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EXPRESSO Vent de colère contre le projet d’éoliennes de Moulézan

Serge Rouvière, président du syndicat mixte Lens Pignèdes (Photo : Coralie Mollaret)
Serge Rouvière, président du Syndicat mixte Lens Pignèdes (Photo : Coralie Mollaret)

La volonté du maire de Moulézan d’implanter cinq éoliennes dans le bois des Leins est loin de faire l’unanimité sur le secteur. Plusieurs élus s’opposent au projet en raison du risque incendie et de la protection de la biodiversité. 

C’est un projet qui court depuis des années. À en croire le maire de Moulézan, Pierre Lucchini, son aboutissement se concrétiserait l’an prochain, avec l’obtention du permis de construire. La société Quadran Energies, appartenant au groupe Total, travaille sur l’implantation de cinq éoliennes sur le massif du bois de Leins à Moulézan. « Cela permettrait de produire l’équivalent de la consommation électrique de 11 000 personnes », se félicite le maire, qui ne tarde pas à brandir l’argument économique : « Ça rapporterait 100 000 € par an à la commune ! Quand on sait que notre budget annuel d’investissement est de 300 000 €… »

Sur le territoire, ces éoliennes font grincer des dents. À commencer par le président du syndicat mixte Lens Pignèdes et premier adjoint de la commune de Saint-Mamet, Serge Rouvière : « Nous ne sommes pas contre les énergies renouvelables, en revanche nous aimerions qu’elles soient implantées sur un lieu adapté ». Et de d’expliquer : « Sur le Bois des Lens, il y a un risque incendie très fort. Pour qu’un Canadair intervienne, il doit descendre à 60 mètres. Or les éoliennes montent jusqu’à 150 mètres ! En cas d’incendie, les secours prendront du retard, cela fera prendre des risques aux populations. »

Pour apporter de l’eau à son moulin, Serge Rouvière pointe « l’annulation d’un projet similaire en 2015, à Combas, en raison du risque incendie. » Son autre argument concerne la préservation de la faune et la flore. Pour limiter le risque incendie, « il faut défricher 100 à 200 hectares. Les études d’impact n’ont pas pris en comptes toutes les espèces comme l’aigle de Bonelli qui se nourrit sur des zones débroussaillées et risque d’être blessé par ces éoliennes ». Le syndicat s’inquiète aussi des réserves en eau : « Le Bois des Lens est un massif calcaire, une éponge alimentant plusieurs forages des communes alentours. En cas de pollution pendant la construction des éoliennes, ça ressortirait aux forages de Saint-Génies à Barjagole ou à Saint-Bauzély. » 

Pour l’heure, Serge Rouvière fait circuler une pétition auprès des élus locaux, espérant sensibiliser les services de l’État. Il se dit ouvert au dépôt d’un recours contre le projet. Toutefois, l’élu n’est pas dupe : il sait que le Gouvernement pousse les préfectures à favoriser la construction d’éoliennes. « Dans le Gard, ce type de projet est compliqué puisque nous avons beaucoup de monuments classés depuis lesquels il est interdit de voir des éoliennes », avance-t-il. La pollution visuelle, c’est « le dernier argument », assurent les opposants : « Depuis la route de Sauve à partir de la Bardette, vous verrez les éoliennes. Le plus drôle, c’est que Moulézan ne verra pas ses éoliennes contrairement à tous ses voisins ! » 

CM

coralie.mollaret@objectifgard.com

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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