Depuis sa création il y a 10 ans, Gard Entreprises s’est imposé comme un acteur clé du tissu économique gardois. Réseau indépendant, il fédère aujourd’hui près de 500 adhérents, représentant plus de 1 200 chefs d’entreprise (artisans, commerçants, industriels, libéraux, agriculteurs). Son credo ? Simplicité, convivialité et efficacité. « On n’est pas un syndicat, ni un parti. On est des entrepreneurs qui se serrent les coudes pour peser ensemble », résume Jean-Pierre de Faria, président de Gard Entreprises.
L’association a su se renforcer au fil des années, en intégrant une nouvelle génération d’entrepreneurs et en diversifiant ses actions : formations, rencontres thématiques, accompagnement sur les sujets d’actualité (facturation électronique, IA, transition énergétique…). « Notre force, c’est notre ancrage territorial. On est là pour défendre les intérêts des TPE-PME qui n’ont pas toujours accès aux mêmes ressources que les grands groupes », explique De Faria, également maire de Saint-Ambroix.
Un mouvement national ancré dans le Gard
Gard Entreprises a donc choisi de marquer son anniversaire ce jeudi 25 juin, au CFA BTP de Méjannes-lès-Alès, en invitant Hervé Novelli. L'ancien secrétaire d'État à l'origine de la mise en place du statut d'auto-entrepreneur, a pu tenir des conférences toute la journée devant des centaines de chefs d'entreprise, indépendants, libéraux, artisans, agriculteurs, partenaires, soutiens et amis.
Pour l'occasion, le mouvement entreprenarial a voulu donner un caractère particulier à l'événement en s’associant au Cercle des entrepreneurs engagés (CEE), un mouvement national indépendant, né d’un constat : « Depuis 65 ans, aucun dirigeant politique français n’est issu de l’entreprise. » Pour Hervé Novelli, l’objectif est clair : « Créer un rapport de force pour que la classe politique écoute enfin les entrepreneurs. »
Le CEE, cofondé par Novelli et Pierre Gattaz (ex-président du MEDEF), veut porter la voix des entrepreneurs dans le débat public, sans filtre partisan. « L’opinion publique a compris que l’entreprise est le seul lieu de création de valeur. Pendant le Covid, quand les entreprises se sont arrêtées, la croissance s’est effondrée. Aujourd’hui, l’entrepreneur est en tête des professions les plus appréciées des Français », a souligné Novelli. Pourtant, « la classe politique reste sourdement indifférente ».
Un territoire résilient et engagé
Jean-Pierre de Faria a rappelé que Gard Entreprises incarne des valeurs simples : convivialité, partage, et engagement concret. « On n’est ni un syndicat, ni un parti. On est un réseau d’entrepreneurs qui veulent peser sur les décisions qui les concernent », a-t-il expliqué. Avec 450 adhérents (et un objectif de 500 d’ici la fin de l’année), le réseau mise sur la transmission et l’innovation, en intégrant une nouvelle génération d’entrepreneurs.
Hervé Novelli a salué la dynamique entrepreneuriale alésienne, fondée sur des entreprises souvent familiales, résilientes et ancrées dans leur territoire. « Ici, on a un écosystème où les élus locaux accompagnent les entreprises, contrairement à l’image d’une administration qui étouffe l’initiative », a-t-il noté, citant en exemple la collaboration entre la mairie d’Alès et les acteurs économiques.
Une charte pour peser dans le débat national
Gard Entreprises a signé la charte du CEE fin 2025 et rejoint son comité de pilotage. « On veut que 200 entreprises du Gard adhèrent à cette charte », a annoncé De Faria. L’objectif est de construire une force d’influence pour défendre les intérêts des TPE-PME, souvent oubliées des grands débats.
Novelli a insisté sur l’urgence : « Il faut s’engager, militer, pour que les politiques comprennent que sans entrepreneurs, il n’y a pas de pays puissant. » Pour lui, la solution passe par l’union des entrepreneurs : « On ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés », citant Einstein.
Christophe Rivenq : « Les territoires sont la solution »
Christophe Rivenq, maire d’Alès et président de l’Agglomération, invité pour l'occasion, a tenu à rappeler que les élus locaux jouent un rôle clé dans le soutien aux entreprises. « Il y a deux classes politiques en France : celle qui pense à sa réélection, et celle qui agit pour son territoire. À Alès, nous avons fait le choix de l’action », a-t-il déclaré.
« Ici, on accompagne les entrepreneurs au quotidien. Le territoire alésien est résilient parce qu’il mise sur l’industrie, l’artisanat et l’innovation. Et ça paie : nous sommes l’une des agglomérations les plus dynamiques de France », a-t-il souligné. Pour Rivenq, la collaboration entre élus et entrepreneurs est la clé : « Quand les deux mains se tendent, un territoire se développe. Et c’est ce qu’on fait ici. »
Un appel à l’action
La soirée s’est conclue par un cocktail dînatoire, moment d’échange et de networking entre entrepreneurs. « On ne veut plus attendre. On s’engage », a résumé De Faria.
Pour Novelli, le message est sans ambiguïté : « L’entrepreneur doit sortir de son entreprise et dire : ‘Assez !’ Les valeurs de l’entrepreneuriat — initiative, responsabilité, risque — doivent être au cœur de la révolution à venir. »