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LA VIE DE CHÂTEAU Villevieille, un saut à travers le temps

La cour qui précède l'accès au château (Photo Anthony Maurin).
L'entrée du château (Photo Anthony Maurin).

Objectif Gard vous embarque, tous les mercredis de juillet, dans une visite des châteaux gardois. Aujourd'hui, le château de Villevieille, à deux pas de Sommières, réserve quelques belles surprises.

Les visites guidées du château de Villevieille, dans le Gard, sont la plupart du temps animées par des membres de la famille propriétaire du château, ce qui assure une visite sur mesure et de qualité. Vous aurez l’occasion de découvrir, au plus près, de nombreux objets et meubles historiques, mais également de vous faire compter des anecdotes sur la vie au château au fil des siècles.

La cour qui précède l'accès au château (Photo Anthony Maurin).

Au temps des pyramides, des semi-nomades vivaient dans le coin, à Villevieille, dans de grandes maisons en pierres sèches. Fontbouisse, la petite colline de Villevieille, a donné son nom à cette modeste civilisation dont les membres sont appelés "les Fontbussiens." Durant trois siècles, une ville romaine s'étendait sur 29 hectares sur la commune actuelle de Villevieille et sur les hauts de Sommières à l’abri de la fureur du Vidourle... pas fous les romains ! N'oublions pas que pour un Sommiérois, Vidourle, le nom du fleuve qui traverse la ville, est un personnage dont on craint les sautes d’humeur.

Mais pour le château et ce qui nous intéresse, c'est vers l’an 1100, que les Bermond, seigneurs de Sauve et d’Anduze (voir château de Sommières) décident la construction d’un château et de remparts pour protéger un village qui plus tard prendra le nom de villa vetus, Villevieille. À la fin de la guerre des Cathares, Raymond VII, comte de Toulouse et ses neveux Bermond, se révoltent contre le roi de France Louis IX (saint-Louis). Le château entre dans le domaine royal pour un siècle.

La grande cour (Photo Anthony Maurin).

Bien plus tard, en 1529, le château devient la propriété de Bernard de Pavée. À sa mort en 1531, son frère François en hérite. Depuis, le château reste en sa descendance. Pendant les guerres de religion trois sièges de Sommières seront conduits à partir de Villevieille. En 1575, lors du second siège le château est le théâtre de quelques combats et de destructions. La Révolution épargne l'édifice contrairement à ses voisins (Aubais, Aujargues…) qui subissent pillages et incendies.

Jeanne Gabrielle de Pavée de Villevieille épousa François d’Audessan. En 1685, elle accueille dans son hôtel le nouvel intendant du Languedoc, Nicolas Lamoignon de Basville. Jeanne Gabrielle est charmante, lisez ce qu'en pensent ses contemporains... "Le jour de la fête étant arrivé le Sage druide (Basville) avec sa famille et plusieurs autres princes montèrent dans leur char. On amena aussi l’aimable Minaudette car c’était dans son palais que le Sage druide logeait, et on lui avait donné ce nom à cause des petites mines qu’elle faisait incessamment avec un agrément particulier et une grâce infinie auxquels il n’était pas possible de résister pour si peu qu’on eût le cœur sensible... L’on contait des choses merveilleuses de l’esprit enjoué et des manières agréables de cette charmante fée. On disait même qu’ayant employé tous les secrets de son art pendant plus de vingt ans pour avoir des enfants sans avoir pu y réussir, enfin elle en trouva un tout fait lorsqu’elle y pensait le moins, ce qui donna matière aux fées de raisonner fort diversement sur cette aventure dont peut être quelques-unes devinaient la véritable cause."

Une pièce de l'aile gauche (Photo Anthony Maurin).

Le 25 mars 1792 à Villeneuve-lès-Avignon, des volontaires désireux de participer à la défense de la patrie exprimèrent le désir de faire route par l’eau. Un demi quart d’heure après, à cent toises du port un craquement formidable se fit entendre. 69 volontaires furent engloutis. Peu après des bandes, attribuant l’accident à un attentat royaliste allèrent incendier et piller les châteaux qui se trouvaient sur leur route. Villevieille fût épargné, les gens du village ayant fait, dit-on, un grand feu pour simuler un incendie.

La même pièce vue d'un autre angle, la salle à manger décorée par des cuirs de Cordoue, (Photo Anthony Maurin).

À l’orée du XIIe siècle, le donjon, poste d’observation permet de détecter au loin tout mouvement suspect. Une seconde tour protège l’entrée du village. Calé entre les deux tours, un logis féodal permet d’accueillir les Bermond lors de leurs déplacements. Une troisième tour interdit l’entrée dans la cour intérieure du château, ultime refuge en cas de danger. Une quatrième tour est ajoutée au XIVe siècle. Voilà, l'édifice est complet.

Pour passer d'un aile à l'autre, la cour doit être traversée et quelques éléments décoratifs sont du plus bel effet (Photo Anthony Maurin).

Au début du XVe siècle, un bâtiment, inspiré sur ce qui se bâtit en Touraine, est le premier témoignage de la Renaissance en Languedoc. En 1692, une nouvelle aile est ajoutée. Quelques modifications au XVIIIe donnent au château son aspect actuel.

Les Pavée de Villevieille étaient enterrés dans les églises du voisinage. Sous Louis XV cette pratique n’est plus tolérée. Une chapelle et sa crypte sont construites au château pour servir de sépulture. La chapelle, classée Monument Historique, nécessiterait une lourde restauration. Le budget estimé est de 100 000 euros. Dans un logis féodal on retrouve classiquement la aula (grande salle) permettant des réceptions, la camera (la chambre du seigneur) et la capella (la chapelle).

Une pièce de l'aile droite (Photo Anthony Maurin).

Si vous faites le choix de Villevieille, votre visite vous permettra de découvrir les anciennes cuisines, les chambres, salons, appartements d’hiver et d’été et tout un mobilier du 17e et du 18e. Le grand salon, ses gypseries représentant les quatre saisons, son tapis d’Aubusson, la salle à manger décorée par des cuirs de Cordoue, ses deux buffets de Sumène et son quartel de Boule sont autant de lieux ouverts aux visites guidées.

Raymond de Pavée de Villevieille et Vauvenagues participèrent aux guerres de Louis XV. En 1743 ils démissionnèrent de l’armée, désabusés par ces guerres peu profitables pour la France. Vauvenagues écrit à son ami : "J’imagine que vous n’êtes pas de ceux qui regrettent le service, après l’avoir quitté ; si cela vous arrivait un jour, avertissez-moi aussitôt et je tâcherai de vous remettre les mauvaises nuits que nous avons passées ensemble."

La même pièce vue d'un autre angle (Photo Anthony Maurin).

Voici quelques autres pièces que vous pourrez voir à Villevieille. Une gypserie est une décoration d’intérieur moulée et sculptée en gypse qui, cuite et broyée, devient la poudre de plâtre que l’on mélange à l’eau et qui durcit à l’air. Les vertus cardinales sont au nombre de quatre : la prudence, la tempérance, la force d’âme et la justice. Elles sont représentées sur un des buffets de Sumène visible dans le château.

(Photo Anthony Maurin).

Le Château est ouvert au public du 1er juillet au 30 septembre de 14h à 20h et sur rendez-vous pour les groupes (minimum 5 personnes). Adultes : 10 euros, étudiants & enfants de 12 à 18 ans : 5 euros, enfants de moins de 12 ans  : gratuit. Groupes : 6 euros par personne, gratuit pour les accompagnateurs. Les visites sont guidées et durent environ 1h. Asresse :  rue du Château, 30250 Villevieille. Téléphone 04.66.71.65.23.

(Photo Anthony Maurin).

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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