Il était 10h23 ce matin lorsque les applaudissements ont retenti dans la salle des Assemblées de l’ATOME à Alès. Christophe Rivenq a alors été officiellement élu maire de la ville pour six ans par le conseil municipal. Une assemblée où 43 élus étaient présents, dont 34 issus de la liste « Alès » gagnante des dernières élections municipales avec 55,54 %, complétés par les 9 élus de l’opposition de la liste « Rassemblés pour Alès », qui avait obtenu 44,46 %.
Max Roustan passe le relais non sans émotion
La séance, dirigée par le doyen du conseil, était, ironie du sort, l’ancien maire Max Roustan. Celui-ci a d’abord pris la parole pour évoquer les élections passées et la confiance placée en Christophe Rivenq, qui ne l’a pas déçu après ce scrutin.
Dans son discours, l’ancien maire, qui aura régné 30 ans sur la ville, a remercié en premier lieu ses électeurs et électrices pour leur confiance, sans oublier de féliciter les élus ayant contribué à cette élection. « Je suis enfin très heureux que la décision que j’ai prise il y a déjà quelque temps aujourd’hui se concrétise. Les Alésiens nous ont fait confiance », a souligné Max Roustan, avant d’évoquer le déroulement de la campagne.
« Je voulais également dire deux mots sur l’élection. J’en ai fait bien sûr, mais celle-là a dépassé l’entendement. Jamais je n’ai vécu autant de haine, ce qui est quand même terrible lorsqu’on habite dans une même ville. Moi je dis, il faut qu’ils se cassent ces gens là, faut pas qu’ils restent à Alès. […] On peut faire une campagne sans salir sa ville. J’ai vraiment très mal vécu ça. » Un coup de gueule suivi par la mise en place du vote à bulletin secret pour l’élection du maire.
Une élection sans surprise
Les élus ont alors voté : 34 voix pour Christophe Rivenq, contre 9 pour Anthony Bordarier. Une large victoire pour le nouveau maire. Christophe Rivenq a ensuite prononcé son premier discours officiel en tant que maire, devant une assemblée acquise à sa cause. Il a remercié les élus présents, parmi lesquels le sénateur Laurent Burgoa, le député Pierre Meurin, ou encore Jean-Luc Gibelin, représentant Carole Delga.
Il a également salué les maires présents et les élus de son groupe majoritaire, avec un hommage appuyé à Max Roustan : « Il avait démissionné l’an dernier pour me laisser sa place […] Je tiens à souligner sa parole, celle d’un homme politique et d’un homme d’honneur. Max Roustan est et restera pendant des décennies le plus grand maire qu’Alès ait connu. »
Le nouveau premier édile a aussi eu une pensée pour ceux « qui nous ont quittés durant ce mandat », ainsi que pour les services municipaux. Ému, il a adressé un message à sa famille, notamment à son épouse Nathalie, « à mes côtés depuis notre arrivée à Alès en 1992 », ainsi qu’à ses enfants, plaisantant sur le fait que son « troisième enfant » a toujours été « la ville d’Alès ».
Une campagne municipale au cœur des échanges
Le maire est revenu sur la campagne municipale, remerciant les électeurs qui lui ont fait confiance, mais aussi tous les votants, quel que soit leur choix. Il a salué les listes retirées, comme Alès Commun (Basile Imbert), Alès c’est vous ! (Paul Planque) ou encore Alès Moderne et Authentique (Marc Infantès), affirmant vouloir prendre en compte leurs propositions.
L’ancien chef de cabinet a également évoqué le contexte international : « Cette élection municipale s’est déroulée dans un climat international catastrophique et un climat national angoissant. » Il a insisté sur la nécessité de répondre aux attentes de la population, tout en critiquant certains élus nationaux qu’il juge « totalement déconnectés de la réalité ».
Sécurité, identité et attachement au territoire
Christophe Rivenq a répondu aux critiques reçues pendant la campagne, notamment sur les questions de sécurité et de santé. Il a aussi tenu à rappeler son attachement au territoire :
« Pour moi, Alès est la plus belle ville du monde. Je suis Cévenol de racines, originaire de Saint-Hippolyte-du-Fort. »
Il a annoncé la venue prochaine du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, à Alès, et a conclu sur l’importance du centre-ville : « Il ne se meurt pas », appelant chacun à contribuer à sa vitalité par ses habitudes d’achat.
Une opposition qui se veut « constructive »
Du côté de l’opposition, Anthony Bordarier, chef de file de la liste « Rassemblés pour Alès », a pris la parole. Le représentant du Rassemblement national a tenu à préciser la ligne de son groupe :
« Nous ne serons pas une opposition systématique ni une opposition de principe. Nous ne serons pas non plus une opposition silencieuse. Nous serons une opposition exigeante, vigilante et constructive. »
L'équipe municipale de la continuité
La séance s’est poursuivie avec l’élection des adjoints : 34 voix pour et 9 votes blancs. Une équipe quasi inchangée par rapport au précédent mandat, avec toutefois quelques nouveautés, comme l’arrivée de Léa Boyer et de Christophe Clauzel.
Liste des adjoints :
1er adjoint Max Roustan
2e Martine Magne
3e Alain Bensakoun
4e Catherine Larguier
5e Christian Chambon
6e Léa Boyer
7e Pierre Martin
8e Michèle Veyret
9e Alain Aureche
10e Marie-Claude Albaladejo
11e Christophe Clauzel
12e Raphaële Navarro
Une matinée institutionnelle bien remplie
Le conseil s’est poursuivi avec la lecture de la charte de l’élu local par Christophe Rivenq, puis la désignation de 16 administrateurs pour le Centre communal d’action sociale.
Le maire a également annoncé l’inscription au budget de crédits pour former son cabinet, avec un maximum de trois collaborateurs. La séance s’est conclue par la création de dix commissions municipales permanentes, votées à l’unanimité. La matinée s’est enfin achevée par un défilé et un dépôt de gerbe au monument aux morts de la ville.