Ce que regrette la Fédération autonome de la fonction publique territoriale (FA-FPT), qui accompagne l’intéressée depuis le début de cette affaire. « Il y a eu une expertise favorable, le comité médical a reconnu les faits en accident du travail pour un jour d’ITT (incapacité totale de travail, ndlr) et préconisé un placement en longue maladie, explique Didier Ricard, de la FA-FPT. Mais le maire a répondu tardivement et n'a pas reconnu l’accident du travail, malgré cet avis favorable. »
Alors que pour le syndicat le lien est direct entre les conditions de travail en mairie de l'agente concernée, et sa tentative de suicide. Entre une reprise d’arrêt maladie pour dépression qui se serait mal passée, « elle avait un poste à responsabilité, et on lui présente une fiche de poste qui consiste à aller tailler des végétaux sur des ronds-points », affirmait Didier Ricard en octobre dernier dans nos colonnes, des signalements de sa hiérarchie puis, le 5 mai dernier, la tentative de suicide en mairie peu après que trois cadres de la mairie l’aient mise « plus bas que terre », relatait le syndicaliste.
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Alors pour Didier Ricard, « la mairie continue dans son déni ». Et les choses ne devraient pas en rester là, puisque « avec son avocate (de l’agente concernée, ndlr), nous avons engagé une procédure au Tribunal administratif pour cette non-reconnaissance en accident du travail et pour le refus de la protection fonctionnelle par la mairie », indique Didier Ricard. Qui précise aussi qu’une enquête préliminaire est en cours et que des plaintes ont été déposées contre le maire et quatre autres personnes.
« Ça aurait pu aller plus vite »
Contacté, le maire Yves Cazorla rappelle que la mairie a « saisi le Centre de gestion pour qu'il examine la reconnaissance ou non de l’accident du travail, et nous lui avons également demandé de se prononcer sur une demande de longue maladie pour aider financièrement l’agent. » Seulement, « le Centre de gestion nous a informé qu’ils ne pouvaient pas traiter les deux demandes en même temps, le comité médical unique s’est réuni une première fois le 18 décembre, et devra se réunir à nouveau au mois de mai. » C’est à ce moment qu’une décision pourrait être prise.
Le maire l’admet, « ça aurait pu aller plus vite, mais nous sommes en période électorale, et comme il y a plusieurs membres élus qui siègent au comité médical unique, il n'est pas possible de le réunir avant les élections, ce qui est préjudiciable pour l'agent parce que les délais sont longs. On comprend que pour elle c’est compliqué. »