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ALÈS Les 20 ans des inondations commémorés « pour que ça n’arrive plus jamais »

Déjà sur place et très concernés par les inondations de 2002, Christophe Rivenq, Max Roustan et Patrick Malavielle ont fait le récit de cette "catastrophe", tandis que la préfète du Gard, Marie-Françoise Lecaillon, a paru bien imprégnée du sujet. (Photo Corentin Migoule)
Déjà sur place et très concernés par les inondations de 2002, Christophe Rivenq, Max Roustan et Patrick Malavielle ont fait le récit de cette « catastrophe ». (Photo Corentin Migoule)

Ce vendredi matin, soit très exactement 20 ans après un épisode inoubliable pour les habitants du territoire, la ville d’Alès a commémoré les inondations du 9 septembre 2002. Plusieurs temps forts ont rythmé ce rendez-vous solennel auquel a pris part la préfète du Gard, Marie-Françoise Lecaillon, à commencer par l’inauguration de l’exposition-photo retraçant ces événements.

D’habitude si prompt à laisser parler l’improvisation lorsqu’il s’agit de prendre la parole en public, Max Roustan a lu un texte soigneusement préparé ce vendredi matin, lorsque, peu après 9h30, il s’agissait d’introduire une cérémonie commémorative des inondations de 2002 depuis le perron de l’Hôtel de ville d’Alès. Une pratique peu courante pour le maire qui en disait long sur la solennité de l’instant.

« 20 ans. 20 ans déjà qu’un épisode cévenol terrible nous a touchés. 20 ans déjà qu’en quelques heures, un déluge d’eau s’est abattu sur notre territoire », a-t-il d’abord rappelé. Ce sont en effet plus de 600 mm d’eau qui sont tombés en quinze heures entre le dimanche 8 et le lundi 9 septembre 2002, soit l’équivalent d’une année de pluie à Paris. Et, s’il ne s’agissait pas d’un record puisque, comme l’a rappelé l’édile alésien, « en 1907 Alès avait connu 950 mm », cet épisode orageux qualifié de « stationnaire » a plongé le bassin alésien dans le chaos.

Le bilan fut très lourd pour le département avec pas moins de 22 morts, et tout aussi pénible à supporter pour la seule ville d’Alès, alors littéralement coupée du reste du monde pendant 24h. 15 habitants du Moulinet hélitreuillés, 1 000 voitures emportées par les eaux, 6 000 foyers privés d’électricité, 300 sinistrés accueillis à la halle des sports de Clavières, 756 villas inondées, 125 familles ayant tout perdu à reloger d’urgence, un  lycée JBD dévasté, deux écoles maternelles (Maurice-André à Rochebelle et Jean-Macé aux Près-Saint-Jean) à raser… Inoubliable !

Élus de la ville d’Alès, maires des communes voisines, autorités civiles et militaires ont assisté à la cérémonie commémorative. (Photo Corentin Migoule)

C’est d’ailleurs dans cette quête mémorielle que les élus alésiens et leurs services ont imaginé une rétrospective sous forme d’expo photo, laquelle a été inaugurée en fin de matinée. Constituée de 12 panneaux et de deux totems à quatre faces, dont certains sont affublés de QR codes à flasher pour visionner des reportages d’époque en lien avec les inondations, celle-ci sera visible jusqu’au 25 septembre sur le parvis de la mairie.

« Nous avons souhaité cette exposition pour que les générations nées après 2002 se souviennent, apprennent, car ça peut arriver à nouveau. Même si je peux vous assurer que dès le lendemain de cette catastrophe, nous avons agi pour protéger les populations », a justifié Max Roustan. En témoigne par exemple le lancement, dès 2003, et alors même qu’il n’avait pas encore l’autorisation de l’État, des travaux d’urgence dans le Gardon d’Alès, afin de faciliter l’écoulement des eaux et de limiter par conséquent le risque de crues.

« Trop d’alertes tue l’alerte ! »

Déjà mobilisé auprès du maire en 2002, Christophe Rivenq, président d’Alès Agglomération, a profité de la présence dans l’assistance d’un grand nombre d’élus locaux et de représentants de l’État pour saupoudrer son discours de suggestions : « Nous, élus, avons le devoir de tout mettre en œuvre pour protéger nos populations. Il faut diminuer considérablement et techniquement les conséquences de ces inondations. On le sait, on ne pourra jamais empêcher la pluie de tomber. Les crues sont d’ailleurs nombreuses sur le territoire cévenol depuis le XIIème siècle. Si on a été inondé en 2002, c’est parce que nous n’avIons pas assez entretenu nos rivières pour des défauts d’autorisation. Cette expérience doit nous servir. Alors je formule un vœu que je n’espère pas pieux, c’est que nous puissions aller plus vite dans la mise en place de nos politiques publiques. »

Après avoir rendu hommage à « l’engagement des fonctionnaires de l’époque », lesquels s’étaient spontanément portés volontaires pour venir en aide aux sinistrés, Christophe Rivenq a poursuivi ses admonestations : « Il faudrait que Météo France arrive à nous donner des prévisions plus justes, car ça devient très compliqué pour nous, élus, de pouvoir gérer les choses. Trop d’alertes tue l’alerte ! Qu’on arrête la culture du parapluie en permanence. Et aussi, il faut que nos gouvernants fassent davantage confiance aux territoires pour prendre les décisions. On connaît nos Cévennes, on y vit. C’est à nous de savoir s’il y a un danger ou si c’est une petite pluie de rien du tout. »

Les Assises de l’eau bientôt organisées

Sans que ça ne soit tout à fait anodin, le tandem Roustan-Rivenq a « salué » le nouveau directeur de la direction départementales des territoires et de la mer (DDTM), présent dans l’auditoire, et qu’il se ferait un plaisir de rencontrer dans un avenir proche pour « échanger sur diverses problématiques ». Car les élus alésiens ne manquent pas d’idées lorsqu’il s’agit d’envisager simplement de « stocker l’eau quand elle tombe pour pouvoir l’utiliser quand il n’y en a plus », par le biais de retenues collinaires notamment. Ainsi, c’est dans l’optique d’entendre les propositions de chacun des élus du territoire sur cette thématique que le maire d’Alès va, « très prochainement », organiser les « Assises de l’eau »

Toute ouïe, la préfète du Gard, Marie-Françoise Lecaillon, a entendu les recommandations du duo cévenol. Alors qu’elle était sous-préfète dans le Pas de Calais au moment des faits, la représentante de l’État s’est par ailleurs bien imprégnée du drame qui a coûté la vie à 22 personnes dans le Gard. « Que leur disparition nous mette toujours en garde contre le danger des inondations », a-t-elle soufflé, après avoir salué les 2 000 secouristes dépêchés sur les lieux qui « ont permis de sauver de nombreuses vies« .

Aux côtés du trio ce vendredi matin, Patrick Malavieille a assuré la représentation de la présidente du Département, Françoise Laurent-Perrigot. « En septembre 2002, j’étais dans une période de déroute électorale (il venait d’être battu par Max Roustan dans la course à la députation Ndlr). J’étais un peu triste. Mais ces inondations m’ont montré que cette défaite n’était absolument rien par rapport au drame que nous venions de subir », s’est souvenu l’actuel maire de La Grand’Combe, résumant à merveille l’importance de cette matinée commémorative.

Corentin Migoule

Et aussi : En début d’année, la ville d’Alès a créé la réserve communale de sécurité civile, composée de citoyens bénévoles qui viennent en appui des services d’urgence et de secours en cas de crises majeures, telles que des inondations. Ce vendredi matin, en clôture de la commémoration, huit des quinze candidats retenus pour l’intégrer ont signé leur engagement.

 

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