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GARD Dernière virée avant de se soumettre aux règles dictées par le président Macron

Sur l'aire d'Ambrussum sud située sur l'autoroute A9, tout près de la frontière entre l'Hérault et le Gard. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)
Sur l'aire d'Ambrussum sud située sur l'autoroute A9, tout près de la frontière entre l'Hérault et le Gard. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

En même temps que le week-end de Pâques, la tolérance concernant les déplacements interrégionaux s'achève. Désormais et ce depuis 19 heures, tout un chacun doit se soumettre aux règles dictées par le président de la République le 31 mars 2021.

Les automobilistes ont improvisé un ballet sur l'aire d'Ambrussum sud située sur l'autoroute A9, tout près de la frontière entre l'Hérault et le Gard. Ce lundi 5 avril, entre 15h et 16h, lorsqu'un véhicule quittait son emplacement, un autre prenait aussitôt le relais. Que faisaient toutes ces personnes, originaires de divers départements à voir les plaques d'immatriculation, sur cette aire d'autoroute ? Olivier, 24 ans, était sur le chemin du retour après avoir profité d'un séjour chez ses parents à l'occasion de ce week-end pascal. Un trajet entre la région lyonnaise et Montpellier prévu de longue date, avant même le 31 mars dernier. "Peu importe les annonces, je l'aurais fait de toute façon. Il y a trop de mesures, rien n'est logique", a-t-il commenté avant de reprendre le volant.

"C'est compliqué pour nous, pour les enfants"

Jean-Philippe, 34 ans, ne cache pas non plus son ras-le-bol. "On ne peut rien faire. C'est compliqué pour nous, pour les enfants", assure-t-il, la petite Camille, 2 ans, dans les bras et son fils Raphaël, 5 ans, accroché à une jambe. C'est la maman, Aurore, 32 ans, qui, cette semaine s'occupera des enfants. "Je suis ravie", a-t-elle lâché dans un éclat de rire. Mais les deux parents ne se plaignent pas. Leur métier dans le secteur de l'aéronautique et leurs horaires décalées leur permettent de s'arranger entre eux et de s'adapter. En attendant de découvrir leur nouvelle organisation à compter de ce mardi, ils ont pu partager un moment en famille à Toulouse, à presque 400 kilomètres de leur domicile. "On ne savait pas si on allait partir, mais dès qu'on a vu que c'était la seule occasion avant le reconfinement, on n'a plus hésité", précise la Bucco-rhodanienne.

Marie, 62 ans et Jean-Luc, 58 ans, étaient déjà à Perpignan lorsqu'Emmanuel Macron a acté l'élargissement des mesures en vigueur dans 20 départements à toute la France métropolitaine. "Nous y avons passé la semaine pour voir ma fille. Et là, nous rentrons à Grenoble", explique la sexagénaire qui retrouvera sa progéniture au mois de juin, "si cela nous est permis". Un crève-coeur pour cette maman poule - au sens le plus noble du terme - qui se réjouit d'avoir tout de même pu fêter Pâques en famille.

Virginie et ses filles, Laura, 13 ans, Téa, 8 ans accompagnées de leur chien, Scooby. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

Enfants et toutou à l'arrière de la voiture, Virginie partait quant à elle en direction de Cassis, rejoindre la maison secondaire de la famille : "Nous allons nous confiner là-bas". Une chance qu'elle ne peut pour le moment pas partager avec son mari, retenu pour des raisons professionnelles à Bordeaux. "De mon côté, je travaille dans l'immobilier, je peux donc m'organiser en faisant du télétravail", se satisfait-elle. Laura, 13 ans, en classe de 4e et sa petite soeur Téa, 8 ans, devront elles aussi s'adapter et suivre leurs cours lors de visioconférences. Un jeu d'enfants à les écouter.

Les fêtes de Pâques "entre vaccinés"

Sur tout ce petit monde, personne n'a été inquiété, la promesse d'une tolérance pour les déplacements interrégionaux entre le samedi 3 avril et ce lundi 19h, a été tenue. Claudine et Bernard, 80 et 84 ans, s'accordaient eux aussi une courte pause en espérant arriver à leur domicile situé à Six-Fours, avant l'heure du couvre-feu. Quelques jours auparavant, ils avaient pris la route pour rejoindre la capitale et clore la vente d'un appartement. "Puis nous sommes descendus à Limoges pour voir mon frère qui a des problèmes familiaux. Vous voyez, c'est un motif impérieux", se justifie-t-il amusé. Amusé oui, mais pas inconscient. L'octogénaire et son épouse ont passé les fêtes de Pâques "entre vaccinés".

Pour rappel : le troisième confinement a démarré le samedi 3 avril et va donc durer jusqu'au 2 mai. Le couvre-feu est maintenu à 19h, le télétravail doit devenir systématique, les commerces non-essentiels sont fermés, les déplacements en journée sont limités à 10 kilomètres et les attestations ont fait leur grand retour. De plus, tous les établissements scolaires restent fermés durant trois semaines. Cette semaine, les cours auront lieu à la maison. Le 12 avril, tous les élèves français seront en vacances au même moment et pour deux semaines. Une reprise progressive est ensuite prévue.

Stéphanie Marin

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