet au sens du code de l'urbanisme et du code de l'environnement", indique Hilaire Hautem, directeur territorial adjoint chez SNCF Réseau Occitanie.

Quatre semaines de concertation au programme

Flanqué de plusieurs agents, ce dernier était à Saint-Ambroix hier matin sur le marché hebdomadaire pour y assurer une distribution de tracts suivie d'échanges avec des locaux. "On a choisi d'aller à la rencontre des gens sur les marchés car si on leur demande de venir participer à des réunions il y a moins de chances de croiser la diversité des profils", explique Sophie Guillain, directrice de Res Publica et organisatrice de la concertation.

En milieu de matinée, la délégation SNCF a reçu la visite du sous-préfet de l'arrondissement d'Alès, Jean Rampon, qu'accompagnait le maire de Saint-Ambroix, Jean-Pierre de Faria. Après avoir rappelé "la compétence de la région dans la gestion de ce dossier", le représentant de l'État a aussi souligné sa participation "avec assiduité" au comité de pilotage. "Je me réjouis que cette ligne puisse retrouver son activité", a-t-il conclu.

Les prémices de cette concertation, qui va s'étendre jusqu'au 4 avril prochain, ont davantage pris corps ce mardi en fin d'après-midi avec une première réunion organisée dans la salle du Tremplin de Saint-Ambroix. Mené d'une main de fer dans un gant de velours par Sophie Guillain, retransmis en visioconférence sur sur Zoom et avec une quarantaine de participants en présentiel - le rendez-vous s'est ouvert sur une séquence questions-réponses entre élus locaux, futurs usagers et meneurs du projet.

Plus qu'un projet de transport, un projet de territoire

En préambule, Hilaire Hautem s'est chargé de dresser le contexte dans lequel intervient la réhabilitation de la ligne Alès-Bessèges : "Un trafic suspendu depuis l'été 2012 et dont le retour fait l'objet d'une mobilisation très importante. Plusieurs sondages l'ont prouvé !" Le directeur territorial adjoint de SNCF Réseau Occitanie a ensuite énuméré les principaux objectifs poursuivis par ce "projet de transport" qui est surtout "un projet de territoire" qui consiste à relier les communes entre elles, rendre plus attractif le nord du département, livrer une offre de transport économique et écologique, favoriser le développement touristique.

Fabrice Carayon, qui assure la maîtrise d'ouvrage des études liées aux installations ferroviaires, a révélé quelques détails techniques du projet. "Le temps de parcours pour relier Alès à Bessèges sera de 40 minutes. Il faudra compter 20 minutes pour faire Alès-Saint-Ambroix. Les trains rouleront à 100 km/h sur certaines portions, à 60 km/h sur d'autres."

31 kilomètres de ligne, neuf haltes

Aussi, le nombre d'allers-retours est fixé à sept par jour (sept jusqu'à Saint-Ambroix mais cinq jusqu'au terminus à Bessèges), et ce, sept jours sur sept, "avec une forte amplitude horaire", promet Fabrice Carayon, qui évoque des trains de "6 heures du matin jusqu'à tard le soir" et "une attention particulière aux horaires de pointe."

En charge de la maîtrise d'ouvrage des études liées à l'aménagement des haltes de la ligne, Jennifer Desfontaines a promis d'équiper chaque point d'arrêt (neuf sur la ligne de 31 kilomètres) d'un distributeur de billets permettant aux usagers d'être parfaitement autonomes, de box pour vélos, ainsi que d'une "signalétique ferroviaire modernisée." 

Place nette était alors faite pour les questionnements et autres remarques. Un membre de l'assemblée, qui s'est défini comme "un néo Saint-Ambroisien", a regretté "le timing" de la livraison du projet, prévue à ce jour à l'été 2026 : "Je vais être actif pendant encore trois ans et j'aurais beaucoup aimé profiter de cette ligne avant d'être à la retraite", a fait savoir le quinquagénaire.

Les trains à hydrogène, ce n'est pas pour tout de suite

En qualité de financeur du projet, la région Occitanie était représentée par son vice-président en charge des transports, Jean-Luc Gibelin. Ce dernier, estimant que le coût global évalué à 60 millions d'euros est "trop élevé par rapport à ce qu'il y a à faire", a lui aussi reconnu que "2026 ça paraît loin" et qu'"on ne va peut-être pas assez vite."

À la question "y aura-t-il des tarifs à 1 euro comme cela a pu être le cas par le passé ?", la SNCF a répondu par la positive. Si un membre de l'assistance espérait "un dédommagement pour les propriétaires d'une maison à proximité de la voie ferrée", Jean-Luc Gibelin a signifié que compte tenu de l'antériorité du projet, "personne ne peut-être étonné du retour de la ligne". Et d'achever : "Il n'y a pas à ce stade de raison de penser que ces personnes vont faire l'objet de nuisances qui justifieraient une compensation."

"Quand verra-t-on arriver les trains à hydrogène?", a soulevé un habitant du bassin de Cèze-Cévennes, qui considère que "l'environnement" est le grand oublié du projet. Restée lettre morte, sa question trouvera peut-être écho lors des futures réunions de concertation qui vont ponctuer ce mois de mars. La prochaine, qui arrive à grande vitesse, aura lieu ce jeudi de 16 heures à 18 heures au centre François-Mitterrand de Bessèges.

Corentin Migoule

Plus d'informations concernant la concertation à lire sur le site dédié.

 

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