Le maire Jean-Paul Fournier et son adjoint Richard Tiberino figuraient parmi les personnalités présentes, aux côtés des forces de l'ordre, des porte-drapeaux et de nombreuses personnes venues témoigner leur respect. Sous un ciel d'hiver, dans le recueillement et la solennité, le tricolore flottait haut. Une cérémonie sobre, à la hauteur de la gravité des événements qu'elle commémore.
Car les faits sont d'une brutalité glaçante. Dans la nuit du 27 au 28 février 1944, un détachement de la 9e Panzer-Division SS Hohenstaufen quitte Nîmes en direction des Cévennes, avec pour mission d'éradiquer les maquis gardois. Les troupes se dirigent d'abord vers Driolle, hameau de la commune de Saint-Roman-de-Codières, où sont arrêtés Miguel Ordines, son fils Jean, Roger Mathieu, Jean-Louis Baudouin et Roger Broussous, tous réfractaires au Service du travail obligatoire. Le 2 mars 1944, vers 17h30, les cinq prisonniers de Driolle et les quatre de Lasalle sont emmenés dans la cour de l'école de garçons de la rue Bonfa, à Nîmes. Un quart d'heure plus tard, ils sont rejoints par les six prisonniers d'Ardaillès.
Au total, quinze hommes sont pendus ce jour-là, publiquement, en trois points stratégiques de la ville : au viaduc de la route d'Uzès, au viaduc de la route de Beaucaire, et à un troisième endroit de la cité. Leurs noms, Carles, Eckhardt, Jeanjean, Nadal, Baudouin, Mathieu, les frères Ordines, Kieffer, Damasewycz, Jankowski, Lukawski, Kasjanowicz, Donati et Lévêque, reposent aujourd'hui au cimetière du Pont de Justice, là même où la cérémonie s'est tenue ce lundi. Quatre-vingt-deux ans après, la ville tient toujours à leur rendre hommage.