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BEAUCAIRE Du 5 juillet au 19 mars 1962, débat d’idées et lutte historique

(Photo Anthony Maurin).
À droite, la plaque mise en place par la Municipalité actuelle, à gauche, celle que l’association veut instaurer (Photo Anthony Maurin).

C’est volontairement que les dates sont inversées. En effet, la rue autour de laquelle se sont rassemblés les militants de l’association Réagir pour Beaucaire est actuellement nommée « 5 juillet 1962 massacre d’Oran à nos morts. » Eux préfèrent l’ancien nom « 19 mars 1962 cessez-le-feu en Algérie » et ne semblent pas oublier qu’en ce 19 mars la France célèbre la journée nationale en mémoire des victimes de ce conflit.

« Proposons que cette rue retrouve son nom originel de « Rue du 19 Mars 1962.Cessez le feu en Algérie. » Utilisons tous les moyens traditionnels ou plus modernes pour faire avancer cette revendication : tracts, pétitions, réseaux dits sociaux… Non, la Méditerranée, depuis la plus haute antiquité, n’est pas un obstacle, une frontière, des abysses où s’abîment les bateaux de réfugiés, mais un pont, un lien, un lieu où construire la solidarité et la fraternité dont l’Humanité a tant besoin, comme la paume d’une main ouverte à tous ! Demain, c’est le premier jour du Printemps, acceptons en l’augure, mais il ne sera que ce que nous en ferons ! Hâtons la venue du printemps des peuples, de la Paix et du partage ! »

D’autres idées (Photo Anthony Maurin).

Et les membre de l’association Réagir pour Beaucaire poursuivent leur explication. « Nous sommes ici pour rappeler le sens de cette journée du 19 mars, que le maire actuel de Beaucaire a voulu nier, à la fin de l’année 2015, en débaptisant la rue qui en portait le nom et sur le tracé de laquelle nous nous trouvons. Il nous paraît important de dénoncer, 60 ans après, la tentative haineuse de réécrire l’histoire en refusant de reconnaitre la légitimité des Accords d’Evian signés le 18 Mars 1962, qui organisaient la transition entre la fin des combats en Algérie et l’autodétermination du peuple algérien. 60 ans après, c’est la tentative jusqu’au boutiste de faire croire que le cessez-le-feu décrété le 19 mars n’est qu’une fiction et que, d’une certaine façon, la guerre entre nos deux nations se poursuit. 60 ans après, c’est la tentative négationniste d’ignorer la volonté commune de deux peuples de parvenir à la paix or ces accords d’Evian furent massivement ratifiés ici, en France, lors du referendum du 8 Avril suivant par plus de 90% des votants et 65 % des inscrits. 60 ans après, c’est la tentative de nier le droit d’un peuple, le peuple Algérien, à disposer de lui-même et à accéder à l’indépendance, adoptée là encore par referendum le 1º Juillet 1962.  »

(Photo Anthony Maurin).

Certes, le cessez le feu n’a pas marqué la fin des désastres de la guerre, tant de rancoeurs, tant de frustrations, tant d’injustices accumulées en 130 ans de colonisation ont conduit à des exécutions sommaires, des règlements de compte injustifiés, des violences inexcusables, des déchirements insoutenables.

(Photo Anthony Maurin).

La guerre d’Algérie a vu un funeste cortège de 25 000 militaires tués dont 13 000 appelés (175 étaient Gardois, 3 Beaucairois), sans oublier les 400 000 victimes civiles. N’oublions pas non plus ceux qui en revinrent sains et saufs dans leur corps mais qui restèrent durablement blessés dans leur esprit, en particulier ces plus d’un 1,4 million d’appelés. Ils furent, 24 ou 30 mois, plongés dans cette tourmente qui leur tint lieu de jeunesse. Ces appelés auxquels il convient de rendre hommage pour avoir fait échouer le putsch des généraux, en Avril 1961, dont la réussite aurait prolongé la tragédie d’on ne sait combien d’années et d’on ne sait combien de victimes, au nombre desquelles notre démocratie !

(Photo Anthony Maurin).

« C’est de tout cela dont le 19 mars est aussi chargé et c’est de tout cela qu’a voulu se débarrasser le déposer de plaques de rue, nostalgique d’un ordre ancien et injuste. Il est de ceux qui rêvent de raviver les plaies, de rajouter aux peines des temps présents de nouvelles haines, pour instaurer leur ordre nouveau qui n’est que la caricature grimaçante de l’ordre ancien, celui des temps iniques du mépris et de l’ordre colonial dont ils n’ont toujours pas fait leur deuil. Votre présence, ce jour, atteste qu’on peut mettre en échec cette volonté négationniste et rétrograde » concluent les membres de l’association.

(Photo Anthony Maurin).

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 38 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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