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NÎMES Braquage chez Foot Locker : un an ferme pour le récidiviste

Le tribunal correctionnel de Nîmes. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Le tribunal correctionnel de Nîmes. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Le tribunal correctionnel de Nîmes. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Le 24 janvier 2022, Alek entre éméché dans la boutique Foot Locker, rue Général Perrier à Nîmes. Très énervé de voir que le survêtement qu’il aurait commandé n’est pas là, il menace le vendeur avec un petit pistolet doré qu’il semble charger devant lui, mais laisse une photocopie de sa pièce d’identité, promettant de revenir payer les cinq euros qu’il lui manque !

En survêtement de sport noir et gris, l’homme de 38 ans conteste pourtant toute violence, à la barre du tribunal judiciaire de Nîmes ce mardi 15 mars. « Je n’ai jamais agressé personne. J’avais laissé un acompte de 100 euros trois jours plus tôt et quand je suis revenu chercher le survêtement, le vendeur m’a dit qu’il ne l’avait plus !, s’explique-t-il avec véhémence. Mais je ne l’ai pas braqué, je n’ai jamais sorti d’arme. Il y a des caméras et je suis déjà connu de la police. Je ne suis pas fou ! », se défend-il.

« Pour un braquage, on doit mettre une cagoule »

Alek s’est rendu de lui-même à la police, quelques jours plus tard, muni d’une valise, d’un grand sac contenant notamment… un survêtement, et de béquilles. Lors de la perquisition de son domicile, un pistolet à bille, noir, est retrouvé à côté de son lit. Le président du tribunal égrène son casier contenant une vingtaine de mentions, dont la dernière, quelques jours seulement avant le braquage du Foot Locker. Le prévenu écoute en se balançant d’une jambe sur l’autre. « Vous semblez particulièrement tendu ou violent », lui fait remarquer le président, Jean-Michel Perez. « Avant oui, quand j’étais jeune. Mais un jour on se réveille un matin et on change, vous savez », rétorque le trentenaire avec philosophie.

« Pas fou à ce point ! »

Le juge tique : « Ah parce qu’exhiber une arme, c’est pas violent peut-être ? », pointe-t-il. Le prévenu conteste toujours : « Mais j’ai rien volé ! Quitte à prendre un survêtement, pourquoi j’aurais pas pris des baskets, le reste, et les caméras avec, répète-t-il. Vous connaissez mon casier : je sais ce que c’est qu’un braquage, on doit mettre une cagoule. C’est une peine à deux chiffres que je risque-là. Et je laisserais ma pièce d’identité ? Je suis pas fou à ce point ! Non, je dois 5 euros à Foot Locker, je vais les rembourser… »

Son état psychiatrique fait cependant débat. Le prévenu explique avoir des hallucinations depuis plusieurs années. Les experts n’ont pas retenu d’abolition de son discernement, mais des troubles de personnalité liés à sa toxicomanie. « Y avait-il une arme ? Peu importe, il y a eu extorsion. Le simple fait de mettre une main dans sa poche pour le faire croire caractérise la violence du vol », pointe le procureur Vincent Edel, qui requiert 8 mois ferme, à l’intention du récidiviste.

Hallucinations

Son avocate n’est pas du tout de cet avis. « Sur les images, on ne voit pas d’arme, il a la main gauche dans sa poche. Or il faut deux mains pour charger une arme, à ma connaissance ! » avance Julie-Gaëlle Bruyère. Le prévenu intervient soudainement : « Je suis droitier ! » lance-t-il à la cantonade. « Peu importe ! De toute façon, cette arme n’a jamais été retrouvée. Cela ne suffit pas, l’interrompt à son tour son avocate. Mais surtout, quel suspect irait extorquer un vêtement en laissant sa carte d’identité ? C’est qu’il aurait vraiment un problème psychiatrique très important. Bien que les experts disent que tout va, on peut en douter. Une autre expertise d’il y a un an conclut à une schizophrénie paranoïde. Vous devez au moins retenir une altération de son discernement. » Mais le juge ne la suit pas et condamne Alek à 12 mois d’emprisonnement ferme, avec maintien en détention.

Pierre Havez

 

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