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TOROS Un quasi solitaire pour Clément Hargous qui triomphe à Alès

Sacré bonhomme ce Clément Hargous (Photo Anthony Maurin).
Les cuadrillas et les novilleros sans picadors Nino Julian et Clément Hargous troisième et quatrième en partant de la gauche (Photo Anthony Maurin).

L’aficion devait voir une novillada sans picadors la Suerte, San Sebastian et Barcelo pour Clément Hargous, Quentin Brousse allais Canten et Nino Julian. Au final, seul Clément Hargous a toréé après l’absence de Canten et la blessure de Nino Julian.

On aime les novilladas sans picadors mais le public a tendance à les bouder. Certains préfèrent être vus en train de regarder des stars plutôt que d’aller voir les valeurs montantes. En plus de la chaleur et du dimanche de l’Assomption, Alès organisait, par son empresa Didier Cabanis une belle novillada sans picadors en cette journée dominicale.

Les premiers pas d’un exemplaire de La Suerte de Joe Gabourdes (Photo Anthony Maurin).

Des trois novilleros initialement prévus au cartel, Quentin Brousse allias Canten, n’a pas pu honorer les arènes du Tempéras pour des raisons personnelles. Une petite pensée en ces jours difficiles. Sinon, le chef de lidia était bien Clément Hargous et son compagnon pour ce tout nouveau mano a mano était Nino Julian. Un Bordelais et un Nîmois. Bordelais, pas tout à fait, le jeune est de Villenave-d’Ornon mais c’est tout comme ! En tout cas, cette course devait être le reflet des valeurs du Centre Français de Tauromachie.

Le paseo (Photo Anthony Maurin).

Côté ganaderos, les six pupilles des trois fers ont donné du jeu, plus ou moins varié. Les premiers pas de la ganaderia La Suerte de Joe Gabourdes seront à jamais alésiens. Quelques belles qualités, peu de défaillances et un élevage à suivre au fil des barrières. Pour San Sebastian, on a vu un peu de faiblesse mais de la noblesse à revendre. Enfin, chez Barcelo, on va a mas même si ce ne fut pas le cas durant la course. Le cinquième, excellent et primé de la vuelta al ruedo à titre posthume aura fait passer un moment fort sympathique aux peu d’aficionados venus chez les mangeurs de tripes.

Premier de La Suerte (Photo Anthony Maurin).

Premier à s’élancer, donc, Clément Hargous. Il coupe la première oreille de la matinée à ce petit noir de La Suerte. Peu d’ornements au capote mais une faena relativement plaisante pour une ouverture de course. Oreille après une ultime série de manoletinas rapprochées. La novillada sans picadors commence bien !

Capotazo de Nino Julian juste avant sa blessure (Photo Anthony Maurin).

C’est alors que tout va basculer… Le deuxième exemplaire de La Suerte sort du toril. Nino Julian entre en piste et la rencontre ne dure pas plus de cinq minutes avant de tourner au drame. Quelques capotazos et une belle cogida suivie d’une voltereta. Le jeune apprenti a la taleguilla percée et arrachée mais il se tient le bras gauche, le coude gauche. Nino Julian veut continuer le combat mais la douleur le fait partir à l’infirmerie. Il sera transporté au CHU de Nîmes pour des examens mais les nouvelles étaient rassurantes et seul le coude semblait touché, une fracture était peut-être à craindre. Canten pas là au paseo, Nino plus là après ses premiers échanges avec son becerro, voilà Clément Hargous qui s’y colle et s’y collera seul jusqu’à la fin !

Clément Hargous et son premier San Sebastian (Photo Anthony Maurin).

Troisième cornu, premier de chez San Sebastian. Quelques belles séries à gauche face à cet opposant peu récalcitrant (coopérateur pour ne froisser personne). Hélas, Clément perdra tout bénéfice à l’épée. Pas de trophée mais on a senti le jeune un peu tendu, chose tout à fait normale à ce niveau de responsabilité. Disons que ça ne peut le faire que progresser. Rendez-vous compte, il a toréé et tué trois fois plus que prévu, un véritable entraînement bénéfique pour la suite de sa carrière.

Face à face avec le second de San Sebastian (Photo Anthony Maurin).

Quatrième becerro, toujours un de chez San Sebastian, moins faible que le premier mais tout aussi noble. Avec lui, Clément Hargous commence à se relâcher, à prendre conscience que détendu, il ira plus loin. Nous sommes à la moitié de la course, il enlève ses zapatillas et commence à se mettre en valeur. Il voit mieux les toros, comprend mieux l’enjeu. Une oreille tombe du palco tenu par Camille Maritinon.

Un accord parfait entre le becerro de Barcelo et le jeune bordelais (Photo Anthony Maurin).

C’est sur le cinquième de la matinée, le premier de Barcelo, que l’alchimie sera optimale. Un magnifique exemplaire venu tout droit de Quissac, une charge pleine et ronde, sans rupture ni vice. Le piéton s’y colle, commence à entrevoir le triomphe, enchaîne les séries avec de plus en plus de finesse à gauche comme à droite. La présidence voit la belle affaire, une fois la mort donnée deux mouchoirs tombent, un bleu pour l’animal, un autre blanc pour Clément. Olé !

Brindis à Didier Cabanis, empresa alésienne (Photo Anthony Maurin).

Sixième et dernier tour de piste d’un toro espagnol à Alès en 2021. Barcelo sort un ultime becerro pour clore ce court mais intense cycle cévenol. Pour fêter ça, Clément Hargous l’accueille en porta gayola, les genoux en terre et le menton altier. À deux reprises les adversaires se font face et passent près l’un de l’autre. S’en suit une série chamarrée au capote et un partage de banderilles avec Gauthier, élève du CFT. Arrêtons-nous un instant sur le CFT, deux élèves ont pu prendre des quites (encore plus pour Gauthier qui a toréé avec la muleta quand Clément lui a suggéré de le faire). Une excellente chose pour la formation mais aussi pour le public en quête de moments de partage. Une dernière oreille pour Clément Hargous et un triomphe assuré par son courage, sa détermination et sa préparation physique. La suite commence maintenant !

(Photo Anthony Maurin).
Le CFT a partagé ce moment de joie dans la douleur (Photo Anthony Maurin).
Gauthier (Photo Anthony Maurin).
Beau quite d’un autre élève du CFT (Photo Anthony Maurin).
Le becerro de La Suerte qui a blessé Nino Julian avait quand même une belle allure ! (Photo Anthony Maurin).
Clément Hargous triomphe avec panache. Il aura assuré la pérennité de la course, bravo malgré les embuches (Photo Anthony Maurin).
Les belles arènes du Tempéras à une heure du paseo (Photo Anthony Maurin).
À Alès, on ne fait pas de chichi ! (Photo Anthony Maurin).
L’entrée des arènes du Tempéras (Photo Anthony Maurin).
Sacré bonhomme ce Clément Hargous (Photo Anthony Maurin).
Le becerro de Barcelo fait son tour de piste posthume sous les applaudissements des tendidos et est remercié par Clément Hargous (Photo Anthony Maurin).

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 38 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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