La sieste ou le sursaut ? Beaucoup prédisent que le mandat de Vincent Bouget sera une période d'accalmie politique, durant laquelle il ne se passera rien de véritablement nouveau. Il faut dire que Jean-Paul Fournier, maire historique de Nîmes, a profondément marqué la ville au cours de ses vingt-cinq années à sa tête. À l'époque d'Alain Clary, certains parlaient de la « belle endormie ». De 2026 à 2032, entendra-t-on évoquer la « sieste communiste » ? C'est en tout cas le procès que dressent déjà les plus réfractaires au changement. En réalité, il est bien trop tôt pour écrire l'histoire. Vincent Bouget peut encore surprendre et imprimer sa propre vision de Nîmes. Mais cela demandera du temps. Et beaucoup d'argent. Car entre les ambitions affichées et les réalités budgétaires, le fossé est souvent immense. Les aléas du quotidien pourraient rapidement contraindre sa volonté de transformer la ville. Prenons l'exemple de l'aéroport. Le nouveau maire hérite d'un dossier particulièrement complexe. L'opérateur Edeis souhaite se désengager et l'avenir de la plateforme reste incertain. Si Vincent Bouget ne s'est jamais montré enthousiaste à l'idée d'un développement tous azimuts des lignes commerciales, il n'avait certainement pas imaginé devoir gérer l'hypothèse d'une disparition des vols Ryanair. Pire encore, si le maire de Marseille obtenait gain de cause auprès de l'État pour le retour des Canadair à Marignane, Nîmes-Garons perdrait également sa base stratégique de bombardiers d'eau. Ce serait un recul majeur pour le territoire. À l'inverse, certains changements seraient, eux, pleinement assumés. Sylvette Fayet, adjointe déléguée à la Tauromachie, plaide pour un retour des arènes en régie municipale. Une idée dont les motivations restent à démontrer. Est-ce une conviction de gestion ? Une volonté de tourner la page Simon Casas ? Ou le règlement de comptes avec un monde jugé trop proche de l'ancienne majorité ? Une chose est sûre : reprendre en direct l'exploitation d'un tel équipement représenterait un coût considérable pour les finances publiques. On peut évidemment défendre un service public fort. Encore faut-il accepter que celui-ci ait un coût. L'argent ne tombe pas du ciel. Il provient des impôts payés par les ménages, mais aussi par les entreprises, souvent présentées comme les éternelles contributrices lorsque les caisses se vident. Cette semaine encore, Sylvette Fayet reprochait à Franck Proust d'avoir abaissé la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Fallait-il vraiment s'en offusquer ? Dans une ville où le pouvoir d'achat reste une préoccupation quotidienne pour une grande partie des habitants, la baisse d'un impôt local n'a pourtant rien d’anecdotique. À force de vouloir toujours davantage de régie publique, davantage de dépenses et davantage d'intervention municipale, une question finit par s'imposer : qui paiera la facture ? Les contribuables, une fois encore. Or les mauvaises nouvelles pourraient s'accumuler. La taxe d'enlèvement des ordures ménagères pourrait repartir à la hausse. Le futur contrat de l'eau, qui sera attribué l'an prochain, pourrait également entraîner une évolution des tarifs. Sans oublier le chantier colossal de la rénovation du stade des Costières, qui nécessitera très probablement un nouvel emprunt pour la Ville. Il y a les changements que l'on subit. Ceux que l'on choisit. Et ceux qui relèvent d'une vision idéologique. Les Nîmois, eux, jugeront moins les intentions que le résultat sur leur feuille d'impôts et leur pouvoir d'achat.
Les mauvais perdants ? La justice administrative vient une nouvelle fois de parler. À Marguerittes, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté le recours déposé par Denis Forzy, habitant de la commune connu pour son engagement sur plusieurs dossiers locaux, notamment contre le projet de centrale photovoltaïque. Proche des positions défendues par l'opposition municipale d'extrême-droite, il demandait l'annulation de l'élection de Rémi Nicolas. Procurations, communication municipale, tract électoral, procès-verbal : aucun des griefs n'a convaincu les magistrats, qui ont estimé qu'aucune irrégularité n'était de nature à altérer la sincérité du scrutin. Cette affaire n'est pas isolée. Dans le Gard, plusieurs recours ont été engagés à l'initiative du Rassemblement national ou de personnalités qui lui sont proches. À Nîmes, Julien Sanchez a saisi le tribunal administratif pour contester l'élection de Vincent Bouget. Le dossier est toujours en cours d'instruction et aucune décision n'a encore été rendue. Au Gard rhodanien, en revanche, Pascale Bordes, maire RN de Bagnols-sur-Cèze, a vu sa requête contre l'élection de Christophe Serre à la présidence de l'agglomération rejetée dans son intégralité. Ces procédures posent une question politique : lorsqu'un parti fait régulièrement de la défense des institutions et du suffrage populaire un marqueur de son discours, ne devrait-il pas être le premier à accepter le verdict des urnes lorsqu'aucune fraude ou irrégularité majeure n'est établie ?
Succession à trois bandes. Nos révélations de dimanche dernier ont fait l'effet d'une petite bombe dans le monde économique gardois. Depuis, les coups de téléphone s'enchaînent et chacun tente de comprendre ce qui se prépare. Steeve Calligaro va-t-il quitter le Medef ? Et le Rugby Club Nîmois ? « Il y a de la lassitude », reconnaît-il en petit comité. En réalité, les grandes manœuvres étaient déjà engagées. Sauf que ce scénario n'avait pas vocation à sortir aussi vite. C'était mal nous connaître… Branle-bas de combat cette semaine au Medef gardois. Une réunion de crise a été organisée pour tenter de reprendre la main et, surtout, repousser les grandes explications à plus tard. Car derrière les sourires de façade, les couteaux ne sont jamais très loin. « Il faut se pincer pour y croire. Maintenant, même Philippe Poulet, qui expliquait partout qu'Éric Giraudier était son ami, nous raconte qu'il le connaît à peine », s'amuse l'un des participants. Pour traduire ce langage diplomatique, Steeve Calligaro ne veut surtout pas laisser les clés du Medef à un proche d'Éric Giraudier. Pourquoi ? Parce que si l'actuel patron des entrepreneurs décide de se lancer dans la bataille des municipales à Nîmes, il préfère éviter d'avoir le président de la CCI du Gard dans son angle mort. En politique comme dans les réseaux d'influence, on choisit rarement son successeur au hasard. Et les amitiés d'hier deviennent parfois les gênes d'aujourd'hui.
Rassurant devant, décevant derrière. L'adjoint aux Finances de Vincent Bouget, également vice-président de Nîmes Métropole en charge des finances, des marchés publics et des concessions, dispose d'un CV qui parle pour lui. Ancien directeur des relations avec les collectivités à la préfecture du Gard, Gilles Guillaud rassure. Auprès des élus, des chefs d'entreprise ou encore des acteurs économiques et financiers du territoire, sa compétence fait l'unanimité. En interne, en revanche, le climat serait bien moins serein. « Il n'est pas très sympathique avec les agents. Plus que hautain, il peut parfois se montrer virulent lorsque les réponses ne le satisfont pas… », confie une source administrative, visiblement éprouvée par la situation. Excès de pression lié à une charge de travail importante ? Tempérament exigeant ? Ou véritable problème de management ? Difficile, à ce stade, de trancher. Une chose est sûre : les langues commencent à se délier et le malaise ne passe plus inaperçu dans les couloirs de l'Hôtel de Ville. Gouverner par la crainte peut produire des résultats à court terme. À long terme, l'histoire montre que cette méthode finit souvent par se retourner contre ceux qui la pratiquent.
Marseille, une fausse piste ? « Il n'y a aucun projet avec l'aéroport de Marseille. Ce sont des histoires que l'on raconte aux enfants… » Le jugement est sans appel. Un acteur de premier plan du dossier nous livre les coulisses de la succession d'Edeis, l'exploitant de l'aéroport de Nîmes, au cas où celui-ci quitterait définitivement le navire. Selon cette source, la piste marseillaise relève davantage du fantasme que d'un véritable projet. « En réalité, il s'agit de SEALAR, une société de gestion d'aéroports régionaux créée à l'initiative de la CCI Marseille-Provence. Elle exploite essentiellement de petits aéroports et n'a pas le poids nécessaire pour négocier avec des compagnies comme Ryanair… » Le constat est sévère. Si Edeis, pourtant opérateur reconnu, s'est lui-même heurté aux exigences des compagnies aériennes, difficile d'imaginer qu'un acteur plus modeste puisse obtenir de meilleurs résultats. « L'aéroport de Marseille ne sait même pas que Nîmes existe. Alors imaginer qu'il puisse s'intéresser à l'aéroport nîmois… », poursuit notre interlocuteur. Reste donc une question : qui pour reprendre le dossier ? Une piste revient avec insistance ces derniers jours : la région Occitanie. La venue de Carole Delga à Nîmes la semaine prochaine, pour une réunion de travail à huis clos avec le maire Vincent Bouget, pourrait bien être l'occasion d'aborder ce sujet hautement stratégique. Car le temps presse. Et l'aéroport ne peut pas se permettre de rester trop longtemps dans le brouillard.
La régie municipale, le nouveau totem ? Depuis l'arrivée de Vincent Bouget à la mairie de Nîmes, les spéculations vont bon train sur l'avenir de Simon Casas. En coulisses, certains imaginent déjà la fin de la délégation actuelle. Et une élue pousse ouvertement dans ce sens : Sylvette Fayet. Son objectif est connu : reprendre les corridas en régie municipale. Un véritable totem politique. Sauf que, pour l'instant, elle est loin d'avoir convaincu tout le monde. À commencer par le maire. « Vincent Bouget veut prendre le temps et étudier sérieusement toutes les options. Le contrat actuel court jusqu'à fin 2028. Il n'y a donc aucune urgence », confie l'un de ses proches. Car derrière le débat idéologique, il y a surtout une équation financière. « Aujourd'hui, la Ville perçoit environ 300 000 euros par an grâce à la délégation de service public. Passer en régie municipale coûterait au minimum un million d'euros. Il faut vraiment être guidé par l'idéologie pour vouloir faire le chemin inverse », glisse un élu de la majorité. Le sujet alimente d'ailleurs d'autres crispations. « Pourquoi lui autoriser le recrutement de Bernard Carbuccia ? Parce que Sylvette Fayet a obtenu gain de cause. Elle cumule déjà plusieurs délégations entre la Ville et l'Agglo et ne veut plus gérer elle-même certains dossiers. Au final, qui paie ? », s'agace un autre élu. Comme révélé par Objectif Gard, Bernard Carbuccia quittera le 1ᵉʳ juillet la direction des arènes d'Istres pour rejoindre le pôle toro de la ville de Nîmes. Une arrivée qui intervient, là aussi, dans la foulée du changement de majorité à Istres. Décidément, derrière les corridas se joue aussi une bataille d'influence. « Ce qui n'enlève rien aux compétences du bonhomme », tempère tout de même notre interlocuteur, remonté comme un coucou. Un proche de Simon Casas sourit à son tour : « Il faut se détendre. Bernard Carbuccia dirigeait les arènes d'Istres, qui ne jouent pas dans la même catégorie que Nîmes. Ici, on change de dimension… » Le nouvel arrivant devra désormais composer avec un monument du mundillo. « Il n'est pas au niveau du monstre que représente Simon Casas. S'il veut être le calife à la place du calife, il va falloir se lever de bonne heure. Personne n'apprend son métier à Simon Casas… », poursuit cette même source. Une chose est certaine : autour des arènes de Nîmes, les ego sont déjà entrés dans l'arène. Reste à savoir qui, au final, portera l'estocade… et qui quittera le ruedo sous les sifflets.
Bagnols, le caillou dans la chaussure du RN ? À Paris, Jordan Bardella s'efforce de poursuivre la stratégie de dédiabolisation du Rassemblement national en vue de la présidentielle de 2027. À Bagnols-sur-Cèze, certains cadres du parti redoutent que Pascale Bordes ne complique sérieusement l'exercice. En interne, le malaise grandit. « Elle voulait partir aux sénatoriales, mais on lui a barré la route. Elle est ingérable et n'écoute pas les consignes nationales… », confie un responsable du RN. Depuis son arrivée à la mairie, les décisions de l'ancienne députée alimentent les critiques. Après la culture, certaines associations, voilà désormais les centres sociaux dans la tourmente. « Elle s'en est prise à la culture, aux associations, maintenant à Mozaïque en Cèze. Elle a même fait retirer les prises électriques municipales utilisées par les propriétaires de véhicules électriques », dénonce un opposant, inquiet de la direction prise par la municipalité. Du côté du Gard rhodanien, le ton n'est guère plus enthousiaste. « Elle va mettre la Ville au pain sec et à l'eau. Nous avions suffisamment alerté les électeurs. Aujourd'hui, ils découvrent la réalité », glisse un élu de l'agglomération. Un autre prévient : « À l'Agglo, elle risque de s'isoler. Plus elle jouera la confrontation, moins elle pourra compter sur les autres collectivités. » En coulisses, certains voient encore une porte de sortie pour la maire de Bagnols : un retour à Paris en cas de recomposition nationale. « C'est sa seule véritable opportunité. Mais Bardella ne la porte pas dans son cœur… », souffle un cadre du parti. Les prochains mois diront si Pascale Bordes parvient à reprendre la main. Ou si Bagnols devient, malgré elle, un contre-exemple embarrassant pour la stratégie nationale du Rassemblement national.
L'abonnement qui passe mal. La campagne d'abonnement du Nîmes Olympique a été lancée cette semaine. Mais les premiers retours des supporters sont loin d'être enthousiastes. En cause : des tarifs jugés bien plus élevés que ceux annoncés, notamment pour les fidèles de la saison dernière. « Ce ne sont pas seulement les anciens abonnés qui sont concernés. Les tarifs étudiants, demandeurs d'emploi et d'autres catégories ont aussi augmenté, alors que le club évolue toujours en quatrième division », regrette un supporter. Les comparaisons fleurissent déjà. « 100 euros derrière les buts ? C'est le prix pratiqué à Angers… qui joue en Ligue 1 ! », ironise un autre passionné. Une remarque qui n'a, nous assure-t-il, « absolument rien à voir » avec la présence de Laurent Boissier, ancien adjoint aux Sports de Jean-Paul Fournier à Nîmes, aujourd'hui directeur sportif du SCO Angers. Face au mécontentement, Thierry Fustier, président de l'association Sauvons Nîmes Olympique, a tenté d'apaiser les esprits. « Il nous a assuré avoir échangé avec le président Thierry Cenatiempo. Les abonnés devraient bénéficier d'un crédit de 15 euros à utiliser à la buvette pour des boissons ou des sandwichs. » Un geste commercial qui ne convainc pas tout le monde. Encore faut-il avoir prévu de manger son casse-croûte au stade...
