L'avenir de l'École de musique de Lunel s'invite dans le débat public. Sollicité par notre journal, la Ville a confirmé les difficultés financières rencontrées par l'association, tout en réaffirmant son soutien à la structure. Quelques heures plus tôt, l'élu d'opposition Anthony Belin a lui aussi pris position, appelant à une mobilisation collective pour garantir la pérennité de l'établissement.
Selon la municipalité, l'examen des demandes de subventions pour 2026 a mis en évidence une situation budgétaire préoccupante. Après un déficit de 9 000 euros en 2024, l'association aurait enregistré un déficit de 26 000 euros en 2025. Les échanges entre la Ville et les responsables de l'École de musique auraient également révélé un endettement cumulé estimé à environ 100 000 euros.
Pour Patrick Cirou, adjoint au maire délégué à la vie associative, il ne s'agit pas de mettre en cause les dirigeants de l'association. « Je ne blâme pas les responsables de l'association. Ce sont des bénévoles passionnés et engagés pour cette école », assure l'élu, qui estime toutefois que l'augmentation des charges salariales a progressivement fragilisé l'équilibre financier de la structure. La Ville rappelle que l'École de musique bénéficie chaque année d'environ 160 000 euros de financements publics et juge nécessaire d'engager une réflexion sur son avenir avant la signature d'une nouvelle convention pluriannuelle.
Dans cette optique, la municipalité propose l'organisation rapide d'une table ronde réunissant l'association et les différents partenaires concernés afin d'identifier des solutions à court et long terme. « La Ville sera là pour accompagner l'École de musique à construire son projet d'avenir », affirme Patrick Cirou.
Anthony Belin appelle également au dialogue
De son côté, Anthony Belin estime que les difficultés de l'École de musique ne doivent « ni être minimisées ni être instrumentalisées ». L'élu d'opposition rappelle le rôle historique de cette structure qui accueille aujourd'hui quelque 240 adhérents, enfants et adultes confondus. « À l'heure où certains cherchent déjà des responsables, je considère qu'il est plus utile de chercher des solutions », écrit-il. Comme la municipalité, il plaide pour la tenue d'une table ronde associant l'ensemble des acteurs concernés : la Ville de Lunel, l'Agglomération du Pays de Lunel, le bureau de l'association et les partenaires institutionnels. Selon lui, l'objectif est clair : « trouver un modèle pérenne, un fonctionnement sain, un budget à l'équilibre et garantir la continuité de l'enseignement musical ». Anthony Belin indique par ailleurs que le président de l'Agglomération aurait déjà donné son accord de principe pour participer à cette démarche, sous réserve de la participation de la Ville.
Au-delà des débats financiers, les deux camps s'accordent sur un point : la nécessité de préserver une structure qui occupe une place importante dans la vie culturelle lunelloise depuis près de quarante ans. Alors que la convention triennale liant l'association à la collectivité doit arriver à échéance fin 2026, les prochains mois s'annoncent décisifs pour définir le futur modèle économique de l'École de musique. Reste désormais à savoir sous quelle forme et à quelle échéance les différents acteurs accepteront de se retrouver autour d'une même table pour dessiner l'avenir de l'établissement.