Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon va prendre part à la bataille des sénatoriales à la fin du mois prochain. La France insoumise a dévoilé la composition de ses militants, déjà en campagne. Après les alliances NUPES et NFP avec les autres partis situés à gauche de l'échiquier politique, la France insoumise se retrouve désormais seule. Ce fut déjà le cas à Nîmes lors des élections municipales, où le Parti communiste avait choisi de s'associer avec le Parti socialiste, les Écologistes, le Parti radical de gauche ainsi que Place publique, laissant LFI faire bande à part. C'est encore la même pour les élections sénatoriales.
La tête de liste est l'élu Jean-Baptiste Thibaud, connu pour être l'actuel adjoint du Vigan à la politique culturelle, sur la liste de Sylvie Arnal, elle-même candidate sur la liste de Denis Bouad. Né à Nîmes il y a plus de 70 ans, il est diplômé en ingénierie agronome et a passé une grande partie de sa carrière à Montpellier, dans la recherche au CNRS, plus précisément en biologie. "J'ai beaucoup travaillé sur des problématiques de nutrition et de plantes. Sur les dernières années de ma carrière, j'ai travaillé sur la neurophysiologie des abeilles, notamment sur l'impact des pesticides."
Militant à La France insoumise depuis de nombreuses années, il n'avait pas particulièrement vocation à être candidat, jusqu'à ce qu'on vienne le chercher il y a quelques mois. "On m'a appelé pour monter une liste mais ce n'était pas mon projet personnel. Mais maintenant j'y suis, j'ai une ambition politique dévorante", explique-t-il. "On y va avec la conviction de porter un projet politique de gauche, et on a l'impression d'être les seuls. De gauche mais surtout écologique, ce qui est l'axe central du projet politique que l'on porte chez LFI."
Marie-Pierre Vaselli est la numéro 2 de la liste. Conseillère municipale de la commune de Sauveterre, elle commence la politique en 2008 avec la création du Parti de gauche, qui a rejoint LFI. Vient ensuite Xavier Segura, conseiller municipal à la Jeunesse, au sport et à la communication de Montaren-et-Saint-Médiers, puis Élodie Bonnet, ingénieure agronome aux alentours d'Alès, et enfin Christophe Clément, élu d'opposition à Sommières, et éducateur au ministère de la Justice, dans la prévention de la délinquance.
"Le Parti communiste a préféré continuer sa tambouille peu reluisante avec le Parti socialiste"
Charles Ménard, responsable du mouvement dans le Gard, réfute tout accord futur avec le PS, qu'il estime avoir été acteur du maintien du gouvernement Lecornu, en ne votant pas la motion de censure. "Et le Parti communiste a préféré continuer sa tambouille peu reluisante avec le Parti socialiste. On en prend acte, ils font une liste PS-PCF, mais la France insoumise est la première force politique de gauche et écologiste à l'Assemblée nationale."
Le référent pointe du doigt les désaccords au département entre les socialistes. "Ils sont divisés, le duel Pissas-Bouad n'est toujours pas fini. Et il y a Carole Bergeri, à qui on a fait des promesses. Ils ont aussi perdu la mairie socialiste de Vauvert au profit du RN." Il regrette également qu'un consensus n'ait pas été trouvé en 2024 autour de Michel Sala, député sortant battu sur la cinquième circonscription du Gard : "Tous les élus qui se disent très majoritairement de gauche, je ne les ai pas vus faire campagne pour lui, au contraire. Ils ont préféré l'élection d'un facho à celle d'un candidat de gauche", fustige-t-il. Tout en rajoutant une couche sur Carole Delga : "Je ne comprends pas très bien sa position."
Avant que la tête de liste n'assène un coup à Denis Bouad : "Il appartient à un parti qui, depuis deux ans, n'arrête pas de soutenir Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale, de sauver les gouvernements successifs, de voter des dispositifs budgétaires antisociaux. C'est un peu compliqué pour monsieur Bouad de se réclamer de gauche. J'invite tous les grands électeurs qui s'apprêtaient à voter pour lui à être un peu plus en cohérence avec leurs idées."
Et la numéro 2 a également son mot à dire : "Le Parti socialiste quand on voit ce qu'il vote à l'Assemblée nationale, ils ne sont plus à gauche, et même à droite, voire un peu plus à droite que ça. Ce n'est pas nous qui voulions une séparation, ce sont eux. Les communistes votent la même chose que nous à Paris, et ils s'allient avec le PS. De quel côté êtes-vous ? Est-ce que vous défendez les mêmes positions que nous ?" "C'est un parti qui est en train de s'effondrer. Ils n'ont quasiment pas de militants. C'est un parti d'élus qui cherche par tous les moyens à se maintenir, ils recherchent des alliances d'opportunité. Pourquoi Denis Bouad ne se retire pas pour empêcher le RN de passer ?", renchérit Jean-Baptiste Thibaud. Des propos qui risquent de faire réagir pendant la campagne.