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Publié il y a 1 an - Mise à jour le 05.11.2022 - corentin-corger - 7 min  - vu 2481 fois

FAIT DU JOUR Renaud Ripart : "On faisait des bisous sur le crâne de Robert Malm"

Ce 16 mai 2008, Renaud Ripart, alors âgé de 15 ans, est ramasseur de ballon et se jette sur Robert Malm au coup de sifflet final (Photo Icon Sport) - Nicolas Guyonnet / Icon Sport

Renaud Ripart a fait ses adieux aux Costières le 16 mai 2021 (Photo Anthony Maurin) • Anthony MAURIN

Nous y sommes ! Cet après-midi à 15h, le stade des Costières va vivre le dernier match de son histoire entre Nîmes Olympique et Bordeaux pour la 14e journée de Ligue 2. Depuis dix jours, nous rendons hommage à cette enceinte construite en 1989. Pour ce grand jour, quoi de mieux que de faire parler le joueur qui a sans aucun doute marqué le plus cette enceinte. Nîmois pur souche, Renaud Ripart a tout connu aux Costières.

D'abord spectateur puis ramasseur de balle, il y a ensuite joué pendant 10 ans (2011-2021) en connaissant notamment la montée en Ligue 1. Désormais à Troyes, l'attaquant a joué 122 rencontres (soit le deuxième en termes de matches disputés) et marqué 32 buts, ce qui en fait le meilleur buteur de l'histoire des Costières. Interview souvenirs.

Objectif Gard : Derrière Benoît Poulain (130 matches), vous êtes le deuxième joueur ayant disputé le plus de matches au stade des Costières. Que ressentez-vous ?

Renaud Ripart : C’est sympa, c’est des bonnes statistiques ! Je suis content que ce soit Benoît qui soit devant car c’est un joueur que j’admirais avant de le connaître. Ensuite, on est devenu ami ! Il est formé au club aussi donc le clin d’œil est sympa. Malgré tout ce qu’il se passe on a besoin de garder une identité nîmoise. Benoît fait partie des joueurs qui peuvent véhiculer ces valeurs donc c'est bien qu'il soit revenu.

En revanche, vous pouvez dire : "Je suis le meilleur buteur de l'histoire des Costières". Qu'est-ce que cela vous fait ?

On parle des bons moments et c’est ce qui reste. En toute humilité, d'avoir ce petit astérisque dans ma carrière c’est top. J’ai tout connu dans ce stade que ce soit dans les tribunes, comme ramasseur de balle ou sur le terrain. C’est beaucoup de souvenirs et aujourd'hui je suis un peu nostalgique comme tout le monde mais je pense que la fête sera belle.

Parmi ces 32 buts inscrits, lesquels sont les plus beaux pour vous ? 

Je ne suis pas trop habitué à marquer des beaux buts (rires) ! Celui qui m’a procuré le plus d’émotion c’est le but contre le Paris FC de la tête en toute fin de match l’année où l'on monte. C’est une période où l'on avait moins de réussite et l'on gagnait un peu moins de matches. Remporter celui-là alors que l'on était menés était vraiment important. Et aussi celui contre Marseille ! Quand tu revois le match, l’ambiance était incroyable et marquer le troisième but à cinq minutes de la fin nous garantissait la victoire !

C’est là où vous dites "Grande jugador" (*) à Laurent Paganelli ? 

Oui c’est ça (rires) ! Dans l’euphorie, j’ai dit n’importe quoi.

"J’avais pris un carton jaune car j’étais monté au grillage pour célébrer avec les Gladiators"

Parlons de vos célébrations. D'où vient celle du matador ?

Quand tu revois la célébration de mon premier but, tu vois qu’il y a eu de l’évolution. J’étais tellement content que j’avais couru n’importe où. Je m’étais jeté à plat ventre sur le terrain sauf qu’il était un peu sec, je n'avais pas trop glissé. Quand t’as beaucoup d’émotion, tu fais un peu n’importe quoi. J’avais du mal à me canaliser. Une fois j’avais pris un carton jaune car j’étais monté au grillage pour célébrer avec les Gladiators. Pour le matador, c'est mon père qui m'a dit un jour : "Tu devrais faire ça". Je lui ai répondu : "C'est une trop bonne idée". Sauf que dès que je marquais, je n'avais pas la lucidité d'y penser. Un jour je l’ai fait et j’ai vu que ça a accroché. Donc inconsciemment j’ai pris l’habitude de le faire. La première fois c'était contre Châteauroux mais face au pesage Ouest donc ça avait eu moins d'impact. Puis il y a eu le match contre Paris FC et ça a marqué les gens. Je ne voulais plus changer car ça me correspondait bien au club et à la ville.

Le maestro des Costières (Photo Anthony Maurin)

Puis un supporter vous a carrément amené le capote...

Oui des supporters étaient venus avec un petit, pour les enfants. En rigolant j’ai dit qu’il m’en fallait un vrai. Au match d’après, la cape était posée sur le bord du terrain ! Je continue parfois de le faire à Troyes même si je n’ai pas marqué autant que j’aimerais.

Lorsque vous faites le geste au soir du dernier match de la première saison cela doit rester un moment fort, n'est-ce pas ?

Ce soir-là, il y avait énormément de joie, de satisfaction d’avoir fait cette saison et d’avoir pu la partager avec le public qui avait mis l’ambiance toute la saison. De communier ensemble comme ça c’était particulier et vraiment bien. Dans le foot comme dans la vie, les bons moments passent plus vite que les mauvais. Il faut en profiter au maximum car ça passe a une vitesse folle.

C'est sûrement difficile mais si vous deviez choisir vos meilleurs souvenirs quels sont-ils ?

Je pense d'abord à la montée en Ligue 1 avec ce match contre le Gazélec Ajaccio. Évidemment le 3-1 contre Marseille avec un stade plein pour le retour de la Ligue 1 aux Costières. Cela ne pouvait pas mieux se passer ! Il y avait une ambiance comme rarement on a connu aux Costières. Et ensuite mon premier but inscrit contre Fréjus (le 13 janvier 2012 en National). Même si cela remonte à loin, c’est un des moments qui m’a marqué et dont je me rappellerai toute ma vie. Et il y aussi la montée en Ligue 2 en 2008 où j’étais ramasseur de balle avec une ambiance magnifique. Il y a aussi les souvenirs en tant que spectateur. L'épopée de Coupe de France en 2005, j'avais fait tous les matches. En 2009, pour le derby contre Montpellier j'étais avec les Gladiators sous le tifo.  Par chance, j’ai vécu plus de bons moments dans ce stade que de mauvais donc je suis content.

Renaud Ripart a tout connu aux Costières (Photo Anthony Maurin) • Anthony MAURIN

En tant que joueur si vous devez choisir entre la saison de la remontée des -8 points, celle de la montée en ligue 1 et la première en Ligue 1, vous mettez laquelle en premier ?

C’est dur ! Mais je dirais la saison des -8 points qui a vraiment été forte. D’autant plus que ça a plutôt duré six mois qu’une saison. Ces moments-là, ils ont été incroyables. Je repense à toutes les arrivées à la gare, le stade qui se remplit d’un coup après nos quatre victoires en janvier. S’il n'y a pas cette saison, il n'y a pas celles d’après. C’est la base de tout. C’est là où on a créé une dynamique avec une épopée.

"J’ai grandi qu’avec ce stade"

Quelle est l'anecdote qui vous lie à jamais avec ce stade ?

Le soir où j'étais ramasseur de balle contre Laval. Au coup de sifflet final, j’étais à côté d'un ami et il y a eu l’envahissement de la pelouse. On est partis en courant vers Robert Malm parce qu’il avait marqué beaucoup de buts cette saison et on s’est tous jetés sur lui. On faisait des bisous sur son crâne tellement on était contents comme Fabien Barthez avec Laurent Blanc (rires). Il y a une photo qui existe de ce moment et j'en ai parlé avec Robert il y a quelques années.

Que ressentez-vous de voir le stade des costières disparaître ? 

C’est un sentiment vraiment particulier. Cela fait quelques années qu’on sait qu’il est amené à disparaître et qu’il lui fallait un coup de neuf. Plus ça approche plus on se dit que c’est la fin de quelque chose. J’ai grandi qu’avec ce stade donc forcément ça fait un petit pincement au cœur. Maintenant si c’est pour une bonne évolution pour le club et que c’est bénéfique par la suite il faut le faire.

Votre dernier match au stade des Costières envoyait Nîmes Olympique en Ligue 2. Cela vous laisse-t-il un goût amer ?

Oui c’est un mauvais souvenir car ça a scellé notre destin en Ligue 1. En plus c’était à huis clos. C’est vraiment un des pires souvenirs de mon passage au Nîmes Olympique. C’est comme ça mais je préfère garder les bons moments.

Renaud dans ses oeuvres lors du fameux match contre l'OM remporté 3-1 (Photo Jean-Claude Azria)

Cette dernière saison sans public a été difficile à vivre, n'est-ce pas ?

À un moment donné, on joue aussi au football pour l’ambiance dans les stades et après ce qu’on avait vécu pendant les deux premières saisons de Ligue 1, cela nous a pas aidé. Après il n'y avait pas que ça, on ne peut pas tout mettre là-dessus. C’est dommage autant pour nous que pour le public de ne pas avoir pu vivre cette dernière saison dans un stade plein.

Suivez-vous toujours l'actualité sportive du club ?

Bien sûr ! Dès que j’ai l’occasion je regarde, j’ai encore des amis ici. Maintenant que je suis parti, je suis redevenu supporter. J'espère de tout coeur que le club va se maintenir. C’est important avec les souvenirs que chacun a dans ce stade de lui dire au revoir et profiter tous ensemble de ce moment.

"Je leur montrerai des vidéos"

Est-ce un regret que vos deux petits garçons (Pablo et Hugo) n'aient pas connu les Costières ?

Oui surtout qu’ils se seraient régalés même s’ils sont encore petit. J’aurai dû les faire plus tôt si j’avais voulu qu’ils connaissent le stade (rires) ! Mais c’est la vie c’est comme ça. Je leur montrerai des vidéos s’ils me me croient pas, plus tard.

Renaud en décembre 2012 en conférence de presse aux Costières à 19 ans (Photo Objectif Gard)

Vous le Nîmois, aimeriez-vous un jour jouer dans le stade de transition des Antonins ?

Honnêtement je n'y ai pas trop réfléchi. Je ne me projette pas. Je suis déjà très content que le pesage des Gladiators ait été rouvert pour les derniers matches. Ça leur tenait à cœur d’être présents pour qu’il puisse y avoir un adieu à ce stade digne de ce nom. Je sais qu’ils feront bien les choses et qu’il y aura une super fête. J’espère que ça aidera un maximum l’équipe.

Est-ce que vous pensez à revenir à Nîmes à la fin de votre carrière ?

Pourquoi pas. J’espère que la question ne se posera pas tout de suite. Mais il faut voir, je n’ai pas envie de me projeter sur le long terme. J’ai envie de profiter de chaque moment de mon côté et puis après l’avenir nous le dira.

Propos recueillis par Corentin Corger

Corentin Corger

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