Publié il y a 1 h - Mise à jour le 23.02.2026 - Thierry Allard - 4 min  - vu 61 fois

FAIT DU SOIR L’appellation Lirac, du savoir-faire au faire savoir

L'appellation Lirac en a "marre de se planquer", affirme son président Grégory Sergent

- Thierry Allard

C’est un cru méconnu, notamment localement, qui veut désormais s’affirmer : l’appellation Lirac, qui s’étend sur Lirac, Roquemaure, Saint-Laurent-des-Arbres et Saint-Geniès-de-Comolas, s’engage dans une stratégie de promotion qui passe notamment par la reconduction de son Salon des vins.

« Je n’aime pas dire que l’appellation souffre d’un manque de notoriété, mais nous sommes dans l’ombre de nos grands voisins », pose le président de l’appellation Lirac, le vigneron Grégory Sergent. Des voisins que sont Châteauneuf-du-Pape, sur l’autre rive du Rhône, Tavel pour le rosé et Laudun pour le blanc. Et pourtant, Lirac est un cru dans les trois couleurs depuis 1947, et est le berceau des Côtes-du-Rhône, dont les premiers tonneaux partaient du port de Roquemaure, notamment pour les tables des rois de France. « L’appellation a traversé une phase d’adolescence qui a duré bien longtemps, euphémise Grégory Sergent. Aujourd’hui, elle est dans une métamorphose pour devenir plus adulte, en étant fière de nos convictions, de ce que nous sommes. »

Et de ses atouts : nichée sur un terroir de galets roulés, de calcaires et de sables, elle bénéficie sur toute son aire d’appellation de sous-sols sableux, dont « la proportion argileuse n’est pas la même que sur la rive gauche », affirme le président de l’appellation. Résultat : « Chez nous les structures tanniques sont plus souples, nous produisons des vins fins, qui ont toujours de la fraîcheur », poursuit-il, louant la capillarité permise par les sables, précieuse pour faire remonter l’eau lors des périodes sèches.

Une fraîcheur recherchée par les consommateurs désormais friands de vins plus faciles à boire, qu’on retrouve aussi dans les « 2 500 hectares de bois qui ceinturent l’appellation et une exposition favorable, qui fait que l’été, nous avons 0,5 à 1°C d’écart avec la rive gauche, et un processus de maturité beaucoup plus lent », développe-t-il. Pas négligeable à l’heure du réchauffement climatique.

Et près de 50 % des quelque 1 000 hectares de cette petite appellation sont « certifiés en agriculture bio, ce qui fait de nous le cru de la vallée du Rhône sud avec la plus grosse proportion de bio, et nous avons des exploitants certifiés Haute valeur environnementale ou en conversion », rajoute Grégory Sergent. Une appellation qui bénéficie aussi d’une jolie proportion de blancs dans sa production, 15 %, un point fort tant la baisse de la consommation touche surtout les rouges.

« Nous avons toutes les cartes en main pour être l’appellation de demain »

Une singularité et des atouts dont l’appellation compte désormais profiter à plein. « Avant, nous étions un cru sobre et discret, mais nous en avons marre de nous planquer », affirme le président. Alors l’appellation s’est trouvé un slogan, « le cru grandeur nature », et lancé une stratégie visant à toucher un nouveau public, plus jeune et en recherche de vins plus frais et plus vertueux, notamment en passant par ls réseaux sociaux et des visuels ad hoc. « Être un cru dans l’air du temps, proposer des vins avec une approche différente », déploie le président de l’appellation.

Une approche plus axée sur la qualité que sur la quantité : « Nous produisons de 18 000 à 30 000 hectolitres par an, aujourd’hui nous sommes plus proches des 22 000, 23 000 hectolitres par an en moyenne, et sur 2025, nous avons 18 200 hectolitres revendiqués, présente-t-il. C’est le reflet des contraintes climatiques et de notre volonté de ne pas produire à tout prix, mais le mieux possible. »

Moins mais mieux, aussi sur la commercialisation : alors que le vrac n’en finit pas de dévisser, Lirac vend à 80 % sa production en bouteilles, là où nombre d’appellations de la vallée du Rhône sont plutôt sur un ratio 50/50 entre la bouteille et le vrac. À cette particularité s’ajoute une part de l’export plus grande et plus ancienne que la moyenne : « Il y a vingt ans, 70 % de la production partait à l’export, aujourd’hui c’est 46 %, pose Grégory Sergent. Il y a une instabilité sur l’export, notamment du fait des droits de douane des États-Unis. »

Alors Lirac veut investir plus le marché national, et local où « on repart de zéro », affirme le président de l’appellation. Avec, en plus des caractéristiques de ses vins recherchées par les clients, un atout maître : les prix. Bien que cru, Lirac reste abordable, avec un prix moyen de 13 euros. À comparer avec les Châteauneuf-du-Pape voisins... « Le prix est un atout dans ce contexte », reconnaît Grégory Sergent, qui estime que « nous avons toutes les cartes en main pour être l’appellation de demain. »

« Toucher les publics »

Bref, la mère de toutes les batailles est donc la notoriété. Alors, en partant du constat que « les gens, quand ils goûtent les Lirac, ils les aiment, tout colle, nous n’avons plus qu’à les faire goûter », affirme Catherine Nilly, du domaine d’Aqueria à Tavel et Roquemaure, l’appellation mène avec son Salon des vins, qui se tiendra le samedi 21 mars à la Maison Bronzini de Villeneuve, une stratégie d’« aller vers ». « Ce salon est fait pour toucher les publics, reprend-elle. C’est un travail de fourmi, mais tous les vignerons de l’appellation vont dans ce sens. »

Une trentaine de producteurs seront présents, « avec des dégustations libres, présente Laura Mercier, responsable de la communication de l’appellation. Nous allons aussi proposer quatre ateliers, notamment d’accords mets et vins ou un atelier des sens, accessible aux familles, où nous ferons sentir les arômes aux enfants et aux parents. » Des ateliers animés par le sommelier reconnu Kelly McAuliffe.

Le salon se tiendra le 21 mars de 10h à 19h chez Maison Bronzini, entrée 5 euros avec un verre gravé, ateliers entre 15 et 20 euros. Billetterie ici.

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Thierry Allard

Actualités

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio