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LE 7H50 d’Enzo Giorgi, jeune escrimeur handisport : « Il faut faire de ses différences une force »

Enzo Giorgi, bientôt 22 ans, fait partie de l'équipe de France junior d'escrime handisport. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Enzo Giorgi, bientôt 22 ans, fait partie de l’équipe de France junior d’escrime handisport. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Enzo Giorgi était ce mardi à l’auditorium du Pont-du-Gard en tant que parrain des journées handicitoyennes de l’association « Différent… Comme tout le monde ». Toute la semaine, 500 élèves de 5e gardois sont sensibilisés au handicap. Le jeune Nîmois, qui va bientôt fêter ses 22 ans, vit avec une raideur à la jambe gauche. Mais il a su faire de son handicap un atout de sa réussite. La semaine prochaine, il ira s’entraîner en Thaïlande pour préparer les Jeux paralympiques de Paris 2024. 

Objectif Gard : Comment avez-vous commencé l’escrime ?

Enzo Giorgi : J’ai commencé l’escrime à l’âge de 6 ans. Mon papa est entraîneur. Jusque-là, je n’avais accroché avec aucun autre sport. J’ai bien aimé, je me suis pris au jeu des compétitions et aujourd’hui, j’y suis encore. Jusqu’à mes seize ans, j’évoluais face à des valides.

Pouvez-vous nous parler de votre handicap ?

Je suis né prématurément. Mon côté gauche a été endommagé. J’ai réussi à récupérer ma main, même si je reste mauvais gaucher. Par contre, la raideur de ma jambe gauche est plus importante. Encore maintenant, elle est moins mobile, moins agile.

C’est désavantageux pour combattre avec des valides qui ont de la mobilité dans leurs deux jambes ?

Oui, je me classais à chaque fois en milieu de tableau alors que je voulais gagner. Jusqu’à mes seize ans, j’arrivais à compenser mon déficit physique par plus de tactique, plus de technique. Mais quand mes adversaires ont commencé à réfléchir, je n’avais plus ce temps d’avance. Pour me donner les moyens de mes ambitions, je suis passé au handisport.

Quelles sont les principales différences avec l’escrime valide ?

On est tous assis sur des fauteuils fixes. Tout ce que les jambes ne font pas, c’est le buste qui compense. Ainsi tout le monde se trouve au même niveau. Une fois que je n’étais plus limité par le handicap, j’ai commencé à gagner. Aujourd’hui, je suis en équipe de France junior et je fais aussi partie du groupe senior. Mon plus grand titre, c’est celui de vice-champion du monde U17. J’ai aussi été trois fois champion de France. Je prépare maintenant les Jeux paralympiques de Paris 2024. Je mets vraiment de la qualité dans mes entraînements pour y arriver. C’est ma seule certitude.

Quel message avez-vous voulu transmettre aux élèves de 5e qui ont participé à cette journée handicitoyenne aujourd’hui ?

Un message sur la différence, la tolérance. Moi aussi, j’ai été en 5e, et quand on marche de travers ce n’est pas facile. Il y aussi qui sont trop petits ou avec un nez trop gros mais jamais comme il faut. Il faut faire de ses différences une force. Si je n’avais pas dépassé ce handicap, je n’aurais jamais rien fait de ma vie. Tout dépend des ambitions et du goût du challenge de chacun. Il ne faut pas se moquer des autres, mais plutôt se servir de ce qu’ils nous apporte.

C’est une belle philosophie. Le sport de haut niveau a dû vous aider à dépasser cela…

Quand je me suis mis au sport de haut niveau, j’avais quelque chose d’autre que le handicap. J’avais quelque chose que les autres n’avaient pas. Le sport, la réussite, donnent confiance en soi. On peut réussir dans tout, il faut trouver sa voie et accepter qui on est. Pour ne pas se laisser « bouffer » par les autres et leurs remarques, il faut être sûr de qui on est.

Propos recueillis par Marie Meunier

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