Comment sont éteints les 95 % des feux dont personne n'entend jamais parler ? Comment se monte un dispositif ? Voilà les étapes. C'est l'objectif de la démonstration organisée ce jeudi sur la base de la Sécurité civile de Nîmes-Garons.
Après un déplacement dans le quartier Pissevin à Nîmes dans la matinée, Laurent Nuñez s'est rendu ce jeudi sur la base de la Sécurité civile de Nîmes-Garons. Une visite consacrée à la lutte contre les feux de végétation et à la présentation des moyens mobilisés à l'approche de l'été.
Dans les coulisses de la lutte contre les incendies
Sur le tarmac de la base de la Sécurité civile de Nîmes-Garons, avions, hélicoptères et camions rouges se succèdent sous les yeux des ministres. Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, et Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, accompagnés de Vincent Bouget (maire de Nîmes) et Jérôme Bonet (préfet du Gard), assistent à une démonstration grandeur nature des moyens engagés chaque année contre les incendies de forêt. Une "manip" organisée par le lieutenant-colonel Éric Guiboud-Ribaud, chef du groupement Prévision du SDIS 30.
L'exercice reproduit le déroulement d'une intervention type. Un départ de feu est signalé. Les premiers engins terrestres convergent vers la zone. Un avion de reconnaissance décolle pour évaluer la situation et guider les secours. Puis interviennent les Dash du guet aérien armé (GAAr), chargés de larguer du retardant afin de freiner la progression des flammes. Les hélicoptères bombardiers d'eau plus précis et les Canadair prennent ensuite le relais, alors qu'une sirène indique aux pompiers de se mettre à l'abri avant l'arrivée des trombes d'eau.
« Dans les incendies, le ministre arrive souvent lorsqu'il y a déjà une catastrophe », explique le lieutenant-colonel Éric Guiboud-Ribaud, chef du groupement Prévision du SDIS du Gard et organisateur de la démonstration. « L'objectif ici est de présenter comment les opérations se traitent exactement sur le terrain et comment se coordonnent les moyens départementaux, zonaux et nationaux. »
L'exercice permet également de montrer la montée en puissance progressive des secours. Renforts départementaux, colonnes venues d'autres territoires, moyens aériens nationaux et brigades militaires de la sécurité civile interviennent successivement selon l'évolution de la situation. « Comment sont éteints les 95 % des feux dont personne n'entend jamais parler? Comment se monte un dispositif ? Voilà les étapes », confie le lieutenant-colonel.
Prévention, anticipation
À quelques semaines du cœur de l'été, les autorités rappellent que la préparation repose sur l'anticipation. Au niveau national, la flotte compte aujourd'hui douze Canadair, huit Dash et six hélicoptères bombardiers d'eau lourds. Dans le Gard, jusqu'à six groupes d'intervention prépositionnés peuvent être déployés lors des journées les plus à risque.
La visite s'est achevée par la visite des stands partenaires de prévention des feux de forêt et la signature de la commande de deux nouveaux Canadair auprès de la compagnie canadienne De Havilland. Une acquisition qui s'inscrit dans la stratégie lancée après les incendies majeurs de 2022. « Le président de la République avait promis le renforcement de la flotte de Canadair par l'acquisition de quatre appareils », a rappelé Laurent Nuñez. « La commande de ces deux nouveaux aéronefs répond très directement à cet engagement. »
Les deux premiers appareils, commandés en 2024 avec le soutien de la Commission européenne, doivent être livrés dans les prochaines années. Avec cette nouvelle commande, l'État poursuit l'adaptation de son dispositif face à un risque incendie qui ne concerne plus seulement le pourtour méditerranéen mais progresse désormais vers des territoires jusqu'ici moins exposés.