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FAIT DU JOUR Un viticulteur aux assises pour avoir tué un voleur de piquets et incendié son corps

(Photo d'illustration : Anthony Maurin)
(Photo d’illustration : Anthony Maurin)

Un viticulteur, âgé de 66 ans, aujourd’hui retraité, comparaît à partir de ce lundi pour le meurtre d’un voleur de piquets de vignes. L’accusé est également soupçonné d’avoir modifié l’état des lieux d’une scène de crime avec son épouse. Le couple est jugé devant les jurés gardois jusqu’à mercredi.

« On ne fait pas une bonne justice huit ans après les faits. Je me demande dans quel état de santé sera mon client. Il a déjà eu plusieurs hospitalisations en psychiatrie, dont une récemment », explique l’avocat parisien du couple, maître Emmanuel Trink. Les faits se déroulent dans la nuit du 13 mars 2014. Ce viticulteur a commis l’irréparable dans sa propriété de Bezouce.

Ce soir-là, le couple entend du bruit à l’extérieur. La famille est aux aguets depuis plusieurs semaines en raison de vols réguliers de piquets dans les campagnes gardoises. Des piquets dérobés à cause du prix de revente du métal. Pendant que sa femme attend à l’intérieur du mas, le propriétaire décide d’aller, fusil en main, au devant du voleur dont il aperçoit la silhouette. Il tire. Le coup de fusil tue un jeune homme de 21 ans. Après ce geste, l’agriculteur va essayer de maquiller son crime, il déplace la voiture de la victime. Il brûle ce véhicule dans le secteur de la commune de Fournès au bord du Gardon, avec le corps à l’intérieur. C’est un pêcheur qui va faire la macabre découverte quelques heures plus tard.

« Il est sorti avec son fusil d’abord pour se protéger »

« C’est une affaire simple et grave. Je sais l’exaspération des agriculteurs à cause des vols répétés de piquets de vignes, mais d’un autre côté on a la souffrance d’une famille. Ce garçon a été tué dans des circonstances particulières, le corps a été dissimulé », estimait en 2016, l’avocat général de la chambre de l’instruction qui souhaitait à l’époque que l’agriculteur reste en prison. L’accusé est sorti à ce moment-là de détention et se trouve toujours sous contrôle judiciaire.

« Les agriculteurs se font piller par des voyous. Il y a dans le monde agricole un sentiment d’exaspération et d’impuissance, avait poursuivi lors de la même audience de la cour d’appel de Nîmes, l’avocat du paysan impliqué. Il fait nuit, au fin fond de la campagne, il est sorti avec son fusil d’abord pour se protéger car il se trouve dans un sentiment d’insécurité avec une voiture, celle du voleur qui démarre face à lui. C’est un homme frustre, jamais condamné que vous n’auriez jamais croisé si quelqu’un n’était pas venu lui voler ses biens », avait poursuivi, toujours devant la chambre de l’instruction en 2016, l’avocat parisien qui avait obtenu que son client sorte de l’univers carcéral. Ce dernier comparaîtra donc libre, comme son épouse, ce lundi 27 juin devant la cour d’assises du Gard.

Boris De la Cruz

Maître Isabelle Mimran, avocat de la famille de la victime, a été contactée par notre rédaction. Elle n’a pas souhaité s’exprimer avant les débats. 

Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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