Publié il y a 1 h - Mise à jour le 22.06.2026 - Erwan Robert - 3 min  - vu 96 fois

FAIT DU SOIR Orano Tricastin : Georges Besse 2 étendue pour produire plus d'uranium enrichi

Orano Tricastin usine Georges Besse 2

Georges Besse 2 possèdera quatre modules d'enrichissement d'uranium supplémentaire. 

- Erwan Robert

L'usine d'enrichissement d'uranium Georges Besse 2 est en pleine extension. Orano a décidé d'investir pour mieux approvisionner ses clients occidentaux et d'ailleurs. Ses capacités augmenteront de plus de 30 %, soit 2,5 millions d'Unité de Travail de Séparation. La première production est prévue en 2028. 

Georges Besse 2 évolue pour mieux répondre à la demande. Transformer et enrichir l'uranium, c'est la spécialité d'Orano Tricastin. Implantée depuis plus de 60 ans dans les départements de la Drome et du Vaucluse, le site nucléaire basé à Pierrelatte, continue sa croissance. Parmi les installations du site de 650 hectares, l'usine Georges Besse 2 est en phase d'extension. Une nouvelle étape décisive pour les acteurs du projet, chiffré à 1,7 milliard d'euros. L'objectif fixé : atteindre la capacité de production maximale, soit 30 % supplémentaire. Le chantier en cours repose sur plusieurs étapes. 

Usine Georges Besse 2
Maquette de l'extention de l'usine d'enrichissement d'uranium.  • E.R

Après l'obtention du permis de construire en juin 2024, l'extension de Georges Besse 2 permettra à l'usine de rentrer bientôt dans une nouvelle ère. Les travaux d'extension en cours consistent à construire quatre modules d'enrichissement d'uranium. Ceux-ci seront complémentaires avec les 14 autres modules déjà conçus, situés dans le prolongement du bâtiment existant de l'usine Georges Besse 2 Nord. Ce chantier repose sur une main-d’œuvre importante : 300 à 500 personnes qualifiées, avec des pics prévus à plus de 1000 salariés, se relèveront les manches. Environ 180 entreprises, la plupart françaises, sont aussi mobilisées.

Usine Georges Besse 2
Les travaux d'extension sont en cours.  • E.R

La centrifugation : technique fiable et rentable

Cette installation d'enrichissement d'uranium utilise le procédé de centrifugation. C'est-à-dire : faire tourner à très haute vitesse un bol cylindrique dans lequel est introduit l'élément naturel à enrichir sous forme gazeuse. « Ce procédé industriel offre les meilleures garanties en termes de compétitivité, d'économie d'énergie, de fiabilité technique », prévient-on dans le communiqué transmis, pour accentuer sur la productivité bénéfique pour le secteur industriel. Un chiffre le prouve : 99 % : c'est le taux de rendement enregistré, au sein de cette usine d'enrichissement. 

De quoi prendre une longueur d'avance sur ses trois concurrents, Urenco (Canada) Rosatom (Russie) et CNNC (Chine). À savoir qu'Orano possède 12 % de capacité de production à l'échelle mondiale. L'enrichisseur russe représente en moyenne 30 % des approvisionnements sur le marché occidental, ce qui pousse le site nucléaire d'Orano à trouver la parade, pour réduire l'écart, afin de rester une référence durable, dans le domaine énergétique. Le contexte géopolitique pourrait profiter à Orano : certains électriciens nucléaires de l'Occident cherchent à devenir moins dépendants de la Russie. En augmentation ses capacités d'enrichissement de son élément chimique phare, le site industriel renforce la souveraineté occidentale.

Usine Georges Besse 2
Des tests sismiques sont souvent réalisés.  • E.R
 
Usine Georges Besse 2
Un appareil sous haute tension. • E.R

Pour continuer à servir de modèle, dans son domaine de prédilection, les têtes pensantes d'Orano garde une idée au chaud : construire une usine d'enrichissement aux États-Unis. Où précisément ? À Oak Ridge, dans l'état du Tennesse. Pourquoi ? Pour répondre aux besoins des clients producteurs d'énergie américains.

Pascal Turbiault : « Les besoins en énergie vont augmenter »

« Les États-Unis se sont rendus comptes qu'ils s'étaient fait distancer, car ils n'avaient plus d'infrastructures. On a été retenu à la suite d’un appel d'offres. Une subvention permettra de construire sur le sol américain. Dans la logique, c'est de répondre aux besoins de notre clients américains », explique Pascal Turbiault, le directeur du site Orano Tricastin.

L'adaptation est le maître-mot pour être plus productif : « Les besoins en énergie vont augmenter. À l'horizon 2050, ils vont doubler voire selon certaines simulations tripler. L'enjeu de décarbonation est énorme. Si on ne fait rien, nous sommes sûrs de perdre des parts de marché. Nous faisons un investissement à partir du moment où nous avons des parts de marché garanties ».

Usine Georges Besse 2
Pascal Turbiault et Christophe Mei ont mené la visite guidée de l'usine Georges Besse 2. • E.R

La première production progressive, du plus grand complexe d'enrichissement en Europe, est prévue en 2028. Une mise en service complète est fixée en 2030. L'unarium enrichi sur le site d'Orano Tricastin a un effet positif : 90 millions de foyers sont alimentés par an en énergie bas-caborne. 

L'extension de Georges Besse 2 en chiffres

Le chantier de construction c'est : 

  • 30 000 m3 de béton armé 
  • 1400 tonnes de charpente 
  • 60 km de tuyauterie en acier et en alluminium
  • 800 km de câbles 
  • Orano Chimie-Enrichissement = 1/4 du chiffre d'affaire d'Orano
  • Plus de 60 % de l'activité Chimie-Enrichissement d'Orano est à l'export
  • - 96 % de la consommation énergétique
  • - 80 % d'émissions de gaz à effet de serre depuis 2004 

Ce qui a déjà été fait : 95 % du béton a été coulé. 50 % des charpentes en acier ont été montées sur les 1400 tonnes. 

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Erwan Robert

A la une

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio