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BAGNOLS/CÈZE La Maison des alternatives solidaires met en valeur « la vie des gens à travers leur parole »

Chantal Dubois s'occupe de l'atelier d'écriture de la MAS (Maison des alternatives solidaires) depuis deux ans et a initié ce projet d'écriture. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Chantal Dubois s’occupe de l’atelier d’écriture de la MAS (Maison des alternatives solidaires) depuis deux ans et a initié ce projet d’écriture. (Marie Meunier / Objectif Gard)

« On ne se rend pas compte de l’intensité de la vie des autres. À travers nos bavardages, on a découvert toutes leurs richesses« . Ces mots sont ceux de Chantal Dubois, une des personnes qui étaient à la création de la Maison des alternatives solidaires (MAS) de Bagnols-sur-Cèze. Depuis treize ans, ce lieu accueille tous les publics autour de valeurs telles que la rencontre, l’information et l’échange, et propose de l’aide alimentaire. 

Depuis deux ans, Chantal Dubois a aussi repris l’atelier d’écriture pendant lequel les participants écrivent des textes au moyen d’anagrammes, de caligrammes… L’ancienne professeure de français a eu l’idée d’élargir le champ à tous ceux qui fréquentent la MAS : « Il y a parfois des personnes qui sont bloquées par rapport à l’écriture ou par rapport aux horaires et qui ne peuvent se rendre à l’atelier. On a décidé de leur donner aussi la parole« , explique-t-elle. Les participants de l’atelier ont interviewé de nombreuses personnes sur le thème de la migration lointaine ou proche, en leur demandant d’où venait leur famille ou bien quel objet ils emporteraient s’ils devaient partir loin de chez eux. Certains ont répondu, d’autres ont préféré discuter d’autre chose.

35 textes sont exposés jusqu’à la fin de la semaine à la médiathèque. (Marie Meunier / Objectif Gard)
« Mon père voulait que ses enfants fassent des études. Le jour où j’ai arrêté l’école, il est resté trois jours sans parler. Mais je savais qu’il galérait pour payer nos études. Je le voyais et c’est pour ça que j’ai arrêté. Mes soeurs ont fait des études. « Un jour, m’a-t-on dit, tu vas le regretter ». C’est vrai que j’aurais aimé être avocate pour défendre les droits des femmes. » »

« On se retrouve avec un kaléidoscope parcourant de souvenirs drôles ou tristes, un méli-mélo émouvant« , rapporte Chantal Dubois. Tous les récits ont été recueillis sans micro pour ne pas interférer dans l’échange, seulement en retranscrivant à la main. Sans retouche. D’autres textes ont été écrits directement en atelier. Une trentaine (tous anonymisés) sont à découvrir dans une exposition à la médiathèque de Bagnols jusqu’à ce samedi 24 septembre. D’autres seront accrochés tour à tour à la MAS et il sera aussi possible d’en lire lors du festival du livre de Pont-Saint-Esprit en novembre. L’équipe de la MAS espère également les éditer dans un livre. « C’est un travail inachevé dans le sens où on va continuer à recueillir ces confidences de ceux qui souhaitent se prêter au jeu. (…) On veut mettre en valeur la vie des gens à travers leur parole, à leurs yeux et aux yeux des autres. Car écrire, c’est exister« , conclut Chantal Dubois.

Marie Meunier

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