Publié il y a 3 ans - Mise à jour le 17.11.2020 - marie-meunier - 2 min  - vu 471 fois

BAGNOLS/CÈZE Covid-19 : pas encore de décrue au centre hospitalier

Le directeur du Centre hospitalier de Bagnols Jean-Philippe Sajus (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Le Centre hospitalier de Bagnols (DR)

"On a un rebond important en cette fin de semaine", introduit Jean-Philippe Sajus, directeur du centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze. Le troisième rebond sur ces trois dernières semaines avec des chiffres plus hauts chaque week-end. Même si la tendance nationale est en légère baisse après deux semaines de confinement, le directeur bagnolais l'assure : "On ne peut pas dire qu'on est en décrue."

Au centre hospitalier, les 29 lits du secteur en hospitalisation conventionnelle (à haute densité virale) sont totalement saturés. Les 11 lits complémentaires sont quasi tous complets aussi. Au total, 39 personnes sont hospitalisées dans l'établissement bagnolais. Principalement des individus ayant entre 60 et 70 ans. Il reste un à deux lits de libres à l'heure où nous écrivons ces lignes. Quant aux lits de réanimation, les six étaient occupés en fin de semaine mais l'un d'eux vient d'être libéré après un transfert.

Pour autant, Jean-Philippe Sajus ne se montre pas inquiet concernant un manque de lits : "On va jouer sur les transferts avec Pont-Saint-Esprit. La clinique des Angles est quasiment prête pour de l'activité médicale en soutien à Bagnols. On aura les lits nécessaires avec l'appui du public et du privé."

39 résidents positifs au virus aux 7 sources et un décès

Le directeur espère à présent bénéficier des effets du confinement même en décalé et prendre "la courbe descendante" : "Les équipes n'en peuvent plus, elles ont peur. [...] Les effectifs sont ultra-tendus." Malgré des recrutements, notamment d'aides-soignantes, les arrêts de travail (cas contacts ou contamination) sont réguliers. Le "plan blanc" est toujours au niveau 2 ce qui implique de rappeler parfois des professionnels sur leurs congés pour renforcer les effectifs. "On fait des choses au niveau de la gestion en ressources humaines qui sont très compliquées", déplore Jean-Philippe Sajus, qui, comme ses équipes, souffre de la situation.

Concernant, l'Ehpad des 7 sources, les cas positifs continuent de croître. De 27 cas avérés lundi dernier, on est passé à 39 ce lundi. Ce sont toujours les deux secteurs Ehpad du rez-de-chaussée et du 1er étage qui sont touchés principalement. Il y a également deux cas en long-séjour, les mêmes que la semaine dernière. Un premier décès covid est à déplorer dans l'établissement de santé. Mais rien de comparable à mars-avril derniers où "on avait eu quasiment huit décès en l'espace de 10 jours."

À l'hôpital, les appels des familles ne débuteront qu'à 14h30

Onze professionnels travaillant à l'Ehpad ont été contaminés par le virus mais déjà sept ont pu reprendre le travail. "Ça tient mais c'est fragile", déclare le directeur. Quant aux origines du cluster, elles restent difficiles à déterminer. Mais le plus souvent, elles viennent de l'extérieur.

Dernière chose, les visites étant suspendues au centre hospitalier, les familles peuvent s'entretenir avec leur proche au téléphone. Mais ce temps d'appel ne débutera désormais qu'à partir de 14h30. "Beaucoup appellent vers 10h-11h du matin au moment des soins. Les soignants qui transfèrent le téléphone du service n'ont pas toujours le temps de le désinfecter car ils sont tout le temps dans l'urgence", explique le directeur du centre hospitalier. Eh oui, la transmission croisée est bien réelle aussi. C'est pourquoi, il est nécessaire d'appeler l'après-midi à un moment plus calme "pour prendre en compte la situation des soignants". Et éviter les risques !

Marie Meunier

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