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BAGNOLS/CÈZE Guillaume Faburel présent ce samedi : « L’urbanisme régit l’entièreté de nos vies »

Guillaume Faburel est professeur à l'université Lumière Lyon 2, et aussi enseignant à Sciences Po Lyon, Rennes et Paris. (DR)
Guillaume Faburel est professeur à l’université Lumière Lyon 2, et aussi enseignant à Sciences Po Lyon, Rennes et Paris. (DR)

Ce samedi 24 septembre, Guillaume Faburel sera à Bagnols-sur-Cèze sur l’invitation de Bagnols insoumise et de l’Union populaire. Cet enseignant-chercheur, géographe et politiste a vécu cinq ans dans le Gard, à Sommières. Il étudie depuis une trentaine d’années le lien entre ville et environnement ainsi que le devenir de l’urbain de nos vies face à la crise écologique. Entre académie et militantisme, il expliquera sa vision assez radicale de la ville de demain.

Objectif Gard : Samedi, lors de votre venue, vous allez faire une visite « critique » de Bagnols-sur-Cèze. En quoi cette ville est intéressante, selon vous ?

Guillaume Faburel : Ce qui m’intéresse beaucoup, c’est la question de l’urbanisme dans les villes de moindre taille que les métropoles. Il y a un désir romantisé de beaucoup de personnes de changer de vie et d’habiter dans des lieux moins densément peuplés. Est-ce que cela découle de la pandémie ? Cela pose une question d’urbanisation, des choix qui sont faits. Bagnols-sur-Cèze me semble être dans cette strate là et à la croisée des chemins.

Vous allez aussi donner une conférence, de quoi parlerez-vous ?

Des choix d’urbanisme, notamment à Bagnols et dans son territoire d’appartenance. C’est ce qui régit l’entièreté de nos vies et structure nos gestes quotidiens : les équipements, les services, le commerce, le logement, l’environnement… Il va aussi falloir créer des liens entre les territoires pour retrouver de la résilience face aux dérèglements multiples annoncés. On va parler des enjeux qui ne sont pas toujours saisis et de prospections.

Justement à Bagnols, d’importants changements ont lieu : les prochaines démolitions-reconstructions dans le cadre du NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain, ndlr), la réouverture de la ligne de TER reliant la ville à Avignon et Nîmes… Dans votre livre « Les Métropoles barbares », vous parlez du phénomène « d’accélération » des métropoles, est-ce que c’est un phénomène qui s’étend aussi aux villes moyennes ?

Complètement. On a un phénomène de métropolisation du monde. Beaucoup d’élus à plus petite échelle vont utiliser les mêmes recettes avec de grands travaux pour la desserte, l’accessibilité, le divertissement… On retrouve les mêmes mobiliers urbains, les mêmes enseignes et une homogénéisation est en train de s’opérer.

En même temps, ce sont des éléments essentiels pour rendre la ville attractive, qui améliorent la vie des habitants et qui donnent envie de s’y installer…

C’est là où la discussion risque d’être intéressante samedi. Il y a quand même un certain nombre de choses que l’on va devoir reconsidérer. Nos régimes d’attractivité et de divertissement exercent une pression environnementale qui est dramatique. Dans mon prochain livre, je pose la question de la décroissance. Je pose la question entre l’attractivité urbaine et la nécessité de resserrer l’encours de nos besoins : se déplacer moins, manger différemment, construire avec d’autres matériaux etc. (…) Et les villes qui sont le plus vertueuses en la matière, qui n’incitent pas toujours à la sur-stimulation et au nomadisme, ce sont celles de taille un peu plus restreintes. À condition que les élus ne soient pas dans un ancien modèle.

Selon vous, quelle est la ville idéale de demain et la bonne échelle pour la penser ?

Elle sera ce que les sociétés auront l’envie et le pouvoir de faire. Mais toutes les données concourent à dire qu’il ne faudrait pas dépasser 30 000 habitants dans nos contrées et nos systèmes de ressources. Cela permettrait de retrouver un peu d’autonomie, un peu de souveraineté sur les besoins premiers. Il faut retrouver une taille humaine. C’est à cette échelle qu’on a les modes de vie les plus adaptés aux mutations dans lesquelles nous sommes embarqués. Il faut décentraliser et relocaliser.

C’est une vision assez radicale par rapport aux réalités actuelles…

Quand je disais ça il y a 5 ans, je passais pour un illuminé. Il y a 2 ans, ça passait pour un excès de radicalité. Mais j’appuie ma réflexion sur de nombreuses sources et données. Mais les données climatiques commencent à alerter. Les feux de forêt ou la sécheresse accélèrent les prises de conscience.

Propos recueillis par Marie Meunier

Vous pourrez rencontrer Guillaume Faburel ce samedi 24 septembre, à partir de 10h, à la librairie Occitane. Il dédicacera ses livres « Métropoles barbares » et « En finir avec les grandes villes ». À 17h, il donnera une conférence-débat intitulée « Pour une urbanisation de rupture » dans la salle A du centre culturel Flora-Tristan.

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