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AUJAC Plongée dans les monstres de l’histoire moderne au château du Cheylard

(Photo François Desmeures / Objectif Gard)
De gauche à droite : Nicolas Baptiste, Marlène Léautier, Damien Baderou (tailleur de pierres et ami) et Soline Anthore Baptiste (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Les historiens Soline et Nicolas Baptiste ont repris leurs quartiers d’été au château du Cheylard de Marlène Léautier, à Aujac. Ces 6 et 7 août, ils proposent une nouvelle immersion dans le 18e siècle, à la recherche de « bêtes dévorantes » comme le fut la Bête du Gévaudan. 

Après avoir délivré un récit de Marie-Antoinette dans les Cévennes en 2021, les chercheurs en histoire Soline et Nicolas Baptiste restent ancrés dans le 18e siècle pour le week-end de médiation historique qu’ils proposent chaque premier week-end d’août au château du Cheylard. Depuis 2016, c’est à une immersion qu’ils invitent le public et cette édition 2022 ne dérogera pas à la règle.

Chasse à la Mala Bestia

Les protégés de la châtelaine Marlène Léautier évoqueront les années 60 de ce 18e siècle, qui vit la Bête du Gévaudan terroriser, trois ans durant, un territoire compris entre la Lozère, le Cantal et la Haute-Loire. Plus largement, « nous parlerons de la chasse aux grandes bêtes dévorantes en France », détaille Nicolas Baptiste, qui rythma, pour un temps et selon les régions, la vie quotidienne de ce siècle.

La vingtaine de « figurants-animateurs » présents sur le site, dont les deux historiens donc, réservent au public « un plongeon dans cette vie quotidienne. Il n’y a pas beaucoup d’événements où on trouve la même chose », constate Nicolas Baptiste. Les bénévoles du week-end – « des reconstituteurs spécialistes du 18e » -, Catalans, Bordelais ou Parisiens, agrandissent aussi la géographie du récit. Pour simuler la chasse de la Mala Bestia, quelques coups de feu à la poudre noire ont même obtenu le droit d’être tirés.

Soline et Nicolas Baptiste continuent de revendiquer la pratique de cette médiation historique, qui confronte parfois les faits anciens avec les représentations d’aujourd’hui, comme le disait le titre de leur exposition . Nicolas Baptiste achève en ce moment « le deuxième volume de Armes et armures du VIe au XVe siècle (éditions Heimdal). Il n’y a pas eu de livre en français sur le sujet depuis 1976″, s’étonne encore le chercheur.

La sorcière, des cavernes à Tik Tok

Après ses travaux sur l’histoire sociale des vêtements, Soline Anthore Baptiste plonge dans « la figure de la sorcière, des cavernes à Tik Tok ». Une nouvelle manière d’illustrer que la culture contemporaine reste ancrée dans l’histoire. « Les premières peintures rupestres évoquant des figures de sorcières remontent à environ 9 000 ans, raconte Soline. Et sur Instagram ou Tik Tok, on trouve aujourd’hui des néo-païens, aux dérives sectaires, qui respectent des rituels. Et ça marche. Les sorcières ne naissent pas des formes de pouvoir patriarcal : ce sont des histoires de voisinage, les sorcières ont souvent été dénoncées par d’autres femmes qui se retrouvent, par exemple, au milieu d’histoires de loyers impayés. » « D’ailleurs, la persécution ne vient pas de l’État, qui est plus tardif que le Moyen-Âge, précise Nicolas, plutôt des cités que de l’Inquisition. » « Ce qui nous intéresse, c’est l’évolution des figures, reprend Soline. Celle de la sorcière est construite de plein de choses et, par le biais de ces histoires-là, elle est récupérée aujourd’hui à des fins féministes et écologistes. » Le thème mériterait a mnima que lui soit consacré un week-end d’histoire immersive à Aujac…

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

Ouvert samedi 6 et dimanche 7 août, de 14h à 19h. Tarifs : 8€, 6€ pour les 5-15 ans. Il est inutile de venir costumé, la manifestation n’étant pas une fête médiévale. 

Le château du Cheylard à Aujac (photo François Desmeures / Objectif Gard)

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