Voilà une délibération qui a fait l'unanimité. Le conseil municipal d'Arles a voté, jeudi 11 juin, une subvention exceptionnelle de 18 000€ pour financer la remise en état d'un tronçon de la digue à la mer permettant de se rendre à la plage de Beauduc, entre Salin-de-Giraud et les Saintes-Maries de la Mer.
Beauduc, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est la Camargue à l'état sauvage. Un petit coin de paradis où les Arlésiens (mais pas uniquement) venaient camper l'été en famille ou vivre dans des cabanons sans débourser un centime. Si l'Etat a décidé de détruire les cabanons il y a 20 ans, le souvenir est toujours vivace dans les esprits, et beaucoup d'Arlésiens continuent à venir s'y baigner aux premières chaleurs estivales, prenant le risque d'y laisser leur bas de caisse. C'est aussi devenu l'un des spots préférés des kitesurfeurs dans la région. Ils y pratiquent leur sport toute l'année.
Mais voilà, le chemin en terre qui mène à ce petit coin de paradis "est dans un état pitoyable" assure Pierre Raviol, rapporteur de la délibération, et président du Symadrem (Syndicat mixte interrégional d'aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer) qui a la gestion de la digue à la mer (propriété du Conservatoire du littoral). Le Symadrem abondera la subvention municipale de 7 714€, et se chargera de l'exécution des travaux.
Cette digue du secteur de Beauduc est située dans un environnement naturel sensible, où elle joue un rôle essentiel dans la préservation des équilibres hydrauliques et écologiques de la Camargue en limitant les intrusions marines et en protégeant les espaces naturels, les usages traditionnels ainsi que les infrastructures existantes.
Des travaux d'urgence
Construite sous Napoléon III, en 1856, entre le Petit Rhône et le Grand Rhône, cet ouvrage ancien présente de nombreuses faiblesses. D'importants travaux seront à réaliser à terme pour protéger les habitants et les activités de la montée inexorable du niveau de la mer liée au changement climatique. Mais, dès à présent, il convient de lancer des travaux d'urgence sur une portion de 4 km complètement dégradée par les intempéries.
Mener des travaux avant l'été pour rendre le chemin carrossable et permettre l'accès à la plage de Beauduc est une priorité selon le maire d'Arles, Patrick de Carolis. "Nous voyons bien que se profile une volonté politique de limiter l'accès au littoral. Moi je pense que tous les Français doivent avoir accès à la mer. Il faut en même temps protéger l'environnement, la biodiversité. C'est le projet à venir, que l'on doit définir avec tous les acteurs* que l'on trouve en Camargue et qui ont parfois des avis, des missions, des objectifs contradictoires. Pour Beauduc, nous voulons juste une remise en état de la route, qui sera probablement à refaire chaque année, mais il faut le faire sans abîmer la nature".
Des travaux d'autant plus importants que la sécurité est en jeu. "Il faut 45 minutes aux pompiers pour aller de Salin à Beauduc tellement la route est cabossée. Ce tronçon de la digue à la mer est un accès stratégique en cas de nécessité d'évacuer des personnes se trouvant à Beauduc. Nous avons des problèmes avec les 4 x 4 qui roulent dans le chemin même quand il pleut. Nous devrions mettre des panneaux pour avertir qu'il ne faut pas emprunter la digue quand le sol est détrempé".
Impossible pour le moment de fixer la date exacte du chantier de réhabilitation de ce morceau de digue. En effet, l'entreprise de travaux publics Masoni qui devait le réaliser, a été placée en liquidation judiciaire. Le Symadrem doit trouver un nouvel entrepreneur dans les prochains jours.
* Conservatoire du littoral, Parc nautrel régional, Etat, Symadrem, mairie, etc.