Publié il y a 14 h - Mise à jour le 09.01.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 145 fois

AU PALAIS Agression au couteau dans un foyer d’accueil, « il était fou de rage »

Placé en détention provisoire le temps d'effectuer une expertise psychologique, le prévu est jugé ce mercredi 7 janvier pour violences avec arme.

- DR

Début novembre dernier, dans un centre d’accueil, un sans-domicile fixe sans histoire a agressé un autre homme dans une situation précaire. Il était jugé ce mercredi 7 janvier devant le tribunal correctionnel.

Originaire du Maroc, Ali est assisté par un interprète lorsqu’il fait son entrée dans le box du tribunal correctionnel de Nîmes. Il comparaissait ce mercredi 7 janvier 2026 pour des faits de violences avec arme sans incapacité de travail datant du 8 novembre 2025. Jugé en renvoi, après la demande d’une expertise psychiatrique, le prévenu échappe de peu à un procès devant une juridiction criminelle. Sans domicile fixe et en situation irrégulière, il a participé à une scène de violence qui aurait pu avoir un bilan bien plus lourd.

C’est au sein du foyer Adejo de Nîmes (accueil de jour pour personnes sans domicile fixe) que la scène s’est produite. Le prévenu, venu prendre son repas dans le foyer d’accueil aux côtés de nombreux autres sans-abri, s’est violemment disputé avec un couple de sans-domicile fixe. L’altercation serait partie d’une suspicion de vol du téléphone portable du prévenu par l’homme de ce couple. Les témoins présents sur place ont alors décrit Ali comme étant « incontrôlable » ou encore « fou de rage ».

Un couteau de 25 cm

Souhaitant plus que tout récupérer son téléphone, le prévenu aurait saisi un impressionnant couteau d’une longueur d’environ 25 centimètres. Couteau qui, selon le prévenu, appartiendrait à la victime. Ali aurait ensuite brandi le couteau au niveau de la gorge de l’homme, tout en le tenant fermement pour l’empêcher de se soustraire à cette menace. Alertés par la cohue, les membres du personnel de l’établissement d’accueil sont intervenus. C’est le cas notamment d’une accueillante qui a tenté de frapper le prévenu à l’aide d’une chaise, pour lui faire lâcher sa prise. Une autre scène s’est ensuite déroulée dehors, où la victime a notamment jeté un cendrier au niveau du visage du prévenu.

« C’était apocalyptique », décrit avec émotion la femme d’une trentaine d’années qui a été blessée au niveau de l’index et de la jambe droite. « On n’avait pourtant jamais eu de problèmes avec ce monsieur », se désole-t-elle. « Depuis cette soirée-là, ma vie, c’est le chaos », ajoute la salariée pour qui le contrat de travail n’a pas été renouvelé à cause de son état de santé depuis l’incident. Elle raconte également avoir surpris son fils se rendant à l’école, muni d’un couteau, pour se défendre dans l’éventualité où il croiserait l’homme qui a blessé sa maman.

La peine maximale requise

Jugé comme violences sans interruption de travail, ce dossier aurait pu être présenté devant les assises sous l’étiquette de tentative d’égorgement. Mais la victime, légèrement blessée au niveau du cou, ne s’est pas présentée devant un médecin légiste pour faire constater ses blessures. « La victime principale, lui, ne se considère pas victime », lance Maître Camille Proix, intervenant aux intérêts d’Ali. « C’est ce qu’il y a de plus grave en matière de violences avec arme », souligne Nathalie Welte, procureur de la République, avant de requérir 3 ans d’emprisonnement ferme pour Ali, soit la peine maximale pour ce genre de violences. Déjà soumis à une obligation de quitter le territoire français (OQTF), le ministère public a également requis son interdiction définitive de représentation en France.

À l’issue des délibérations, le tribunal, présidé par Anne-Carine David, a déclaré le prévenu coupable des faits de violences avec arme. Malgré l’absence de condamnation sur son casier judiciaire, il a écopé de 3 ans d’emprisonnement, dont 18 mois avec sursis simple. Lui sont également imposés une interdiction de détenir ou de porter une arme catégorisée pendant 5 ans et de se présenter sur le territoire français pour une durée de 10 ans. Il est condamné à réparer le préjudice subi par l’accueillante du foyer, s’étant constituée partie civile. À ce titre, il doit lui verser la somme totale de 3 000 €. Concrètement, Ali a été maintenu derrière les barreaux, était déjà en détention provisoire. « À l’issue de la peine ferme, il sera reconduit dans son pays d’origine », conclut Anne-Carine David.

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