À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, hier, mercredi 4 février, le comité du Gard de la Ligue contre le cancer a lancé une démarche inédite sur le territoire : interpeller l’ensemble des candidats aux élections municipales afin de connaître leurs engagements concrets en matière de prévention et de promotion de la santé. L’initiative n’a rien d’anecdotique. Elle dit beaucoup de l’état d’esprit des citoyens et de l’urgence sanitaire qui s’installe silencieusement. Car la santé s’impose désormais comme un enjeu majeur du prochain scrutin local, au même titre que la sécurité ou le pouvoir d’achat. Les administrés ne supportent plus d’attendre pour être soignés, que ce soit pour les maux du quotidien ou pour des pathologies lourdes. Les déserts médicaux s’étendent, les délais s’allongent, et l’angoisse gagne du terrain. Plus inquiétant encore, notre capacité collective à éviter le pire est en sérieuse carence. La Ligue contre le cancer le rappelle à juste titre : 40 % des cancers sont aujourd’hui évitables, alors que la prévention reste le parent pauvre des politiques publiques, ne représentant moins de 3 % des dépenses de santé en France. Chaque année, 170 000 cancers évitables sont diagnostiqués, souligne le Dr André Mathieu, président du comité du Gard. Après le constat, quelles solutions ? Les municipales peuvent apporter des réponses. Contrairement à une idée reçue, les communes ne sont pas impuissantes face aux enjeux de santé publique. Bien au contraire. Les leviers d’action sont nombreux et déjà à portée de main : alimentation scolaire, mobilités, qualité de l’air, activité physique, santé environnementale, urbanisme ou encore cadre de vie. Pour accompagner les futurs élus, la Ligue contre le cancer propose 30 actions concrètes de prévention et de promotion de la santé, adaptées aux réalités des territoires. Mettre en place des espaces sans tabac, informer les habitants sur les périodes d’épandage de pesticides, encourager la vaccination des plus jeunes contre les infections à papillomavirus humains (HPV), aménager des infrastructures cyclables, des zones à trafic limité et des espaces favorisant la marche, renforcer la prévention des addictions en luttant contre la vente d’alcool, de tabac et de produits de vapotage aux mineurs, ou encore organiser des actions de dépistage du cancer du sein, du col de l’utérus et du cancer colorectal. Autant de mesures, peu coûteuses, mais potentiellement décisives. À l’heure des promesses de campagne, les électeurs sauront se souvenir de celles et ceux qui auront choisi d’agir. La santé n’attend plus.
Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 05.02.2026 - Abdel Samari - 2 min
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- Photo Objectif GardLes administrés ne supportent plus d’attendre pour être soignés, que ce soit pour les maux du quotidien ou pour des pathologies lourdes.
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Abdel Samari