Un remplaçant à Cenatiempo ? Thierry Cenatiempo avance sur deux fronts. D'un côté, le président du Nîmes Olympique prépare la nouvelle saison après son passage devant la DNCG, qui a validé le budget tout en maintenant un encadrement de la masse salariale. Les conventions conclues l'an dernier entre l'association et la SAS ont également suscité des interrogations de la part du gendarme financier du football. « Tout cela est désormais derrière nous. Il faut préparer l'intersaison avec un objectif clair : monter en Ligue 3 à la fin de la saison », assure un proche du président. Concernant l'entrée annoncée d'investisseurs américains au capital, le calendrier a glissé. « L'opération est reportée à la fin de l'été, le temps que la société américaine soit créée et que les fonds soient injectés. » Pendant ce temps, en coulisses, une autre partition s'écrit. Plusieurs chefs d'entreprise nîmois, mobilisés l'été dernier pour sauver le club, travaillent désormais à une alternative. Sans bruit, mais avec méthode. « Nous respectons le travail de l'audit engagé par la Ville ainsi que celui des autorités compétentes. En revanche, si les vérifications en cours conduisaient à remettre en cause la gouvernance actuelle, nous sommes prêts à prendre nos responsabilités. » Le message est clair. Ces entrepreneurs disent ne plus se reconnaître dans l'évolution du projet actuel. « Nous ne voulons pas faire du Nîmes Olympique un plateau de téléréalité ou le nouvel eldorado d'investisseurs venus d'ailleurs. Nous croyons à un projet nîmois, construit avec les forces vives du territoire et pensé sur le long terme. » Selon nos informations, cette réflexion rejoint une autre ambition : celle de rénover le stade des Costières avec des capitaux privés. L'idée est de transformer l'enceinte en un véritable équipement économique, vivant toute l'année, afin de diversifier les recettes du club et de réduire progressivement sa dépendance aux financements publics. Autrement dit, si la gouvernance actuelle venait à vaciller, une solution de rechange serait déjà dans les starting-blocks. De quoi rappeler à Thierry Cenatiempo que, dans le football comme en politique, il existe toujours un plan B.
Proust, déjà tourné vers l'après ? Franck Proust affichait un large sourire en début de semaine, à l'issue du conseil communautaire de Nîmes Métropole. Il faut dire que le rapport de la Chambre régionale des comptes lui offre un joli satisfecit après six années passées à la tête de l'agglomération.« Les magistrats ont salué le travail accompli. Il laisse une collectivité saine, avec des marges de manœuvre pour investir. Ce n'est pas du tout la situation qu'il avait trouvée en arrivant en 2020… », souligne l'un de ses proches. Mais le patron de la droite nîmoise regarde déjà plus loin. Battu aux municipales, il n'a pas pour autant disparu du paysage. Bien au contraire. « Il a échangé avec Vincent Bouget et lui a assuré qu'il serait constructif. Les défis sont immenses. S'il met son ego et les mauvais conseillers de côté, le nouveau président aurait tout intérêt à s'appuyer sur quelqu'un qui connaît les rouages de l'État et dispose de solides relais à Paris comme à Bruxelles », glisse un élu. Franck Proust peut-il devenir, demain, le meilleur ambassadeur d'un président communiste ? L'intéressé balaie les calculs d'un revers de main. « Mon seul engagement, c'est Nîmes. » Ses proches, eux, se montrent beaucoup moins désintéressés. « Nous avons perdu aujourd'hui, nous pouvons gagner demain. En politique, les cycles sont parfois très courts. Et Franck Proust ne veut pas retrouver la Ville et l'Agglo en ruine le jour où les électeurs le rappelleront. » À 63 ans, l'ancien président de Nîmes Métropole sait qu'en politique, l'expérience est souvent un capital. Et qu'une défaite n'est pas toujours une fin de carrière. Parfois, elle n'est qu'une parenthèse.
Onfray tourne la page gardoise ? Michel Onfray était récemment de passage à Nîmes. Rien de très surprenant pour le philosophe et essayiste, habitué des plateaux de CNews et d'Europe 1, qui participe régulièrement à des événements économiques ou culturels dans le Gard. Il faut dire que Michel Onfray avait ses habitudes dans le département. Une partie de l'année, il résidait dans sa maison de Brignon, charmant petit village situé entre Nîmes et Alès. Mais cette histoire gardoise pourrait bientôt appartenir au passé. Selon nos informations, sa demeure serait en vente depuis plusieurs mois, sans avoir trouvé preneur à ce stade. Dommage pour Steeve Calligaro, le patron du Medef gardois, qui ne pourra pas en faire une tête de gondole pour ses prochains projets politiques. À moins que Michel Onfray ne se découvre, lui aussi, une vocation électorale. Après tout, à force de commenter, critiquer et distribuer les bons points, il pourrait être tenté de passer de l'observation à l'action. Reste une difficulté : devant les électeurs, il ne suffit pas d'avoir toujours raison. Il faut aussi convaincre.
Les trois B de Casano. Bessèges, Bretagne, Bagnols. Voilà le nouveau parcours de Nathan Casano. À défaut d'avoir trouvé son port d'attache politique, l'ancien candidat semble avoir trouvé une méthode : ne jamais rester longtemps au même endroit. Après avoir échoué à devenir maire de Bessèges – il n'avait d'ailleurs pas pu figurer sur sa propre liste, « Bessèges, le meilleur est à venir », en raison de son inéligibilité confirmée par le Conseil constitutionnel –, l'attaché parlementaire du député Alexandre Allegret-Pilot avait tenté sa chance… en Bretagne, à La Grée-Saint-Laurent. Là encore, sans succès. Les urnes lui ayant définitivement fermé leurs portes pour un temps, le voilà désormais à Bagnols-sur-Cèze, où il prend les commandes de la communication municipale. Des Cévennes à la Bretagne pour des « études de droit », puis retour dans le Gard pour un poste stratégique en mairie : le parcours a de quoi surprendre. Une chose est sûre, Nathan Casano sait rebondir. À défaut d'avoir convaincu les électeurs, il semble toujours réussir à retrouver un point de chute. Reste désormais à savoir si, après Bessèges, la Bretagne et Bagnols, un quatrième « B » viendra bientôt s'ajouter à son CV…
Bergeri déjà en campagne. Mercredi soir, lors du conseil d'Alès Agglomération, un visage a suscité bien des commentaires dans les couloirs de l'Atome : celui de Carole Bergeri. Une habituée de la vie politique gardoise, mais beaucoup moins des travées de l'intercommunalité alésienne. La conseillère départementale du canton de Pont-Saint-Esprit n'était pas venue pour intervenir. Officiellement, elle assistait simplement à la séance. Officieusement, elle en a surtout profité pour saluer plusieurs élus, échanger quelques mots, récupérer quelques numéros de téléphone… et, sans doute, glaner quelques promesses de soutien en vue des élections sénatoriales de septembre. La soirée s'est d'ailleurs prolongée autour d'un verre avec l'ancien candidat socialiste à la mairie d'Alès, Basile Imbert. De quoi alimenter un peu plus les conversations. Une chose est certaine : le train Bergeri en direction du Palais du Luxembourg a quitté la gare de Saint-Marcel-de-Careiret. Et il ne devrait pas manquer d'effectuer encore quelques arrêts dans les communes gardoises avant le scrutin de septembre.
Ce sont les dernières indiscrétions de la saison. Une saison particulièrement dense, rythmée par les élections municipales, les grandes manœuvres politiques, les batailles d'influence et quelques révélations qui ont parfois fait grincer des dents. Il est temps de laisser souffler, quelques semaines, le personnel politique, économique… et peut-être aussi les journalistes. Mais que personne ne se repose trop. La vie publique ne s'arrête jamais vraiment. Derrière les portes closes, dans les couloirs des institutions, autour d'un café ou d'un déjeuner discret, les histoires continuent toujours de s'écrire. Les indiscrétions feront leur retour dès le mois de septembre. Et qui sait ? Si l'été venait à réserver quelques surprises particulièrement savoureuses, Objectif Gard pourrait bien écourter ses vacances… Bel été à toutes et à tous !