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ALÈS Conseil d’agglo : un lot d’emmerdes mais une flopée de bonnes nouvelles

Les élus d'Alès Agglomération soutiennent ardemment la candidature d'Alès "capitale française de la culture". (Photo Corentin Migoule)
Les élus d’Alès Agglomération soutiennent ardemment la candidature d’Alès « capitale française de la culture ». (Photo Corentin Migoule)

Achevé après trois heures de débats, le conseil communautaire d’Alès Agglomération qui s’est tenu ce jeudi soir dans la salle des assemblées du bâtiment Atome, particulièrement assommant, a offert son lot de bonnes nouvelles pour le territoire. Mais il a aussi occasionné quelques passes d’armes et le vote d’un budget sous contraintes.

En introduisant un conseil communautaire « copieux et fourni » ce jeudi soir peu après 18 heures, Christophe Rivenq affichait d’emblée la couleur. Près de trois heures de débats attendaient les élus d’Alès Agglomération, invités à se prononcer sur 19 délibérations, dont le fastidieux mais ô combien important vote du budget primitif. Après avoir respecté une minute de silence en hommage aux victimes du conflit russo-ukrainien, ces derniers ont écouté leur président faire la promotion de la candidature de l’agglomération alésienne au label « Capitale française de la culture 2024 », annoncée il y a quelques semaines dans nos colonnes (relire ici).

Dans un gros mois, le 14 mai prochain, l’Agglo devra remettre son dossier avec un objectif : faire partie des 10 finalistes qui concourront en fin d’année. Si elle est a priori « la seule ville d’Occitanie » à candidater, Alès a besoin d’un « soutien populaire » pour espérer l’emporter. C’est en ce sens que sera organisé « un grand événement fédérateur » au début du mois de mai. Les acteurs que sont Alexandra Lamy et Lionel Astier auraient déjà donné leur accord de principe pour y participer.

Les déchets : un quart du budget

Après quoi, comme il y a dix jours en conseil municipal (relire ici), l’attention des élus s’est portée sur le budget primitif de l’année 2022, lequel donne les grandes orientations financières de l’Agglo pour l’année à venir. Constitué d’un budget principal et de plusieurs budgets annexes, il s’établit à 30 millions d’euros d’investissement et à 112 millions d’euros de fonctionnement. « Depuis 30 ans que je fais des budgets, ça se complique entre les dépenses qui explosent et les recettes qui stagnent », a enclenché Christophe Rivenq, pour mieux justifier le vote d’un budget « sous contraintes », « avec de faible marges de manœuvre ».

Et pour cause ! S’il se dit guider par une boussole qui lui indique de « ne pas baisser les subventions pour la culture et ne pas augmenter la fiscalité », le président de la collectivité se sait affecté par « quatre faits majeurs en 2022 », évoquant notamment « une augmentation des charges du personnel » avec le dégel du point d’indice des fonctionnaires qui, s’il est « pleinement justifié », n’a pas fait l’objet d’un accompagnement de l’État, ainsi que l’augmentation « importante » des charges liées à l’énergie et aux carburants.

Aussi, alors qu’un pacte fiscal et financier a été voté l’été dernier en conseil communautaire, l’Agglo verra son budget impacté à hauteur de 4 millions d’euros après avoir redistribué cet argent aux 72 communes qui la composent dans le cadre d’une péréquation financière établie en fonction de plusieurs critères, et comprenant un plancher minimum (relire ici). Surtout, alors que sa gestion onéreuse représente 25% de son budget de fonctionnement (24 millions d’euros par an), la collectivité ne veut plus jeter l’argent à la poubelle avec les déchets (relire ici).

La TEOM comme variable d’ajustement

Pourtant, l’État n’a rien fait pour l’y aider en décidant d’augmenter la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) qui, sans générer de services supplémentaires, va coûter 800 000 euros de plus à l’Agglo en 2022. « Le prix de la tonne était de 7 euros il y 10 ans, il est aujourd’hui de 50 euros », se désole Christophe Rivenq. Dans ce contexte, et bien qu’il ait « un plan » pour économiser jusqu’à 19 millions d’euros d’ici 2026 via une optimisation du réemploi des déchets en mobilisant les entreprises spécialisées, ainsi qu’un recours éventuel à des sanctions en cas d’incivilités des usagers, entre autres, le dernier nommé a mis au vote une augmentation de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) de l’ordre d’1,5 point de pourcentage, soit une moyenne de 35 euros de plus par an à régler par les habitants du territoire.

