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UZÈS Les orientations budgétaires de la commune en débat


Le traditionnel débat d’orientations budgétaires, un des temps forts de la vie municipale, se tenait mardi soir lors de la réunion du conseil municipal d’Uzès. L’occasion pour l’opposition municipale de critiquer la politique menée par la majorité, et mise en musique dans le cadre du budget. 
Pour la première fois, compte tenu du contexte sanitaire et de l’horaire du conseil - 18 heures - le débat d’orientations budgétaires s’est tenu sans public. Un fait relevé par l’opposante Lydie Defos du Rau (Uzès des possibles) : « vous aviez deux options, soit tenir ce conseil à des heures permettant au public d’y assister, soit le retransmettre en direct », explique-t-elle, se disant pour sa part « plus que favorable à ce que les conseils soient filmés. » 
« Je comprends votre demande car vous vous croyez toujours ‘au théâtre ce soir’ », rétorque le maire Jean-Luc Chapon. Quant à l’horaire, « beaucoup de conseillers me disent déjà que 18 heures c’est trop tôt pour eux », indique-t-il, tout en rappelant que si le public est absent, « la presse est présente, et va dire tout ce qui est dit. » Pas de quoi convaincre l’opposante. Il est vrai que les comptes-rendus de la presse - et celui-ci ne fait pas exception - ne sont pas exhaustifs.
De quoi donner le ton du débat d’orientations budgétaires qui suivra. La parole était tout d’abord donnée à l’adjoint aux finances, Thierry De Seguins-Cohorn, pour la présentation des orientations du budget 2021. Un budget qui ne renverse pas la table, même si les recettes sont en baisse en 2020 sur certains chapitres, une baisse due au covid-19.

9 millions d’euros d’opérations nouvelles d’équipement

Reste que les indicateurs sont encore au vert, notamment l’encours et les intérêts de la dette : l’encours était de 13,9 millions d’euros en 2020, contre 15,3 millions en 2019, et les intérêts de 477 000 euros en 2020, contre 508 000 euros en 2019. Par ailleurs, aucun recours à l’emprunt n’a été effectué en 2020, rappelle l’adjoint. L’épargne brute est dans le vert aussi, avec un taux de 30,11 %, « bien au-delà de la norme admise comme satisfaisante, entre 8 et 15 % », note Thierry De Seguins-Cohorn, avant d’estimer que « la situation est sereine pour les finances de la ville. » 
Dans ce contexte, la commune ne compte pas augmenter les taux locaux d’imposition et souhaite « maintenir un taux d’investissements élevé », ajoute-t-il. Sur les investissements, qui donnent la traduction budgétaire des orientations politiques, la majorité compte ouvrir 9 millions d’euros d’opérations nouvelles d’équipement en 2021. On y retrouve 3,1 millions d’euros de voiries et aménagements, 1,4 million d’euros d’acquisitions de terrains, 1,3 million pour le groupe scolaire Jean-Macé, ou encore 475 000 euros pour le skate-park. S’ajoutent à ces 9 millions 2,8 millions d’euros de restes à réaliser de 2020, dont 710 000 euros de voirie, 502 000 euros pour le parking du Refuge ou encore 530 000 euros pour les jardins familiaux. La mairie prévoit aussi de maintenir son soutien aux associations et d’emprunter un million d’euros au maximum, tout en remboursant cette année 1,3 million d’euros de dette.

« J’ai du mal à trouver le sens, le projet »

Lydie Defos du Rau est la première à se lancer pour critiquer ces orientations. « Je ne vois rien dans ces orientations qui dit que la commune sera aux côtés des plus fragiles, ce n’est pas un budget de justice sociale », lance-t-elle, tout en incitant la mairie à rediriger certaines dépenses de voirie par exemple vers le social. L’opposante demande ensuite la renégociation du contrat de stationnement avec Q Park, et la mise en place d’une taxe d’habitation sur les logements vacants, pour laquelle « un travail devait être mené en 2019 et qu’en est-il ? Apparemment rien. » 
Lydie Defos du Rau affirme également ne voir « aucune intention dans la transition écologique et énergétique » dans ces orientations, pas plus que « sur les logements en réponse à l’enjeu démographique. » Bref, pour elle, « les propositions sont en décalage total avec l’ambition d’une commune moderne et attractive. » Son homologue de la liste « Uzès s’engage », Christophe Cavard, dit quant à lui avoir « du mal à trouver le sens, le projet » dans ces orientations budgétaires. « Où sont les enjeux ? », reprend-il en évoquant lui aussi la transition écologique et plus concrètement les énergies renouvelables et les pistes cyclables.
Quant au fait que la commune n’a pas emprunté en 2020, « ce n’est pas un signe de dynamisme », estime l’ancien député qui, malgré « une gestion qui paraît correcte », note « un manque d’ambition » dans les orientations. Plus loin, l’opposant de la liste « Uzès des possibles », Simon Subtil, invite la majorité à renégocier le contrat avec Q Park, qu’il juge désavantageux pour la commune.
Jean-Luc Chapon fait une réponse groupée. Sur la dette : « quand on emprunte on s’endette, donc si on n’en a pas besoin je ne vois pas pourquoi on emprunterait », commente-t-il, avant de lister les réalisations pour la jeunesse réfutant ainsi l’argument d’une ville qui ne serait pas attractive pour cette tranche de la population. Sur Q Park, le maire explique que de « nouvelles négociations » sont en cours, et sur l’attractivité qu’Uzès reste dynamique, « avec 5 500 emplois ». Quant à la transition écologique, le maire n’en dira qu’un mot : « oui. »
« C’est vrai que ce n’est pas un vrai sujet », ironise Lydie Defos du Rau avant de revenir sur la démographie de la commune : « il y a 26 % de plus de 60 ans en France, et 42 % à Uzès, il y a des classes moyennes qui n’arrivent pas à s’installer sur Uzès. » « Vos amis n’ont jamais voté pour Mayac », grince le maire en faisant allusion aux lotissements de ce quartier, ce à quoi l’opposante répond, comme à chaque fois, qu’elle n’était pas encore élue à l’époque.
Christophe Cavard revient sur la transition écologique qui comporte « de sacrés enjeux économiques, les emplois de demain. » « La transition écologique, on n’en parle pas lors du débat d’orientations budgétaires, tranche le maire. Et je pensais que vous alliez nous dire quoi faire au lieu d’utiliser des grands mots. » Après de derniers âpres échanges sur l’urbanisme, le débat en reste là. Prochaine étape : le vote du budget primitif 2021 d’ici le 15 avril.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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