Publié il y a 1 h - Mise à jour le 02.04.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 687 fois

AU PALAIS Jeremstar dénonce "l'hypocrisie" de son procès

Anti-corrida, Jéremstar,

Jéremstar, juste avant son entrée dans le Palais de justice, pronant un panneau artisanal : "La corrida est un crime. S'y opposer est un acte citoyen. Merci Jéremstar".

- Corentin Corger

Entré sur la piste les arènes de Nîmes en septembre dernier pour protester contre la corrida, l’influenceur et ses acolytes ont été entendus par le tribunal correctionnel de Nîmes. Deux des trois prévenus présents ont dû se changer avant l’ouverture des débats.

Dès 8 h ce jeudi 2 avril, la salle des pas perdus du tribunal judiciaire de Nîmes se remplit à vue d’œil. Fans de Jérémy Giclon, connu sous le pseudonyme de Jeremstar, et militants anti-corridas se pressent pour assister au procès de l’influenceur. Pour rappel, l’homme de 39 ans est entré dans les arènes de Nîmes, à l’occasion de la corrida d’ouverture de la Feria des Vendanges, le 19 septembre dernier, pour y brandir un panneau « F*ck la corrida ». Un acte de zèle qui lui a valu d’être traîné hors de l’enceinte sportive, puis interpellé par les forces de l’ordre. Il a ensuite passé 48 h en garde à vue.

Arborant un tee-shirt à l’inscription : « Torturer des taureaux est un crime », l’influenceur d’origine lyonnaise entre dans le Palais de justice comme on entre dans un ring, entouré de dizaines de soutiens. « Il est important que vous ayez la tenue la plus neutre possible », dit Anne-Carine David, présidente à l’audience, à l’attention de Jéremstar et de l’un des autres prévenus, arborant un tee-shirt avec l’inscription : « La vraie justice est antispéciste ». Une fois leurs tee-shirts retournés, l’audience a pu démarrer.

L'influenceur Jéremstar a pris place dans la salle d'audience arborant un tee-shirt au message militant, aux côtés de son conseil, maître Baptiste. • R.M.

Une compétition sportive ?

L’idée, germée entre les deux femmes prévenues, a pris vie le 19 septembre au sein des arènes de Nîmes. Un projet mûrement réfléchi : « Vous l’avez sollicité au regard de son audience et de sa notoriété », interroge la présidente à l’audience, faisant référence à l’influenceur aux plusieurs millions d’abonnés. Interrogée sur les risques sécuritaires d’une telle action, l’une des militantes, également prévenue, explique : « On a décidé de le faire au moment où le taureau a déjà été tué pour éviter qu’il y ait du mouvement sur la piste ». Jeremstar ajoute : « La première sécurité à laquelle j’ai pensé, c’est de ne pas me faire embrocher par le taureau ». Ne regrettant absolument pas ce geste, l’homme de 39 ans soutient que « la corrida n’a pas été interrompue, le taureau était déjà mort ».

L'avocats de la partie civile, représentant la société organisatrice de la corrida concernée, s’est appesanti sur le caractère sportif de l’arène de Nîmes. « En ce moment même des tennismen professionnels s’échangent des balles dans le cadre de l’ATS », explique-t-il. Soulignant le fait que les toreros sont soumis à un classement mondial, il a plaidé le fait que c’est bien une manifestation sportive qui a été troublée en cette journée de septembre. Interrogé sur la raison de son acte par le tribunal, Jérémy Gisclon lance : « J’ai sauté pour véhiculer un message, (…) dénoncer ces spectacles barbares », prônant par la même occasion son droit à la liberté d’expression et dénonçant « l'hypocrisie qu'il y a autour de ce procès ». 

Anti-corrida, Jéremstar,
Jéremstar, juste avant son entrée dans le Palais de justice, pronant un panneau artisanal : "La corrida est un crime. S'y opposer est un acte citoyen. Merci Jéremstar". • Corentin Corger

Des peines d'amende requises

« Il ne s’agit pas de prendre parti ou de se dire pour ou contre la corrida », explique Jean-Luc Vasserot, procureur de la République. Considérant que l’aire de jeu de l’arène est composée d’une zone de combat et d’une zone de sécurité, le ministère public a tranché en faveur de l’arène comme enceinte sportive, la comparant à un stade de football. L'intrusion des prévenus étant caractérisée par le franchissement des barrières de sécurité. Le parquet a donc requis des peines d'amendes allant de 5 000 à 6 000 € et l'interdiction, pour les prévenus, de fréquenter les arènes de Nîmes à l'avenir. 

« La corrida n'est pas une manifestation sportive », lance maître Chris Baptiste, représentant trois des prévenus, dont Jérémy Gisclon. Décrivant les arènes comme une enceinte de spectacle, les avocats des prévenus ont fait voix commune pour demander la relaxe de leurs clients. La décision sera rendue le 9 juin prochain. « Nous continueront à enfreindre les lois qui sont injustes », dit Virgile, un autre des prévenus, invitant tout un chacun à faire de même.

Avant l'audience, l'influenceur a pris un bain de foule. Plusieurs centaines de personnes l'ont accueilli, devant le Palais de justice. • R.M.

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Rose Macauley

Actualités

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio