Il y a encore trois ans, Alès Agglo Volley-ball (AAVB) n’était qu’un club modeste du Gard, avec une cinquantaine de licenciés, qui renaissait de ses cendres après la chute du mythique CAC, club de première division française. Aujourd’hui, avec près de 212 licenciés, le club réalise un exploit : deux montées consécutives, de la Régionale 2 à la Régionale 1, puis vers la Pré-Nationale. Alors qu’une nouvelle saison débute le 19 septembre à domicile face à Montpellier-Castelnau, l’équipe dévoile ses ambitions pour cette année.
Une montée assurée
On les avait quittés en avril dernier dans notre magazine Objectif Gard. À l’époque, ils visaient la montée, où la situation était telle que : avec une équipe senior masculine en 3ᵉ position du championnat de R1, Alès Agglo VB (33 points) semblait loin du podium. Pourtant, la situation était bien plus favorable qu’il n’y paraissait. Comme l’expliquait Cécile Soenen, présidente du club :
« Montpellier HSC VB 4, le deuxième, ne pourra pas monter car il a déjà une équipe en Pré-Nationale. Les Arago de Sète, 4ᵉ, sont dans le même cas. Donc, en réalité, seules deux équipes montent : la première et la troisième. »
Derrière Alès, Nîmes (26 points) et l’ASBAM Montpellier (25 points) avaient déjà joué leur sort. Ainsi, avec huit victoires et deux défaites depuis janvier, les Alésiens ont assuré leur place parmi les deux équipes éligibles à la montée. « Il faut gagner le dernier match, c’est tout. Ce sera à l'extérieur face à Roubia (Aude), huitième du championnat », résumait Cécile Soenen, confiante. Un match qu’ils ont depuis largement dominé, trois sets à zéro, confirmant ainsi leur montée et leurs ambitions à l’échelon supérieur.
Un projet grâce à la formation et à l’ambition
Mais cette réussite d’Alès Agglo VB ne tient pas au hasard. Depuis sa reprise en 2023, le club a triplé son nombre de licenciés, passant de 50 à 212, et mis l’accent sur la formation des jeunes et la professionnalisation de son encadrement. « L’ADN du club, c’est la formation. École de volley, filières M8, M15 et M18, stages pendant les vacances : tout est mis en place pour accompagner les jeunes volleyeurs. »
Le coach Stephan Aitelli, de retour au club depuis janvier après des années d'exil en Bretagne, confirme cette dynamique : « On a eu huit victoires, deux défaites depuis janvier. Les gars ont bien bossé, on voit la progression. Le problème d’Alès, c’est comme dans tous les clubs : les jeunes de 18 ans partent pour les études, il n’y a pas d’université ici. Mais on forme des joueurs qui, même s’ils partent, peuvent revenir plus tard. »
Cette stratégie de long terme est essentielle pour éviter le yo-yo entre les divisions, qui guette les petits clubs. « Si on veut se stabiliser, il faut attirer des joueurs avec un peu de niveau. L’objectif, c’est de se maintenir en Pré-Nationale, de se stabiliser en milieu de tableau, puis de construire une équipe solide », confie Cécile Soenen.
La quête de stabilité
Pour pérenniser cette ascension, Alès Agglo VB avait, en avril dernier, besoin de sponsors, de subventions et de créneaux d’entraînement. « On va être le club évoluant au plus haut niveau du Gard en volley masculin, mais il nous manque des moyens pour structurer le club », expliquait la présidente. « On espère que cette montée va nous rendre plus crédibles auprès des collectivités locales et des entreprises. L’objectif serait de recruter un entraîneur supplémentaire pour intervenir dans les écoles et développer l’école de volley », précisait-elle.
Depuis, le club a réussi à créer une équipe senior réserve masculine avec l’ambition affichée de la faire directement monter en Régionale 1 à la fin de la saison. Désormais, avec le retour d'Élie Merheb, ancien joueur professionnel du CAC, en tant que directeur sportif du club, la restructuration va devenir plus facile. Le recrutement de l’équipe senior a déjà commencé avec d’anciens joueurs d’Arles et de Nîmes.
Mais c’est surtout sur le plan financier que le club a avancé, grâce au retour de sponsors du bassin alésien comme l’entreprise Bonnefoi, à l’arrivée de partenaires majeurs comme ErgoSanté ou Bastide 1880, le tout accompagné d’une refonte de la communication sur les réseaux sociaux et d’un nouveau logo créé pour marquer une nouvelle ère du club.
Malgré tout, le principal frein à Alès Agglo VB reste la fuite des jeunes après 18 ans, faute d’université sur place. « Ghislain Amsellem, avec le CAC, avait réussi à attirer des joueurs grâce à des sponsors, mais l’époque a changé », explique Stephan Aitelli. « Aujourd’hui, on mise sur la formation locale et l’attachement au club pour garder nos jeunes. »
Et après ?
Alès Agglo VB veut incarner cette renaissance du volley cévenol, après la disparition du CAC en 2017. Avec une dynamique de formation, une ambition mesurée mais réaliste, et une volonté de structuration, le club veut retrouver ses couleurs d'antan en devenant un acteur incontournable du volley masculin en Occitanie. « On veut redevenir un club de référence dans le département et dans la région. C’est ambitieux, mais on avance étape par étape », conclut Cécile Soenen.