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BAGNOLS/CÈZE Salve de départs au lycée Einstein : « Beaucoup de professeurs ne s’y retrouvent plus »

Le lycée Einstein à Bagnols, photo d'illustration (Photo OG).
Le lycée Einstein à Bagnols, photo d’illustration (Photo OG).

Outre les mutations, au lycée Einstein, une quinzaine de professeurs vont quitter l’Éducation nationale. « C’est énorme et ce n’est pas spécifique à Bagnols, c’est un phénomène au niveau national« , commente Mohammed Hammani, professeur et représentant du SNES-FSU du Gard rhodanien. Il nous en dit plus sur les raisons de cette vague de départs. 

« Beaucoup de professeurs ne s’y retrouvent plus. La raison qui revient le plus c’est la perte de sens, les conditions de travail qui se dégradent à une vitesse impressionnante, la charge de travail qui s’alourdit, toujours pour le même salaire« , rapporte Mohammed Hammani. Comme il l’a dit à nos confrères de Midi Libre, cette salve de départs a été listée lors du pot de départ du proviseur. Une situation qui traduit un mal-être des enseignants qui font face « à des classes où les élèves sont de plus en plus nombreux. Les effectifs à 35-36 lycéens sont devenus une habitude« .

Le représentant syndical l’assure, « il y a déjà eu des départs par le passé, mais c’est la première fois qu’il y en a autant« . Le phénomène s’explique également par les tâches annexes qui augmentent pour les enseignants : « On nous demande de prendre en charge de plus en plus l’orientation des élèves, de faire de la vie scolaire. On compte de moins en moins de CPE, d’AED… Le métier d’enseignant se trouve dénaturé, on n’arrive plus à l’exercer correctement. »

« Ceux qui partent ne représentent que la partie visible de l’iceberg »

Parmi la quinzaine de départs, Mohammed Hammani recense des « professeurs chevronnés« , qui comptaient 20 ou 30 ans d’expérience. Tous quittent l’Éducation nationale, certains ont trouvé des postes dans la fonction publique territoriale, d’autres ont totalement quitté le cadre administratif public. « Et ceux qui partent ne représentent que la partie visible de l’iceberg. Il y a aussi tous les collègues qui aimeraient partir mais qui ne le peuvent pas en raison de leur formation. Les professeurs de langue par exemple, que peuvent-ils faire avec une maîtrise d’anglais ?« , interroge le représentant syndical. Il évoque aussi les congés maladies qui sont aussi en hausse et « qui permettent à certains au bord de la rupture de terminer l’année scolaire« .

À ses yeux, cette vague « n’augure rien de bon pour la suite et si on ne réagit pas maintenant, on va se retrouver dans le mur. Il y a beaucoup de CAPES (Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire, NDLR) qui ne trouvent plus assez de candidats comme les mathématiques« . Il craint que les conditions de travail dégradées découragent les futurs actifs. Au SNES-FSU, on revendique une augmentation de 10 % du point d’indice pour revaloriser cette profession et suivre l’inflation : « Quand Macron nous annonce une augmentation de 3,5 %, il se fiche de nous. Certains jeunes qui passent un BEP se retrouvent à gagner davantage qu’un enseignant débutant… »

Marie Meunier

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