Publié il y a 1 h - Mise à jour le 21.01.2026 - Thierry Allard - 3 min  - vu 57 fois

FAIT DU SOIR Le Bagnolais Jean-Luc Buyck, nouveau président des prud’hommes et « juge de terrain »

Jean-Luc Buyck est le nouveau président du Conseil des prud'hommes de Nîmes

- Thierry Allard

À 66 ans, Jean-Luc Buyck a été élu jeudi dernier président du Conseil de prud’hommes de Nîmes. Un poste qu'il connaît bien, puisqu’il l’a déjà occupé à trois reprises.

Pour Jean-Luc Buyck, les prud’hommes sont un prolongement d’une carrière professionnelle largement tournée vers les autres. Technicien à Marcoule, où il a fait toute sa carrière, il a longtemps occupé des fonctions syndicales importantes : « Je voulais défendre la veuve et l’orphelin, et j'avais un principe : un salarié rentre sur le site pour travailler, il doit en ressortir comme il est rentré, en bonne santé. »

Un engagement qui vient de loin, lui qui a grandi avec une mère divorcée et quatre frères et soeurs dans le quartier des Escanaux, à Bagnols, et qu'il mettra donc au profit des salariés de la Cogema, puis d’Areva et enfin d’Orano à Marcoule et au niveau national, où il sera responsable du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

C’est durant ses mandats syndicaux, toujours chez Force ouvrière, qu’il découvre les prud’hommes. « L’ancien secrétaire des prud’hommes René Peladan tenait des permanences au centre Mendès-France à Bagnols, je l'ai accompagné pendant des années et au fur et à mesure, le Code du travail est devenu mon livre de chevet », rejoue-t-il. Jean-Luc Buyck obtient alors le mandat de l’Inspection du travail pour accompagner les salariés d’entreprises ne disposant pas de délégué syndical lors des licenciements, et parallèlement il se forme en droit à l’Institut du travail.

« On nous demande d’être des experts en droit »

Élu FO, il préside le collège salariés du Conseil de prud’hommes. C’est le président de ce collège, en alternance chaque année avec celui du collège employeurs, qui préside le Conseil. C'est ainsi que Jean-Luc Buyck a déjà occupé la fonction de président des prud’hommes trois fois auparavant, « une reconnaissance par mes pairs, car il y a un vote avec les cinq syndicats représentés », commente-t-il. Au cours de ses précédents mandats, il a veillé à sensibiliser les conseillers des prud’hommes en leur permettant d’assister à des séances à la Cour de cassation et à la Cour d’appel, « aux audiences d’appels de nos décisions », précise-t-il.

Car contrairement aux magistrats d’une Cour d'assises par exemple, les juges prud’homaux ne sont pas professionnels. Le législateur leur octroie « une vacation horaire de 12 euros et un remboursement des déplacements au tarif fonctionnaires », précise le président. Pas du bénévolat, mais presque : « si on veut s’enrichir avec ça, ce n'est pas la peine. »

Et ce alors que le travail fourni est important : « il y a les audiences, puis les délibérés pendant des heures, et le législateur ne nous donne que cinq heures pour rédiger un jugement, ce qui n'est pas assez pour motiver le jugement, décrit Jean-Luc Buyck. On nous demande d’être des experts en droit, on nous considère comme des magistrats professionnels mais on nous limite dans le temps et les moyens, par exemple nous travaillons sur nos ordinateurs personnels. »

« Une hausse des affaires de harcèlement »

Pas de quoi le démotiver de repartir pour un tour cependant, surtout que le boulot ne manque pas : 1 084 affaires en 2025 pour les prud’hommes de Nîmes, une bonne cinquantaine de plus qu’en 2024. Et même si « il y a eu une diminution du nombre d’affaires avec la mise en place de la rupture conventionnelle, il y a une hausse des affaires de harcèlement, de contestation de licenciements pour inaptitude et de mauvaises conditions de travail », explique Jean-Luc Buyck. Les liquidations judiciaires et leurs conséquences, comme des alaires impayés, figurent aussi en bonne place au palmarès des affaires les plus fréquentes.

Des affaires variées qu’il traite avec une philosophie : « nous sommes des juges de terrain, il y a le droit, il faut le respecter, mais il faut aussi apprécier les faits en fonction de l’entreprise et du salarié », dit-il. En passant d'abord par une étape obligatoire : la conciliation, même s’« il n’y en a même pas 10 % qui aboutissent, c’est devenu de plus en plus difficile avec la fin de l'obligation de présence des deux parties, nous nous retrouvons souvent qu’avec les avocats », précise Jean-Luc Buyck.

Et derrière, « la durée moyenne d’une affaire est de quinze mois », avance le président des prud’hommes de Nîmes. Un délais que le Conseil « essaie de réduire, ça va être mon cheval de bataille que de surveiller ces délais, affirme Jean-Luc Buyck. C’est important pour le justiciable, pour lui permettre de passer à autre chose. »

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Thierry Allard

Actualités

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio