C’est à la fois un moment fort de la vie de la cité et un moment important de fête. Fort, car il rassemble des milliers de personnes qui viennent voir et vivre une expérience. Important, car tous ces gens en profitent pour passer du bon temps et lancent réellement la saison nîmoise.
Festif et familial, ce week-end à rallonge s’est imposé comme l’une des plus grandes reconstitutions historiques sur l’Antiquité en Europe. Il faut dire que, dans les arènes, on parle tout de même d’une fresque humaine composée de 500 reconstituteurs qui sera jouée et qui rappellera l’une des histoires de la grande Rome.
Sans exhaustivité, César, Vercingétorix, des rois barbares, Cléopâtre, Hannibal, Germanicus, Boudicca, Romulus y sont passés et, pour une deuxième fois, Spartacus va lever son poing ensanglanté ! C’est lui, cet esclave qui s’est libéré et qui a défié l’empire qui reviendra en piste cette année sur le sable de l’amphithéâtre.
Lui, le gladiateur fait son retour dans un monument qui a été créé pour ça, exactement, et qui vit encore le spectacle d’antan, selon les lois modernes, dans ce même lieu. Le dernier week-end du mois d’avril sera roman ou ne sera pas ! Mais cette année et même si on connaît déjà cette histoire, Edeis repart de zéro. La direction a une nouvelle fois changé, mais, peut-être pour la première fois, elle s’inscrit enfin dans le local.
C’est Souhel Melaouhia qui a pris en charge la direction des monuments nîmois. Elle était déjà là du temps de Culturespaces, elle a assisté les diverses directions depuis, elle connaît les enjeux, les problématiques, les errances et les erreurs à ne pas commettre. Elle fera forcément de son mieux avec les moyens dont elle disposera mais gageons que cette histoire repart du bon pied !
Pour la Nîmoise : « C’est notre 16ᵉ édition et nous allons aborder l’histoire épique de Spartacus ! C’est une aventure qui a secoué Rome et c’est une histoire passionnante. En piste, il y aura 500 reconstituteurs venus des quatre coins de l’Europe, avec des cavaliers et des cascadeurs. » Giovanni Brizzi sera le conseiller historique du spectacle.
Les tarifs restent accessibles, notamment pour les familles avec une entrée pour les enfants à partir de cinq euros et pour les places les plus onéreuses, comptez 67 euros. Le spectacle est gratuit pour les moins de quatre ans. Mais Edeis joue aussi sur un autre tableau.
Souhel Melaouhia reprend : « Nous avons aussi le fort des légionnaires au Bosquet de la Fontaine. Là-bas, le public verra la vie des légionnaires romains, mais aussi la vie civile antique avec des ateliers divers et variés. Le fort sera ouvert cinq jours. Nous organisons sur place un « banquet des légionnaires ». Il n’y a que 100 places ouvertes à la réservation, mais c’est toujours un moment sympa en immersion. » L’entrée au fort est fixée à sept euros (quatre en réduit) et le banquet à 35 euros, réservation obligatoire.
Enfin et troisième élément mis en avant par le délégataire de service public, les déambulations, défilé et cérémonie. Les déambulations ? En fin de matinée les jours de spectacle, les badauds pourront voir défiler dans les rues de la ville les troupes armées qui iront au combat dans l’après-midi. Un moment toujours sympa à vivre aussi bien pour les enfants que pour les parents !
« Nous avons aussi la visite aux flambeaux, en nocturne donc, des arènes dans les coulisses d’un tel spectacle avec la gladiatrice Achillea. Sinon, le grand défilé nocturne et la cérémonie qui ira avec partiront de la Maison Carrée et se finiront sur le parvis des arènes. C’est toujours spectaculaire ». Et c’est gratuit ! Enfin, pour le défilé et la cérémonie, car si vous voulez assister à une visite aux flambeaux, comptez 14,50 euros pour les 45 minutes d’une visite atypique.
Deux conférences historiques seront organisées sur le site de Vauban le 22 et 23 avril avec Vivien Barrière et Hélène Ménard.
Adjoint aux Festivités, Frédéric Pastor apprécie ces journées romaines. Elles font reprendre vie à la cité. « C’est un moment fort du calendrier nîmois. En fait, ce sont deux temps forts car il y a aussi le spectacle du mois d’août pour que le maillage soit complet. Le village gallo-romain abordera la céramique, l'alimentation, le bronze, le cordage, le cuir… Situé sur l’Esplanade, il rencontre un grand succès. Bref, sur trois jours, l’offre est globale à proximité des arènes. La fauconnerie sera aussi sur l’Esplanade, mais il y aura des ateliers et des démonstrations de gladiature et de danse, place Gabriel-Péri. Enfin et pour la première fois, les Compagnons du Devoir viendront parler savoir-faire artisanal, métallerie et taille de la pierre. »
Ailleurs que dans les arènes, c’est toute la ville qui voyage dans le temps et qui se met à la page antique. Logique pour la Rome française ! Adjoint au maire délégué à la Culture, Daniel Jean Valade note quant à lui :« Au cours de cette semaine, nous avons le spectacle mais aussi des animations, notamment aux Jardins de la Fontaine avec quatre propositions. Des lectures théâtrales autour de Spartacus, deux spectacles sur un médecin (malgré lui) de gladiateur et sur Spartacus lui-même, il y aura aussi un défilé de mode antiquisante et des ateliers jeune public et pour les familles sur la gladiature, la médecine, les couronnes végétales... »
Valentine Wolber, adjointe au Commerce, se satisfait également de ces journées de lancement de la saison touristique. Le dernier week-end d’avril, une période stratégique et importante pour calibrer l’été à venir. « Sur l’Esplanade, en tout il y aura une quarantaine de stands, c’est un incontournable pour prendre connaissance du commerce de l’époque. Chaque année, plusieurs milliers de personnes s’y retrouvent et les commerçants du centre-ville prennent part activement à la bonne ambiance générale de ce week-end. L’office de tourisme organise également une chasse au trésor pour découvrir le patrimoine en famille et de manière ludique. »
Pour rester dans le ludisme, le musée de la Romanité n’est pas en reste. Comme toujours, il programme des activités spécifiques. Une conférence sur ce que l’on sait de la vie de Spartacus, un spectacle et des ateliers sur la gladiature du Haut-Empire par les spécialistes de chez Acta (qui tiendra aussi un stand). L’association La Couenne parlera quant à elle des armes des gladiateurs et la compagnie Pax Augusta proposera trois démonstrations d’infirmerie à la romaine, de détente à la manière des empereurs romains et de la pharmacie de l’époque.
N’oubliez pas et n’hésitez pas à vous costumer, à descendre en ville pour flâner, à discuter avec les passionnés qui défileront dans les rues et qui joueront dans les arènes, à manger un morceau plus ou moins antique et à aller sur le marché, vous y dégusterez et y débusquerez des choses sympas !
« Les Nîmois, mais aussi les nombreux visiteurs, attendent avec impatience ce rendez-vous annuel qui a vu sa notoriété renforcée. La multiplication des animations permet d'offrir au grand public des journées exceptionnelles. Les Nîmois se sont vraiment approprié cette grande manifestation. Elle cultive nos racines antiques et met en scène de manière historique nos monuments romains », se réjouit Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes.
Tarifs de 16 à 67 euros. Réservations ici.