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GRAU-DU-ROI Anne Roumanoff dans les arènes : « Je suis étonnée de durer mais je ne me sens pas du tout blasée, usée »

Anne Roumanoff sera dans les arènes du Grau-du-Roi le 10 août 2021. (Photo : Ingrid Maraski)

Anne Roumanoff repart sur les routes avec son spectacle "Tout va bien !". L'humoriste fera un arrêt dans les arènes du Grau-du-Roi le 10 août 2021. Interview.

ObjectifGard : Anne, vous jouez ce spectacle depuis 2019. Aujourd'hui et en lien avec tout ce qui se passe depuis un an et demi, on vous pose la question : vraiment, tout va bien ? 

Anne Roumanoff : Pour moi vous voulez dire ? (Rires) Le spectacle était très ironique en 2019 et évidemment, il l'est encore plus maintenant. C'est aussi le but, dans cette actualité un peu anxiogène, de trouver des choses drôles.

Parler du covid, de la crise sanitaire... Est-ce inévitable ?

Oui, mais les gens n'ont pas non plus envie de voir un spectacle uniquement sur ce sujet. Ils ont déjà assez morflé. J'en parle un petit peu au début du spectacle, mais c'est plus à la fin, lorsque je fais Radio Bistrot et que je traite de l'actualité, que j'aborde les sujets avec les mesures sanitaires etc.

Sans vouloir faire de la psychologie de comptoir, est-ce le bon moment pour en parler ?

Je me cale sur le public à vrai dire. Soit il rit, soit il ne rit pas. Mais c'est vrai que ce sujet bouge sans arrêt, on nous dit que l'épidémie ralentit, puis redémarre. Il faut s'adapter. Par exemple, il y a quinze jours, j'ai dit le mot "variant" sur scène, et tout à coup la salle s'est arrêtée de respirer. Donc j'évite maintenant de le prononcer. Mais il y a tellement de choses à dire sur tout ce qui s'est passé, sur tout ce qui se passe encore, sur les tests, les vaccins etc.

Et vous, comment avez-vous vécu cette période, les confinements ? 

Je ne l'ai pas trop mal vécue parce que j'étais à la radio tous les jours, j'étais tout le temps en contact avec le public, donc je n'étais pas frustrée. Et puis, j'ai créé en mars 2020 une association d'aide aux soignants, Solidarité avec les soignants, qui m'a beaucoup occupée. Au départ, c'était pour acheter des gants, des masques quand il n'y en avait pas pour le personnel soignant. J'ai fait des ventes aux enchères pour récolter des fonds, de nombreux artistes ont fait des dons aussi. Et à partir du mois de juin, on s'est occupé à équiper les salles de repos des soignants. Ce sont parfois de petites choses comme des cafetières, des bouilloires, de la vaisselle, des tables, des chaises... Je ne pensais pas du tout qu'il y avait autant de besoin, c'est un peu effrayant. On aide, mais c'est comme une passoire qui se vide. Il y a toujours de nouvelles demandes qui affluent et il faut trouver sans cesse de l'argent. En vérité, il faudrait dans chaque hôpital un responsable de la qualité de vie des soignants.

Anne Roumanoff sera dans les arènes du Grau-du-Roi le 10 août 2021. (Photo : Ingrid Maraski)

Vous parliez de la radio, cette aventure sur Europe 1 est terminée, votre émission n'a pas été reconduite pour la rentrée 2021. Comment avez-vous pris cette nouvelle ?

Au début pas très bien. C'est une émission qui marche bien, qui fait de l'audience avec une belle équipe de chroniqueurs. Donc évidemment, je n'étais pas très contente. Mais bon après, je prends ça avec philosophie, j'ai beaucoup de projets. Et puis, la radio quotidienne, c'est vraiment un sacerdoce, toutes les personnes qui en font le disent. Donc j'ai été très contente de le faire mais ce n'est pas un drame non plus. Peut-être que je n'aurais jamais arrêté de moi-même parce que j'aimais faire ça, mais en même temps, ça me prenait beaucoup d'énergie. J'espère donc que ça va me laisser le temps de créer autre chose, d'inventer d'autres choses.

Quels sont vos projets à venir ?

Celui de réaliser un long-métrage, c'est un projet de plusieurs années. Le scénario est écrit, de l'avis général il est très bien. Il nous manque un petit peu de financement mais nous sommes en bon chemin. Il raconte l'histoire d'une femme de 50 ans qui divorce et qui est surveillée par ses filles adolescentes.

Un sketch, un livre, maintenant un film, le divorce est très présent dans vos projets.

(Rires) C'est un événement marquant quand on divorce au bout de 25 ans de mariage, ce n'est pas rien. Le but, ce n'est pas de raconter ma vie sur scène, mais de piocher dans ma vie ce qui pourrait intéresser les gens.

Plus de 30 ans de carrière, une quinzaine de spectacles. Si vous deviez choisir un mot pour définir votre carrière, lequel choisiriez-vous ?

Longévité. (Rires) En même temps, je suis étonnée parce que 30 ans, c'est long. Je suis étonnée de durer mais en même temps je ne me sens pas du tout blasée, usée, je me sens plus comme au démarrage, comme quelque chose de nouveau.

À chaque fois ?

Non pas à chaque fois, en ce moment. Peut-être que d'avoir arrêté de jouer fait qu'aujourd'hui je prends plus de plaisir encore sur scène, je ne sais pas.

Le Gard, vous connaissez ?

Oui, j'ai même de la famille à Nîmes. Il y a très longtemps, mes grands-parents ont vécu là. Mon grand-père était militaire. Mes deux oncles habitent à Nîmes maintenant.

Donc on peut vous y croiser...

Ah ben, s'ils m'invitent oui. (Rires)

Le message est passé alors.

Absolument !

Propos recueillis par Stéphanie Marin

Les autres artistes de passage aux arènes du Grau-du-Roi cet été : Les Chevaliers du Fiel le 27 juillet, Jean-Baptiste Guégan le 5 août, Chico & the Gypsies le 17 août, Trois Cafés Gourmands le 25 août. Informations et réservations sur www.arenesdugrauduroi.com.

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