A la uneCamarguePolitique

UN JOUR, UN CANTON Aigues-Mortes : cinq binômes pour un scrutin plus ouvert que jamais

Le canton d'Aigues-Mortes est peuplé de 35 000 habitants éparpillés dans sept communes : Le Grau-du-Roi, Aigues-Mortes, Saint-Laurent-d'Aigouze, Aimargues, Aubais, Le Cailar et Gallargues-le-Montueux. De quoi susciter l'ambition de cinq binômes qui balayent l'ensemble du spectre politique. 

C'est un scrutin plus indécis que jamais qui se profile sur le canton d'Aigues-Mortes. Vainqueurs il y a six ans, Les Républicains paraissent moins impériaux qu'en 2015. Léopold Rosso, figure historique de la Droite locale s'est retiré laissant le champ libre à l'ambitieux Arnaud Fourel, adjoint au maire d'Aigues-Mortes et récemment battu par Robert Crauste dans la lutte pour la présidence de la communauté de communes Terre de Camargue, dont il a finalement hérité d'une vice-présidence. Il n'a cependant pas encore l'expérience et la notoriété de son aîné.

Sa binôme, Caroline Breschit, ne bénéficiera quant elle plus du soutien du maire d'Aimargues, Jean-Paul Franc, dont elle fut la première adjointe et qui avait appuyé sa candidature en 2015. Désormais dissidente, elle a été battue par ce dernier lors des dernières élections municipales. Mais elle peut en revanche faire valoir son expérience et son bilan sur le canton après avoir siégé au conseil départemental pendant tout le mandat. Ses compétences ont d'ailleurs convaincu sa famille politique de lui renouveler sa confiance pour ce scrutin.

Le Rassemblement National toujours en force ?

Comme il y a six ans, le Rassemblement National s'avance sans véritable tête d'affiche. De toutes les campagnes, la fidèle soldat du parti Yvette Flaugère repart au front. Après plusieurs revers, dont le dernier subit aux élections municipales du Grau-du-Roi où elle n'avait obtenu que 7% des suffrages, elle pourra sans doute faire mieux lors de cette échéance où l'étiquette politique est prépondérante. D'autant plus sur un canton où l'extrême-Droite est habituée à réaliser des scores très importants.

Pour l'accompagner, c'est le jeune aimarguois Anthony Leroy, 26 ans, ingénieur en sécurité informatique et ancien attaché parlementaire de Gilbert Collard, qui a été choisi. Avec ce binôme intergénérationnel, le RN espère faire mieux qu'en 2015 où il avait obtenu 42% des voix au second tour pour décrocher une victoire qui semble cette fois encore à sa portée.

Robert Crauste rebat les cartes

Oui mais voilà. Un autre invité et non des moindres s'est invité dans la campagne. Il s'agit du maire du Grau-du-Roi et président de la communauté de communes Terre de Camargue, Robert Crauste. Ancien adhérent du Parti Socialiste puis de La République en marche, il se présente au sein d'un binôme sans étiquette politique qu'il forme aux côtés de Laurence Barduca-Fauquet, adjointe aux Affaires sociales à Gallargues-le-Montueux.

La candidature de cet homme politique expérimenté, confortablement réélu dans sa commune il y a un an, rebat considérablement les cartes d'une élection qui semblait jusque là promise à la Droite ou à l'extrême-Droite. Surtout, elle offre à la majorité de Gauche au Département - à laquelle Robert Crauste a annoncé vouloir apporter son soutien - la possibilité de conquérir un nouveau canton d'ordinaire chasse gardée de son opposition.

La Gauche et Debout la France en arbitres ?

Sauf qu'au premier tour tout du moins, c'est un autre binôme qui sera soutenu par l'union de la Gauche. Il est composé de l'insoumise Isabelle Banabera et de l'écologiste Didier Caire. Ce dernier, au même titre que Robert Crauste, lorgne d'ailleurs sur la présidence du Syndicat mixte de la Camargue gardoise bientôt délaissée par Léopold Rosso.

Mais sans élu sur le territoire, le binôme de Gauche risque de souffrir de son manque de notoriété dans un canton qui ne lui est structurellement pas favorable. Pour ne pas se contenter d'un rôle d'arbitre et rester dans l'ombre des trois favoris, Isabelle Banabera et Didier Caire souhaitent axer leur campagne sur la pédagogie afin de convaincre un maximum d'électeurs.

Ce sera aussi le défi de Geneviève Bourrely et de Nick Navez, membres de Debout la France. Le parti souverainiste est bien implanté sur le canton où il a présenté des candidats aux élections municipales d'Aigues-Mortes et du Grau-du-Roi. Une assise locale sur laquelle tous deux devraient miser pour tenter de créer la surprise dans ce scrutin ouvert.

Boris Boutet

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité