C'est à l'occasion de ses derniers vœux de mandat que le président de Terre de Camargue, Robert Crauste, dévoile une information qui pourrait marquer un tournant sur son territoire. "Pour son développement, notre collectivité ne pourra pas rester à cette échelle". Autrement dit : une éventuelle fusion est envisagée. Le maire du Grau-du-Roi a confirmé la mise en place d'études pour savoir si les trois communes se tourneront vers le Pays de l'Or (dont le siège, Mauguio, est situé dans l'Hérault) ou la Petite Camargue, où le chef-lieu se situe à Vauvert.
"Ces études sont faites aujourd'hui. Elles seront à disposition du nouvel exécutif. La première étape sera les élections municipales pour élire un nouvel exécutif. Et à ce moment-là, bien sûr, ceux qui seront en place prendront toutes leurs responsabilités", affirme Robert Crauste. Il faut dire que les relations entre l'élu grauléen et le président du Pays de l'Or Stéphane Rossignol (également maire de La Grande-Motte) sont bonnes, au point qu'il soit déjà arrivé que l'élu héraultais se rende à des inaugurations sur la commune graulenne.
Mais d'un autre côté, la Petite Camargue, composée de cinq communes, se situe déjà dans le même département. Et son président André Brundu ne s'opposerait pas à cette union. "Je suis bien comme je suis, mais si je dois m'élargir, je penserai à la Terre de Camargue, au Pays de Sommières ou à Rhôny-Vistre-Vidourle. En tout cas pour le moment, c'est une idée plutôt secondaire", commente le maire d'Aubord.
Quant à lui, le président du Pays de Sommières, Pierre Martinez, n'a jamais caché son attachement à la communauté d'agglomération de Lunel, qui fait d'ailleurs partie du PETR Vidourle Camargue, dont il est le président. Un rassemblement des deux collectivités ne serait donc pas une idée saugrenue pour le premier édile.
"Les remaniements ne sont plus à la mode"
Philippe Gras, président de Rhôny-Vistre-Vidourle, n'est franchement pas fan de l'idée d'une fusion avec une autre communauté de communes ou d'agglomération. "Notre collectivité fonctionne très bien, et les remaniements ne sont plus à la mode. Nous sommes dix maires et tout le monde participe à la vie de l'intercommunalité", réagit-il. "Après, si on me démontre qu'il y a un réel avantage à ce que l'on s'unisse à un autre territoire, pourquoi pas. Mais il y a beaucoup de sujets à prendre en compte et il ne faut pas être déstructuré", ajoute-t-il.
Le 1ᵉʳ janvier 2013, suite à l'application de la réforme des collectivités territoriales et des décisions du conseil départemental de coopération intercommunale du Gard, toutes les structures intercommunales de moins de 5 000, voire 10 000 habitants ont été supprimées, et forcées à se rattacher à d'autres maillons existants de la chaîne. Dans certaines structures comme Leins-Gardonnenque ou Mont-Bouquet, plusieurs collectivités ont récupéré les communes. Quoi qu'il en soit, le sujet reste complexe et chaque territoire voudra y trouver son intérêt.