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ALÈS Conseil communautaire : l’Agglo redistribue les richesses

Max Roustan et Christophe Rivenq applaudissent Laure Ricard, directrice du Pôle éducation enfance-jeunesse, qui vivait son dernier conseil communautaire. (Photo Corentin Migoule)

Le conseil communautaire d'Alès Agglomération s'est tenu ce jeudi soir dans la salle des assemblées du bâtiment Atome. Un copieux menu de 26 délibérations attendait les élus qui ont notamment adopté à l'unanimité un pacte fiscal et financier.

Président d'Alès Agglomération, Christophe Rivenq avait donné rendez-vous aux conseillers pour "un lourd conseil communautaire", qui était aussi "le dernier avant les vacances". Le premier nommé l'a introduit en félicitant une partie de ses troupes, réélue au conseil départemental ou au conseil régional. "Nous compterons très fortement sur vous pour défendre l'intérêt du territoire", a-t-il soufflé. Celui qui est aussi premier adjoint à la ville d'Alès s'est ensuite adonné à un point sur la campagne vaccinale qui bat de l'aile, peinant à attirer les jeunes. C'est pourquoi Christophe Rivenq planche actuellement avec les bars et les restaurants alésiens sur le lancement d'une campagne de vaccination qui leur sera destinée.

Ces points abordés, l'assemblée était invitée à voter la première délibération à l'ordre du jour, et pas des moindres puisqu'il s'agissait tout bonnement du compte administratif 2020. Si la pandémie a sérieusement affecté le budget de fonctionnement de la collectivité (-3,6 millions d'euros), cette dernière s'est serrée la ceinture au point d'afficher un excédent budgétaire de plus de 17 millions d'euros. Le conseiller communautaire Paul Planque, qui avait déjà pointé la tiédeur de l'Agglo en matière d'investissement lors du vote du budget 2021, voit en cet excédent "la diminution toujours plus importante des moyens alloués aux services publics".

"Vous avez raison monsieur Planque", a réagi Christophe Rivenq. Et de poursuivre : "J'aimerais beaucoup que cet argent soit investi. Mais aujourd'hui on est dans un pays où porter des projets est devenu quasi mission impossible", prenant notamment l'exemple du projet d'extension des thermes des Fumades, à l'arrêt en raison d'un certain nombre de points de blocage d'ordre environnementaux. "C'est aussi un moyen d'éviter une mise sous tutelle de l'État qui peut venir nous tirer les oreilles à tout moment", a complété le président de l'Agglo pour justifier sa supposée "prudence".

Une péréquation financière (presque) unanimement saluée

Annoncé comme "le gros morceau" de la soirée, le vote du pacte fiscal et financier a tenu son rang. Prévu par les textes législatifs mais offrant dans son contenu une libre appréciation à la collectivité, il a été approuvé à l'unanimité. Quelques minutes plus tôt, Christophe Rivenq l'avait bien vendu, rafraîchissant notamment la mémoire de l'auditoire en rappelant que lors du passage de l'Agglo de 50 à 73 communes (puis à 72) en 2017, certaines (13) ont été lésées, voyant leurs dotations fondre pendant que d'autres s'enrichissaient.

Ainsi, ce sont près de 3,7 millions d'euros qui seront redistribués chaque année aux 72 communes à partir d'une péréquation financière établie en fonction de plusieurs critères, et avec un plancher minimum, afin que les plus petites communes ne se retrouvent pas avec "un montant ridicule de 500 euros". Cela occasionnant "une légère dégradation" des comptes de l'Agglo sur la durée du mandat (2026) et une nécessaire maîtrise des dépenses de fonctionnement. Il n'y avait pourtant "aucune obligation légale à reverser cette dotation", "c'est un choix politique", a fait savoir le président de la collectivité.

Une délibération saluée par Sylvain André, maire communiste de Cendras, car "elle donne du sens à l'Agglo", et ce malgré le fait que sa commune n'en tire aucun bénéfice direct, celle-ci ayant récupéré sa dotation de solidarité rurale (DSR) l'an dernier. Maire de La Grand-Combe, le communiste Patrick Malavieille a lui aussi apprécié cet effort des communes les plus dotées envers celles qui l'étaient moins : "Ce pacte va nous permettre quatre choses : la mise en œuvre du projet de territoire, le renforcement de la solidarité territoriale, l'optimisation de la situation financière du territoire, et une forme de transparence car on a besoin de savoir où l'on va." Après quoi, c'est un autre communiste, en l'occurrence Paul Planque, qui a décidé de briser ce satisfecit général en y voyant "une manœuvre politique" du président pour "acheter la paix politique de ses collègues maires".

La survie de l'abattoir dans les mains de l'État

Autre enjeu majeur de la soirée, l'avenir de l'abattoir d'Alès, dont l'épineuse question avait été abordée au début du mois dernier lors d'un conseil municipal exceptionnel. Il s'agit de remettre la structure sur pied et de créer une nouvelle salle de découpe grâce à un plan de relance évalué à un peu plus de 6 millions d'euros, et pour lequel l'Agglo sollicite l'État et la Région à hauteur de 40%. Si cette dernière devrait répondre présent, l'État se montre jusqu'ici réticent au moment de lâcher le million - et des poussières - qui lui est demandé. Or la réussite du projet est conditionnée à sa contribution. "Si l'État ne vient pas sur ce dossier, il portera la responsabilité de la fermeture de l'abattoir", prévient Christophe Rivenq.

Pas très fan de l'abattage rituel, Francis Bassier, conseiller communautaire d'opposition (RN) a soulevé la question de la dimension "éthique" de la manœuvre, bien qu'il ne trouve rien à redire sur "le plan technique et économique". "L'abattage rituel, c'est la loi ! Changez la loi et on fermera l'abattoir", a fermement rétorqué l'édile alésien. Plus modéré, Christophe Rivenq a admis que ce qui se passe à l'intérieur n'est "pas joli-joli à voir", mais se dit rassuré par la présence d'un tel outil à Alès. Une proximité qui lui permet d'avoir "une vue sur la souffrance animale en la limitant au maximum". Et le dernier nommé d'enfoncer : "De toute façon ça fait vivre toute une filière et la plupart d'entre nous n'est pas prêt à arrêter de manger de la viande, donc ne faisons pas les vierges effarouchées et faisons de la qualité."

Corentin Migoule

 

 

 

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