Une hausse qui, aux yeux du président de l’Agglo, n’est pas « déconnante » au regard de ce que pratiquent « de nombreuses communes de notre taille comme Narbonne », et aurait pour but de « provoquer un choc psychologique » chez le contribuable quant à la nécessité de bien trier ses déchets. Bien qu’elle ait été votée à l’unanimité par les élus communautaires, comme le budget consolidé (228 millions d’euros), cette délibération a fait « tiquer » plusieurs élus. « La hausse de la TEOM aurait mérité d’être plus progressive », considère Julie Lopez-Dubreuil, maire de Saint-Jean-du-Pin. « J’aurais souhaité qu’on discute sur plusieurs options et non pas sur une seule », a quant à lui regretté Serge Bord, maire de Saint-Julien-les-Rosiers, lequel invite les élus à « assurer une communication au plus près des populations pour convaincre les esprits sur ces nouvelles pratiques » relatives à la gestion des ordures ménagères.

Un budget « petit bras »

« J’ai peur que ces efforts qu’on va demander à nos concitoyens ne soient pas acceptés si en plus on augmente la TEOM », craint Michel Mercier, maire du Martinet, qui se demande « à quoi ça sert de payer des impôts si on paye la gestion des déchets à coût réel ». S’il reconnaît que le montage d’un budget est « un exercice difficile », surtout lorsque les péripéties s’accumulent (crise sanitaire, guerre en Ukraine et transferts de compétences de l’État), Patrick Malavieille a insisté sur « la nécessité de tenir » malgré les contraintes pour « mettre en œuvre ce beau projet de territoire » et a donc voté favorablement ce budget primitif.

Ce que n’a pas fait l’élu d’opposition Paul Planque, qui a profité d’une « petite lucarne démocratique » pour fustiger un budget « petit-bras » et « l’absence de débat sur les choix à faire en matière budgétaire ». Comme l’édile pininque, le communiste aurait, « plutôt que de mettre à genoux financièrement les habitants de l’Agglo dans une période déjà si compliquée », lissé dans le temps l’augmentation de ces recettes de fiscalité. Intraitable, Christophe Rivenq a rétorqué : « En habitant à Arpaillargues qui n’est pas dans l’Agglo, ne vous inquiétez pas, vous ne serez pas impacté. » 

Corentin Migoule

Au rayon des bonnes nouvelles :

  • Espérée par de nombreux élus du territoire, Patrick Malavieille, maire de La Grand’Combe, en tête, l’installation d’entreprises au cœur du parc régional d’activité économique (PRAE) Humphry Davy semble plus que jamais imminente. « La préfète du Gard a exigé à ses services de tirer la lumière sur l’affaire pour accueillir au plus tôt les premières entreprises », a assuré Christophe Rivenq, au sujet d’un dossier initié au début des années 2000, qui avait obligé l’édile grand’combien a haussé le ton il y a quelques semaines (relire ici).
  • Le 26 avril prochain, à 11 heures, « le nouveau lieu de congrès » du Pôle mécanique sera inauguré. Il s’agit, après plusieurs mois de travaux, d’un bâtiment de plus de 400m² destiné à accueillir « encore plus d’entreprises et d’événements », notamment liés à l’écomobilité.
  • Installée sur l’avenue Vincent d’Indy, l’entité alésienne de l’entreprise Crouzet Automatismes, spécialisée dans la fabrication de moteurs électriques, a fermé ses portes en fin d’année dernière alors qu’elle fêtait ses 50 ans d’existence. Alès Agglomération vient de racheter les locaux afin d’y reloger une nouvelle entreprise. Selon les dires du président de la collectivité qui n’a pas dévoilé le nom de ladite société, celle-ci est déjà trouvée et ce ne sont pas moins de 70 emplois qui devraient être créés « d’ici quelques semaines ».
  • Fermé depuis janvier 2019 pour des raisons de sécurité, le grand temple d’Anduze, situé sur le plan de Brie, s’apprête enfin à être restauré. Classé monument historique depuis 1979, l’édifice se refait une beauté, en plus du renforcement de sa charpente, entre autres. Le début des travaux est programmé pour le mois de septembre prochain. Coût total de l’opération : 800 000 euros.

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