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SAINT-JEAN-DU-GARD Achat d’une ferme par la Légion étrangère : l’armée en voie d’accepter le cahier des charges de la Safer

Le 8 juin dernier, les opposants s'étaient retrouvés, à Nîmes, devant la Safer du Gard (photo François Desmeures / Objectif Gard)
Le 8 juin, le président du Gard de la Safer, Michel Allemand, était venu discuter avec les opposants (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Présenté comme un élément tendant à rassurer les opposants, le cahier des charges, que la Safer a communiqué au ministère des armées, semble en voie d’être accepté par les instances militaires (relire ici). Le 2e Régiment étranger d’infanterie ne pourra donc utiliser ni les terres agricoles, ni les espaces forestiers.

Ce mardi 28 juin, la Safer commence à Alès son travail de sélection des agriculteurs candidats aux cinq hectares de terres arables, alors que des opposants manifesteront sous ses fenêtres. « Pour l’instant, la réponse est plutôt favorable, concède Michaël Fourel, directeur départemental de la Safer du Gard. Mais nous n’avons pas d’écrit définitif. » Le ministère des Armées s’apprête donc à valider l’achat de la ferme de Banières bas, au pied du col Saint-Pierre, alors qu’elle ne pourra pas utiliser les terres agricoles, ni les forêts pour d’éventuels exercices, ni même effectuer des tirs à blanc. Sur ce volet, le cahier des charges était explicite : « L’acquéreur s’interdit notamment, pendant la durée du cahier des charges, d’effectuer des tirs de munition d’exercice de toutes catégories et de toutes armes. »

« Il reste largement de quoi se poser »

« Les terrains agricoles iront à un exploitant qu’on va choisir dans les prochains jours », poursuit Michaël Fourel, qui confirme la réunion d’une commission locale, mardi 28 juin au matin, à l’antenne alésienne de la chambre d’agriculture, pour un premier point sur les candidats, qui sont le même nombre que début juin (relire ici). La commission départementale aura lieu la semaine suivante. En dehors des terrains agricoles et forestiers, « il reste largement de quoi se poser, commente Michaël Fourel, faire de la formation… ». Notamment deux espaces bâtis.

Au courant de la réunion, le collectif Vallées cévenoles démilitarisées appelle à manifester devant les locaux alésiens de la chambre d’agriculture dès 8h30. Le collectif a déjà tenté de rencontrer le couple vendeur pour une médiation, avec représentants des syndicats agricoles, mais a reçu une fin de non-recevoir. Les opposants ne croient pas aux bonnes intentions des légionnaires.

« Depuis le début de cette affaire, la Safer joue un rôle très trouble, avance le collectif. […] Aujourd’hui, pour calmer l’opposition, elle fait miroiter un bail à ferme sur les terres agricoles de Bannière. […] Doit-on comprendre que la Safer entend préserver des terres agricoles en proposant de faire paître ses brebis ou de cultiver des légumes au milieu de militaires à l’entraînement ? La Légion a d’ores et déjà indiqué qu’elle refuserait les cultures pérennes. Si ce bail est signé, ce sera donc pour des prés de fauche ou du pâturage, c’est-à-dire pour tondre la pelouse aux militaires. La Safer n’aura aucun moyen de pression sur le ministère des Armées une fois l’acte de propriété dans leurs mains. » Par sa manifestation, le collectif souhaite aussi « faire entendre aux agriculteurs candidats que la signature de ce bail n’est pas dans l’intérêt de la profession ».

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

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