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MONTCLUS Transformée par l’activité humaine, la Cèze retrouve petit à petit sa forme d’antan

Des opérations de recharge sédimentaire sont organisées sur la Cèze. (Marie Meunier / Objectif Gard)

À cause de l’activité humaine, le lit de la Cèze a été raclé. Sable, cailloux, gravier ont été prélevés massivement dans les années 50 pour faire du béton et d’autres matériaux. Le syndicat AB Cèze organise des actions de recharge sédimentaire et rend les cailloux au cours d’eau.

L’époque des années 50-60 est à la modernisation, au développement et à la construction d’infrastructures. « Le béton des rues de Montclus est fait avec le gravier de la rivière », donne pour exemple le maire de la commune, Benoît Trichot, par ailleurs président du syndicat mixte d'AB Cèze. Les fonds des rivières sont extraits sans limite pour les besoins humains. Il faudra attendre la révision de la loi sur l’eau en 1992 pour que ces sablières soient réglementées.

Mais dans les rivières, le mal est déjà fait. « On a un déficit sédimentaire de 450 ans dans l’Ardèche et de 300 ans dans la Cèze », chiffre Joël Guillerme, qui travaille sur les problématiques sédimentaires au sein du syndicat mixte AB Cèze. Cela veut dire qu’il faudra 450 ou 300 ans à ces cours d’eau, sans intervention humaine, pour retrouver leur état d’origine.

Oui, et alors, me direz-vous ? Sachez que ce changement n’est pas sans conséquence. « Normalement, le matelas alluvial mesure entre 1,50 et 2 m au-dessus de la roche mère. Ici, on est directement sur la roche mère », indique Joël Guillerme en désignant la Cèze, un petit peu en amont du pont de Montclus.

Moins d'eau, plus d'algues...

Matelas alluvial faible ou inexistant dit baisse des nappes phréatiques. Le phénomène d’étiage est aggravé en été et accélère l’évaporation de l’eau, le développement algueux… C’est toute la chaîne écologique qui est impactée et pour une commune touristique comme Montclus, la vitrine n’a rien d’attrayante.

C’est pourquoi, le syndicat mixte AB Cèze essaye de rétablir l’équilibre originel des rivières en leur rendant leurs cailloux. L’un de ses points stratégiques d’action est la Cèze à Montclus, car la rivière va ensuite transporter les sédiments jusqu’à Goudargues en aval. Il faut dire qu’entre les deux communes, ce sont 100 000 mètres cubes de cailloux qui ont été extraits quelques décennies plus tôt.

Récupérer les roches charriées par la crue d'août 2018

Oui, mais où les trouver ces roches de substitut ? Là encore, il faut choisir des points stratégiques. Montclus, comme d’autres communes de la vallée de la Cèze, ont vu passer une importante crue le 9 août 2018. L’événement d’une rare violence a même transformé en torrent des cours d’eau qui ne se remplissent que très sporadiquement. C’est le cas du Boudouyre, à Montclus, qui rejoint la Cèze.

Dès le lendemain du 9 août, l’eau s’est retirée du Boudouyre mais son lit est rempli de graviers et de roches qui ont été charriés par les flots. C’est juste là que le syndicat AB Cèze pioche ses sédiments pour les remettre dans le lit de la Cèze.

Depuis quelques jours, un ballet de pelleteuse et camions bennes se déroule aux abords de la rivière. Au total, 1 000 m3 de roches ont été posés en tas juste au bord du lit. Il n’y a plus qu’à espérer une crue rapidement pour que tout soit réparti dans la Cèze. « C’est la deuxième opération que l’on organise sur Montclus. On espère une crue au printemps pour pouvoir recommencer dès cette fin d’été », assure Benoît Trichot.

Marie Meunier

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