Alerte rouge ! Un maire, son adjointe et un cambrioleur venu dérober quelques cadres et un peu d’argent sont contraints par un orage de passer la nuit dans la même mairie. Aucun ne supporte vraiment les deux autres. Un bureau, une Marianne, quelques rappels tricolores et trois personnages enfermés jusqu’au matin. Le décor est planté.
Alerte mairie
À 16 ans, Gabriel Ollier a installé sa première comédie dans ce décor, inspiré notamment par Le dernier coup de ciseaux, Huis clos et le théâtre de Molière. C'est ainsi que vendredi 10 juillet, le jeune Boissiérois jouait Alerte mairie au théâtre Le Périscope, à Nîmes. Une centaine de spectateurs avaient réservé leur place. Pour cette troisième représentation, Gabriel Ollier retrouvait Timothé Combaluzier et Emie Lashermes, ses partenaires de scène depuis près de neuf ans.
Ils ont commencé le théâtre au sein de la compagnie Oratorio, à Calvisson. Là, ils ont pratiqué la comédie musicale, le chant, la danse et le jeu. Désormais, ils ont créé leur propre troupe, les Mal-aimés. Un nom emprunté à une chanson de Claude François, dont plusieurs titres rythment la pièce et alimentent certaines blagues.
Gabriel Ollier voulait écrire une comédie. « Faire rire le public, pour moi, ça n’a pas de prix. » La troupe vise au moins une blague par minute. Les portes claquent, les caractères s’affrontent et les personnages courent dans tous les sens. Le lycéen assume son goût pour le théâtre de boulevard et cite Le Dernier Coup de ciseaux, spectacle à huis clos largement ouvert à l’improvisation. Il lit aussi Molière, Camus et Sartre. Ce dernier, reconnaît-il, est « un peu moins drôle ».
Trois ados et un spectacle
Une première tentative d’écriture avait avorté l’année précédente. Trop de personnages, des comédiens d’âges différents et des emplois du temps impossibles à accorder. Cette fois, Gabriel Ollier, Timothé Combaluzier et Emie Lashermes se sont donné un an. Le texte a pris forme au printemps. Une pièce d’une heure, composée surtout de dialogues, de quelques monologues et de didascalies.
Il a ensuite fallu trouver des salles, monter le décor, répéter, créer une billetterie et faire connaître la pièce. Gabriel Ollier s’est chargé du texte et de la mise en scène. Timothé Combaluzier a cherché les lieux susceptibles de les accueillir. Leurs parents ont prêté main-forte. À Nîmes, la troupe a loué la salle du Périscope, hors de la programmation habituelle du théâtre.
Flyers, affiches en ville, publications sur les réseaux sociaux, bouche-à-oreille. La billetterie a écoulé une centaine de places. Rires dans la salle, de quoi rassurer les trois adolescents. « Ça nous a donné un coup de confiance pendant la pièce. Ça donne envie de continuer et surtout, on prend du plaisir. »
Un peu d’improvisation, une ultime réplique, puis le noir total. « Le public a ri et applaudi en même temps. C’est la meilleure des récompenses. » À la rentrée, Gabriel Ollier entrera en première au lycée Saint-Stanislas de Nîmes, où il suivra la spécialité cinéma et audiovisuel. La jeune troupe souhaite désormais étoffer la pièce et espère la présenter au Festival Off d’Avignon l'année prochaine.