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LA VIE DE CHÂTEAU Sommières traverse le temps et domine l’histoire

Dans la cour, la place d'armes (Photo Anthony Maurin).
La vue du château de Sommières (Photo Anthony Maurin).

Objectif Gard vous embarque, tous les mercredis de juillet, dans une balade des châteaux gardois.  Pour ce premier numéro, le château de Sommières... Charmante Sommières, pittoresque Sommières. Sommières, à cheval entre deux territoires mais souvent au-dessus de la mêlée. Au sommet de la ville, perché sur son piton rocheux, domine le château de la cité.

Pour le visiter, déjà, il faut y monter ! Et autant vous dire que la grimpette, même sur une courte distance et un dénivelé peu effrayant, il faut se la cogner… Surtout sous un soleil de plomb à l’heure où même les cigales sont allées faire la sieste. Ce petit effort peut faire mal aux guibolles mais la peine en vaut très largement le détour.

Si vous n’êtes pas pressé et que vous voulez allier la culture au plaisir, pourquoi ne pas venir un mercredi ? Tout au long de la saison estivale a lieu le marché nocturne en centre-ville. Voilà une bonne idée pour se réhydrater et se remplir la panse après tant d’efforts.

Dans la cour, la place d'armes (Photo Anthony Maurin).

Si toutefois vous préférez le soleil, quand cette mini difficulté est effacée, au pied du château se dévoile une vue à couper le souffle avec un panorama qui couvre du Pic Saint-Loup aux Cévennes en passant la vision des toits de la ville et la garrigue environnante.

Pourquoi irait-on voir un château ? Un édifice qui, à première vue, n’a plus tous ses murs, toutes ses tours ou toutes ses geôles ? Même pas de peintures d’époque ni de pont-levis ni de douves ? Pour la vue, l’histoire et les anecdotes qu’il renferme ! Car ici, il s’est passé bien des choses, joyeuses ou atroces, qui ont laissé leur marque à travers le temps.

Répertorié au guide vert Michelin

Allons-y mais qu’avez-vous à voir ? Le donjon et sa chemise, la chapelle royale saint Sauveur, les logis, la fausse-braie et le bastion. Plus précisément, un donjon seigneurial du XIIIe siècle, une chapelle royale également du XIIIe (mais remaniée jusqu’au XIXe), des casernes du XVIIe et XVIIIe siècles et enfin un bastion du XVIIe siècle. Cette année pour visiter au mieux les villes patrimoniales et celles d’art et d’histoire, le guide Michelin (vert) a sorti une nouvelle édition et devinez ? Sommières y figure, évidemment.

Au pied du château (Photo Anthony Maurin).

Concernant le château, la première mention écrite et connue qui en parle date de 1041. La famille Bermond d’Anduze et de Sauve est une grande et puissante maison du sud de la France. Avec une première construction, elle assoit son image mais, quand Pierre Bermond doit se positionner entre le comte de Toulouse et Louis IX, il choisit le premier. Erreur puisque, plus tardivement, Sommières sera rattachée au domaine royal en 1248. Sommières se mue en une place forte militarisée.

Plusieurs fois assiégé

Par la suite, plusieurs sièges agitent la vie du château. Les Anglais, déjà, durant la guerre de 100 ans. Puis, à trois reprises, François 1er ira de son attaque au moment des guerres de Religion et pour finir, c’est Louis XIII en août 1622 qui y tiendra un siège long de trois petits jours seulement.

Construit en calcaire coquiller issu des fossés et des carrières du coin, le château est caractéristique des fortifications royales du XIIIe siècle en Languedoc. La plus belle pièce restante du château est la tour Bermond. C’est la tour que l’on voit de loin, celle qui en impose, celle aussi qui a une chemise, une enveloppe protectrice encore visible aujourd’hui. Construite entre 1160 et 1180, elle dominait un péage qui abondait l'escarcelle de la famille. Taxer pour garder une certaine puissance, vous connaissez le principe ?

Les inscriptions laissés par les protestants dans la chapelle qui était devenue une prison (Photo Anthony Maurin).

Commençons alors la visite solennelle par la chapelle saint Sauveur. L’édifice n’a plus grand-chose à voir avec celui des origines mais à l’intérieur, c’est un film d’une douzaine de minutes qui est diffusé. Le voyage dans le temps débute à l’Antiquité et on y suit le déroulement de la vie de Sommières pendant plus de 2 000 ans.

Tour à tour prison et caserne

Dans une autre pièce en enfilade et presque plongée dans le noir la chapelle prend une autre tournure. Se dessinent sur les murs, entre ombre et lumière, d’anciens graffiti. Les Huguenots, enfermés dans ce qui est devenu alors une prison, ont laissé leur nom, des mots, des pensées, des souvenirs d’une période troublée qui donnent encore la chair de poule à ceux qui s’attardent sur ces histoires dans l’Histoire.

D’ailleurs, même après les guerres de Religion, le château restera une prison ou une caserne jusqu’à ce que les Sommiérois démembrent l’ensemble et en profitent pour récupérer des pierres solides afin de construire leurs maisons sous l’Empire. Ce n’est qu’en 2010 que le château sera classé aux Monuments historiques…

(Photo Anthony Maurin).

Sur la belle esplanade qui n’est autre que l’ancienne place d’armes, dégagée de ses citernes modernes, qui fait face à la chapelle et de laquelle monte une volée d’escaliers qui achemine à la base tour, on se sent minuscule.

Quelles sont les mensurations de la tour Bermond ? Déjà, il faut bien comprendre que pour atteindre son sommet il faut passer, obligatoirement, par un tout petit escalier à vis hors du temps. Avec des marches hautes et inégales, dans un très étroit tube pierreux et sombre, percé à jour par quelques belles archères. Celles et ceux qui s’aventurent à l’intérieur arriveront au sommet ayant peut-être fait un arrêt au premier palier. En tout, il faut 74 marches pour gravir les 25 mètres de la tour. Ses côtés font entre 11,4m et 9,5m et le mur le plus épais dépasse les 2,4 m !

Une vue imprenable à couper le souffle

Au sommet, une plateforme, de l’air. Ouf, on respire à nouveau. Sans être claustrophobe, cet escalier est si étroit qu’on ne peut pas s’y croiser à deux. Le visiteur doit s’annoncer en criant « je monte ! » ou « je descends ! » Si nulle âme ne répond, engagez-vous et vous serez bluffé par la vue qui coule à 360° de la vallée du Vidourle aux Cévennes en passant par Villevieille, les toits de la ville et bien entendu le majestueux Pic Saint-Loup.

Le château de Sommières est un édifice à part. Fantôme de ce qu’il était dans le passé, son image ectoplasmique effilée est pourtant bien réelle et propose quelques belles surprises. Mélange de bien d’autres châteaux et monuments connus, une visite ici vous embarquera au temps du Moyen-Âge, des croisades, des guerres de Religion... Votre imagination fera le reste mais le mieux c’est d’y aller !

Anthony Maurin

Château de Sommières. En juillet et août, ouvert lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 10h à 13h puis de 15h à 19h, samedi et dimanche 15h-19h, fermeture le mardi. Tel : 04.66.53.78.32.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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