Depuis plusieurs semaines, ce sont vingt jeunes adultes inscrits à la Mission locale d'Alès qui suivent un parcours de deux à trois mois, axé sur la découverte des métiers du sport. « L’idée est de leur donner l’opportunité de se projeter dans une carrière, bien au-delà de la simple pratique sportive, explique Cyril Laurent, président de la MLJ Alès-Pays Cévennes. Historiquement, nous avions lancé ce type de formation pour accompagner des candidats à des postes culturels, comme Alès, capitale nationale de la Culture. Puis nous avons décliné le concept pour d’autres secteurs, et cette année, c’est le sport qui est à l’honneur. »
À la rencontre des acteurs du club
Avec le soutien de l’Olympique Alès en Cévennes et de Carine Milhe, dirigeante au club depuis plus de dix ans, les participants explorent des métiers aussi variés que celui de préparateur sportif, responsable d’infrastructures, journaliste sportif ou gestionnaire de club. « Nous ne nous limitons pas au football, insiste Cyril Laurent. L’objectif est de leur montrer que les compétences acquises ici – comme l’hygiène de vie ou la gestion de projet – sont transférables à d’autres sports. »
Ce mardi matin, les apprentis ont assisté à une séance d’entraînement de l’OAC, observée depuis les tribunes. « Nous voulions qu’ils voient concrètement ce qui se passe sur le terrain, précise Cyril Laurent. Mais nous sommes conscients qu’il faut aller plus loin : désormais, nous les mettrons davantage en situation, avec des ateliers pratiques d’entraînement, qu'ils soient plus proactifs et pas seulement dans l'observation. » L’après-midi, ils ont pu échanger avec quatre joueurs, le coach Jean-Marie Pasqualetti et son staff technique, à propos des méthodes employées, de la finalité des exercices, des stratégies de jeu ou encore des qualités recherchées chez un préparateur sportif.
L’OAC comme terrain de jeu et d’apprentissage
Pour Carine Milhe, ce partenariat avec l’OAC est une évidence. « Mon rôle consiste à identifier les besoins du territoire et à proposer des solutions concrètes. Quand j’ai évoqué avec la MLJ la possibilité d’une masterclass autour du sport, l’idée a rapidement pris forme. Les jeunes découvrent ici les coulisses d’un club professionnel : gestion des infrastructures, communication, logistique… Et demain, ils rencontreront les employés de la mairie et de l’agglomération pour comprendre comment fonctionne l’entretien des stades ou l’organisation d’événements sportifs. »
« Le sport est un vecteur de santé, de cohésion sociale et de performance, ajoute Carine Milhe. Au-delà de l’aspect technique, nous abordons aussi des thèmes comme la nutrition, l’hygiène de vie ou le bénévolat. Car un projet professionnel ne se limite pas à une passion : il faut aussi savoir se structurer. »
Des idées pour une insertion professionnelle
Les participants, inscrits en Contrat d'engagement jeune (CEJ), bénéficient d’un soutien financier mensuel tout en construisant leur projet. « Certains envisagent de passer un BPJEPS, d’autres cherchent simplement à mûrir leur choix, explique Cyril Laurent. Mais dans tous les cas, l’objectif est de leur donner des clés pour s’insérer durablement dans le monde du travail. »
Et pour ceux qui ne se destinent pas à une carrière sportive professionnelle, la masterclass offre une ouverture vers d’autres secteurs, comme la gestion d’événements ou la communication. « Le sport, c’est avant tout un ensemble de métiers transversaux, souligne Carine Milhe. Et c’est cette diversité qui rend ce programme si riche. »
Un programme qui s’inscrit dans la durée
Si la première phase de la masterclass se concentre sur l’observation, les prochaines semaines seront dédiées à l’action. « Nous voulons passer d’une logique passive à une logique proactive, insiste Cyril Laurent. Les jeunes doivent être acteurs de leur parcours, pas seulement spectateurs. »
Avec ce dispositif, la MLJ et l’OAC montrent qu’il existe des voies originales pour l’insertion professionnelle, où la volonté et l’engagement riment avec formation et découverte.