Publié il y a 2 ans - Mise à jour le 25.04.2022 - abdel-samari - 3 min  - vu 1621 fois

EXPRESSO Affaire de la Senim : "C'est la première réelle fracture au sein de la majorité municipale"

Après sa prise de parole devant les agents de Nîmes métropole mardi dernier, Franck Proust, le président de l'Agglo a pris le temps d'un échange avec l'ensemble des élus de la majorité de la ville de Nîmes. Un moment fort en émotion mais qui a permis aussi de se dire les choses.

Il y a quelques jours, devant la cour d'appel de Nîmes, Franck Proust est resté stoïque face à la sentence du tribunal : 15 000 euros d'amende, 12 mois de prison avec sursis mais surtout 5 ans d'inéligibilité. Une décision lourde qui fait suite à l'affaire dite de la Senim, vieille de 20 ans, qui condamne l'homme politique pour trafic d'influence et des pratiques illégales d'entente avec notamment un promoteur immobilier.

Après avoir accusé le coup, le président de Nîmes métropole a pris plusieurs décisions. D'abord, présumé innocent, il restera à son poste jusqu'à la décision de la Cour de cassation. Puis, il a choisi une prise de parole non publique en privilégiant les agents de la collectivité dans un premier temps puis les élus de la majorité à la Ville de Nîmes.

C'est jeudi dernier que ce dernier rendez-vous a été fixé à 18 heures 30. De retour de Paris, il n'a pas assisté tout au long de la journée, aux échanges et au bal des élus qui pour certains espéraient de sa part un retrait. Finalement, au moment de prendre la parole, Franck Proust n'a eu que très peu de contestation sur sa décision de se maintenir à la tête de l'Agglomération Nîmoise. Deux élus se sont toutefois distingués selon nos informations : Sophie Roulle, l'adjointe au maire de Nîmes en charge de la Culture, et Pascal Gourdel, en charge des Finances. Sans vindicte particulière, ils ont simplement voulu clarifier devant tout le monde la situation.

"Sophie Roulle n'est pas passée par quatre chemins et a demandé clairement à Franck Proust s'il avait l'intention de rester en place", nous indique un élu présent à la réunion mais qui a souhaité garder l'anonymat. "Pascal Gourdel a simplement soulevé de son côté la question des répercutions politiques pour la majorité et le regard des habitants de Nîmes mais sans le condamner, par ailleurs."

Le président de Nîmes Métropole a pris le temps, toujours selon nos informations, de répondre aux deux élus "en rappelant qu'il avait le soutien du maire de Nîmes pour rester en fonction et que dans ces conditions, il n'y avait, selon lui, aucune raison de démissionner".

La fin de l'échange entre élus s'est faite sous les applaudissements après que Julien Plantier, le premier adjoint de Nîmes a fait savoir que lui aussi soutenait l'homme. Sans dire s'il soutenait aussi le politique... "Julien Plantier a fait monter au créneau Sophie Roulle sans assumer directement sa position, c'est dommage", indique une source de la Ville un peu désabusée. Un scénario corroboré par un membre du cabinet de Franck Proust qui voit "dans cette manœuvre du premier adjoint un échec sur toute la ligne. D'abord vis-à-vis de Sophie Roulle qui espérait de sa part un réel soutien et du côté de Nîmes métropole où tant que Franck Proust sera en place, il y a de grandes chances que les relations soient désormais impossible".

"C'est la première réelle fracture au sein de la majorité municipale", indique pour sa part une autre élue qui n'a pas souhaité s'exprimer publiquement. "C'est dommage car nous sommes une équipe et dans l'épreuve, on doit se serrer les coudes." Sauf que Julien Plantier ne veut probablement pas assumer des pratiques anciennes qui pourraient lui être reproché au moment de s'avancer devant les Nîmois en 2026 pour leur proposer une autre façon de faire de la politique...

Abdel Samari

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