Le 22 novembre 2022, la police nîmoise intervient dans un restaurant où un braquage vient d’avoir lieu. Six hommes, masqués et munis d’armes blanches en tous genres, sont entrés avec fracas avant de réclamer la caisse. Pourtant, l’affaire ne se résume pas à un simple braquage. En réalité, il s’agit d’une vengeance suite à une scène de violences qui a eu lieu la veille. Deux des trois prévenus auraient agressé Zinedine, le troisième prévenu, lui assénant, selon eux, une gifle chacun. Version confirmée par Alex, à la barre, et par Jules, entendu en visioconférence, étant actuellement en détention provisoire dans le cadre d’une autre enquête. « On l’a giflé trente secondes environ », explique-t-il. Une scène de violence qui résulterait d’une altercation datant de plus d’un an. Interrogés sur l’agression, les deux jeunes hommes répondent : « On le cherchait sans le chercher. On l’a croisé par hasard. »
La violence ne s’est pas arrêtée là. Le lendemain, six hommes cagoulés et armés font leur entrée dans le restaurant où travaille Alex. S’en est suivie une scène de violence. Jet de carafes d’eau, de vaisselle et de chaises, le restaurant a été saccagé par le groupe de jeunes. Plusieurs ecchymoses ont ensuite été constatées sur le corps d’Alex, sujet à deux jours d’interruption totale de travail. « Il a subi un braquage (…) pour quelques gifles. C’est lunaire », lance maître François Jehanno, intervenant pour Alex. Les auteurs du braquage ayant été mis en fuite par l’intervention de la police, la scène de violence a alors pris fin. « S’ils n’avaient pas fui par peur des forces de l’ordre, ça aurait pu dégénérer encore plus », lance Alex qui, le jour des faits, a sorti une matraque télescopique, prétendument pour se défendre.
Ayant un maximum de trois mentions sur leur casier judiciaire, les trois prévenus n’ont jamais été condamnés pour violences. Tenant compte de l’ancienneté des faits et des personnalités respectives des trois prévenus, David Malicot, procureur de la République, a requis des peines d'amende, pour tous à hauteur de 1 000 € concernant les violences.Concernant Zinedine, le ministère public a également requis 500 € d’amende pour les dégradations causées dans le restaurant.
Suite à sa délibération, Geoffroy Toillie, président à l’audience, a déclaré les trois prévenus comme étant coupables des faits leur étant reprochés. L’amende demandée pour Alex a été minorée à 700 €. La mention sera exclue du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, suite à la demande de son conseil. Jules a été condamné à 2 mois d’emprisonnement avec sursis, ses finances ne permettant pas le règlement d’une amende. Zinedine, lui, a été condamné à 4 mois d’emprisonnement avec sursis et au règlement de deux amendes, l’une de 500 et l’autre de 400 €. Zinedine est également tenu d'indemniser le préjudice d’Alex, prévenu, mais également partie civile dans ce dossier. Il va devoir lui payer 900 € au titre du préjudice moral et 800 € pour ses frais de justice.