Publié il y a 2 ans - Mise à jour le 15.08.2021 - coralie-mollaret - 3 min  - vu 1510 fois

FAIT DU JOUR Aude Delsaut, son bras de fer avec la vie

Aude Delsaut, championne de France de bras de fer sportif avec son marteau d'acier (Photo : Sacha Virga)

Boulangère à la Grand’Combe, Aude Delsaut vient d’être sacrée championne de France de bras de fer sportif. Une « revanche sur la vie » confie la Gardoise qui a fait des moqueries de son enfance une véritable force. 

Qui peut imaginer que derrière cette discrète brune aux yeux bleus, se cache une championne de France ? À 33 ans, Aude Delsaut vient de remporter le championnat de bras de fer sportif. C’était fin juillet, près de Nice. Un sacre alors que la feriste évolue depuis peu dans la discipline. Maman d’un petit garçon, Aude vit dans le paisible village de Saint-Florent-sur-Auzonnet, à quelques encablures d’Alès. 

D’origine belge, la jeune femme a suivi ses parents en 1998 qui souhaitaient déménager dans le Gard. « Nous avons l’amour de cette région et des vieilles pierres », lance-t-elle, le regard admiratif sur son mas. Boulangère à la Grand’Combe, Aude et son mari Mickaël se lèvent tous les matins à 1 heure. Comme pour sa maison, la boulangerie est une passion : « la baguette, c’est la l’identité française. Elle doit regrouper tout le savoir-faire du boulanger ! » 

Un début sur les chapeaux de roues

Son métier, Aude le tient de son père qui le tenait lui-même du sien. Une vraie histoire de famille. Celle qui l’est moins en revanche, c’est son amour des sports de force, transmis par son compagnon, adepte du « strongman ». Un sport dans lequel ses pratiquants doivent réaliser des exploits : tirer un camion, soulever des pierres d’atlas, réaliser des soulevés de terres avec des pneus… « Dehors nous avons un gigantesque pneu de 160 kilos. Parfois je le retourne pour m’entraîner ! », confie la sportive.  

Il y a trois ans, son entrée dans l’univers des feristes a été assez exceptionnelle. Lors de l’Open des Cévennes, « j’ai battu la championne de France en titre seulement après deux mois et demi de pratique ». Un exploit ! « J’ai été très surprise et ravie », se rappelle-telle, « on m’ait dit que j’avais du potentiel… Mais là ! Depuis petite, on me dit que j’ai beaucoup de force. Je n’avais jamais pensé à m’en servir dans ce sport  », déclare Aude. 

Reste que le bras de fer n’est pas qu’une question de muscle. La discipline demande aussi technique, souplesse et rapidité : « je m’entraîne quatre à cinq fois par semaine. Mes séances durent une heure et demie », explique la sportive. Aude s’entraîne également sur une table homologuée, des séances appelées  « sparing » : « on a différents axes à travailler, les séances doivent être entrecoupées de 24 à 48 heures de repos pour permettre une bonne récupération afin d’éviter les tendinites, fréquentes dans cette pratique ». 

Une victoire dédiée à son papa

Début 2020, le bras de fer a été reconnu par le ministère des sports et intègre la Fédération française de force. Boulangère, maman et sportive, Aude vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc en créant son propre club : Spart’Alès Armwrestling. Ce dimanche 15 août, l’athlète sortira sa table sur la place de Saint-Florent-sur-Auzonnet pour faire une démonstration. Le reste de l’année, le couple travaille à l’organisation d’évènements comme des « Vendetta », des bras de fer en cinq rounds. 

Cette aventure, « c’est une victoire sur moi-même », confie Aude, « j’ai toujours été quelqu’un de bien en chair, j’ai subi des moqueries dans ma jeunesse. À force que les gens vous rabaissent, vous finissez par vous rabaisser vous-même. Cette victoire est donc une revanche : ce n’est pas parce qu’on est costaud ou en surpoids que l’on ne peut pas faire un sport et se donner à 100% ! ». Aujourd’hui, la Gardoise semble avoir gagné son bras de fer avec la vie. Sa victoire, Aude la dédie à son papa, décédé il y a deux mois.

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com 

Coralie Mollaret

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