Le 15 mars, les électeurs de la droite et du centre auront, à Nîmes, deux choix : Franck Proust, candidat LR-Horizons-UDI, et Julien Plantier, ex-LR et jadis, premier adjoint de Jean-Paul Fournier (2020-2025). Après 25 ans de règne du maire sortant, la droite s’est fracturée. « Le péché originel, c’est le maire qui le porte… Il aurait dû forcer les deux candidats à trouver un accord. Il en avait les moyens », pense l’une de nos sources, proche de Julien Plantier. Ce dernier porte d’ailleurs un regard critique sur le qualificatif de « diviseur », de « traître » qu’estampille Franck Proust sur le front de son rival : « Nous ne sommes pas du tout dans le même scénario que 1995 avec Jean Bousquet et Camille Lapierre, puisque Bousquet avait la légitimité du maire sortant. »
Depuis plus d’un an, la division Plantier/Proust a laissé des traces, des cicatrices, presque indélébiles. En janvier 2025, lors des vœux de la fédération, Franck Proust, alors secrétaire départemental, n’avait pas ménagé son jeune rival : « La famille, on ne va pas la chercher quand on en a besoin pour la laisser dans des moments difficiles » ou encore, sur l’héritage de Jean-Paul Fournier qui « mérite autre chose que de la précipitation ». Attaqué, Julien Plantier a subtilement riposté en rappelant le statut de « grand-père » de Franck Proust, 62 ans, et les « pratiques politiques » à revoir. En la matière, l’ex-adjointe Sophie Roulle n’a pas mâché ses mots : « Julien Plantier, c’est une politique pour l’intérêt général (…) C’est peut-être ce qui a manqué… »
Les électeurs de L'avenir nîmois tournés vers Vincent Bouget
Au plus la campagne a avancé, au plus les deux hommes s’échangeaient, périodiquement, des amabilités. Finalement en janvier, Julien Plantier, 40 ans, dont 18 années biberonné à la méthode Fournier, a marqué un tournant dans sa vie politique. Poussé par plusieurs ex-adjoints, affectés d’avoir été évincés de la majorité municipale, le jeune loup s’allie à la candidate centriste et patronne de Renaissance Valérie Rouverand. Élargie, l’équipe L’Avenir nîmois regroupe aujourd’hui des électeurs d’Emmanuel Macron, parfois issus des rangs de la gauche, pas très fans du discours droitier du président LR, Bruno Retailleau. Enfin, il y a les anciens membres de l’équipe d’Yvan Lachaud, président de Nîmes Métropole (2014-2020) et candidat malheureux aux municipales 2020, qui cultivent une haine immarcescible envers Franck Proust.
Alors, si les sondages donnent perdante la droite divisée, sa réunification aujourd’hui pourrait-elle changer la donne ? Ce dimanche, dans les colonnes d’Objectif Gard, Jean-Paul Fournier explique que « sa porte est ouverte » pour Julien Plantier. Pas sûr que cet appel soit très efficace… Selon notre sondage Opinion Way, dans l’hypothèse où Julien Plantier n’est pas au second tour, ses électeurs sont près de 40 % à se reporter sur le candidat communiste Vincent Bouget, 24 % à ne pas exprimer d’intention de vote et seulement 18 % à se reporter sur Franck Proust.
« Si Plantier se désiste au second tour, il est mort »
« Depuis 2017 Jean-Paul Fournier a viré tous les centristes… Ces gens-là ne voteront jamais Franck Proust ! », commente de l’ancien président de Nîmes métropole. Enfin, si en octobre, Julien Plantier et Franck Proust avaient annoncé qu’au premier tour, le candidat arrivé deuxième se désisterait au second tour, Julien Plantier semble avoir révisé sa position. « Il ne va pas se retirer. S’il fait ça, il est mort politiquement… », poursuit notre source. Quant au risque de passer pour un paria, un élu se souvient : « En 2001, Camille Lapierre qui a pourtant fait perdre Bousquet était tous les soirs dans le bureau de Jean-Paul Fournier. Qui lui en a voulu ? Personne ! C’est même le contraire : Camille Lapierre a imposé sa femme et cinq élus sur la liste de Fournier. Dire que Julien Plantier est un traître, c’est du baratin. »