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GARD Les viticulteurs unis pour obtenir plus d’aides financières

Anthony Bafoil, Patrick Compan et Pierre Jauffret (Photo Corentin Corger)

 

Anthony Bafoil, Patrick Compan et Pierre Jauffret (Photo Corentin Corger)

Les principaux acteurs de la viticulture gardoise ont décidé d'unir leurs forces pour former des techniciens afin d'aider les professionnels à mieux monter les dossiers pour obtenir des aides financières indispensables nécessaires à la restructuration de leur vignoble afin de s'adapter aux changements climatiques.

Ce n’est pas la première fois mais c’est assez rare pour être souligné, les trois principaux acteurs de la viticulture gardoise réunis pour tirer la sonnette d’alarme : Les Vignerons Coopérateurs d’Occitainie, la Chambre d’agriculture et les Vignerons Indépendants. "Pour maintenir un niveau de performance économique de nos exploitations et s’adapter aux changements climatiques, nous devons restructurer nos vignobles", explique Patrick Compan, vice-président de la Chambre d’agriculture, pour planter le décor. Et pour être dans l’ère du temps, cela signifie qu’il faut arracher les vignes qui ne sont plus adaptées et planter des cépages plus résistants à la sécheresse.

Et souvent mettre aussi en place l’irrigation car toutes les exploitations n’ont pas accès à l’eau. Des travaux qui ont un coût. Pour replanter un hectare de vigne, l’investissement s’élève à 20 000 €. Mais des aides européennes existent avec une enveloppe de 100 millions d'euros destinée à la France. Un jeune agriculteur (moins de 40 ans) qui va demander des aides pour l’arrachage, la plantation et l’irrigation peut toucher au maximum 13 000 €. Un soutien important mais les vignerons, d’où cette union, constatent que les dossiers sont trop compliqués à monter et donc de nombreuses demandes n’aboutissent pas.

"Plus d’une dizaine de dossiers passe chaque année à la trappe. La complexité est telle que les gens ont arrêté de faire des dossiers", regrette Anthony Bafoil, président de l’antenne Gard des Vignerons Coopérateurs d’Occitanie. Un processus qui s’effectue sur onze mois avec huit dates butoirs à respecter et des critères qui changent chaque année, des contraintes administratives dont se plaignent ces professionnels. "Vu la difficulté, on aimerait avoir le droit à l’erreur. On a autre chose à faire", s’insurge
Pierre Jauffret, président de la fédération gardoise des Vignerons Indépendants. À la moindre réponse non effectuée à jour, la demande est refusée.

"Notre département est celui qui reçoit le moins d’aides"

Alors ces représentants veulent prendre le taureau par les cornes et former plus de techniciens pour mieux accompagner les viticulteurs afin que tous ceux qui le souhaitent puissent monter les dossiers et in fine obtenir ces précieuses aides. Ainsi, des formations vont être mises en place, deux réunions d’information sont prévues et un dépliant récapitulant les principales étapes a été imprimé. "Le but est que plus aucun viticulteur ne retrouve sans solution", insiste Anthony Bafoil car au total c’est près de 3 000 dossiers qui peuvent être présentés dans le Gard.

La viticulture gardoise est donc mobilisée pour ne pas manquer le virage de la restructuration du vignoble c’est-à-dire aller vers du plus qualitatif et répondre aux exigences climatiques. "Pour être bien il faut renouveler 4% de son exploitation par an, dans le Gard on en est loin. Il faut apporter des solutions, j’en ai marre d’entendre dire que les Gardois sont toujours à la traîne. Notre département est celui qui reçoit le moins d’aides", constate amer Patrick Compan. Le vignoble gardois représente 53 000 hectares, soit 20% de la production en Occitanie, pour 3,3 millions d’hectolitre.

Une moyenne qui correspond aux bonnes années. Sauf qu’en 2021, la gelée noire de début avril a entraîné une perte de 35% à 40% par rapport à une récolte normale soit un million d’hectolitres en moins. Des viticulteurs extrêmement touchés qui subissent le dérèglement climatique même si à moins sept degrés aucun cépage ne peut résister. Un phénomène exceptionnel qu’il n’espère pas revivre. Ils souhaitent surtout pouvoir évoluer correctement et ne pas prendre trop de retard par rapport aux autres départements.

Corentin Corger

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