Dans la cité Pescalune, les électeurs semblent indécis face à l’offre électorale… C’est ce que révèle notre sondage Ifop/Objectif Gard, réalisé à l’occasion du premier tour des municipales, ce dimanche 15 mars. Ce dernier, rappelons-le, ne préjuge en rien des résultats. Il n’est qu’une photographie de la situation politique actuelle. Alors qu’apprend-on ?
La droite et le centre éclaté
Presque un an après le décès du maire Pierre Soujol, son héritière désignée, Paulette Gougeon, arrive en tête des intentions de vote avec 29 %. La tête de liste « Mon parti, c'est Lunel », élue depuis 18 ans sur la commune, conseillère départementale, ratisse dans toutes les catégories d’âges avec une prédominance chez les plus de 65 ans. Soutenue par Les Républicains et le Parti socialiste, elle regroupe des électeurs aussi bien d’Emmanuel Macron que de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2022. Et, à Lunel, des électeurs de Pierre Soujol et de l’ex-maire Claude Arnaud (2001 à 2014), qui s’étaient affrontés en 2020.
Si elle est en tête, Paulette Gougeon ne plie pas le match pour autant. À Lunel, ville de 26 000 habitants — dont électeurs 18 000 inscrits —, sept candidats sont sur la ligne de départ. Cet émiettement s’explique, en partie, par la candidature de l’ex-premier adjoint, Stéphane Dalle, tête de liste « Lunel au cœur ». Soutenu par Horizons, ce dernier revendique aussi l’héritage de Pierre Soujol. Le Lunellois a même participé à la défaite de Paulette Gougeon à la présidence de Lunel Agglo, soutenant son binôme au Département, Jérôme Boisson. Récoltant 13 % d’intentions de vote, son électorat compte notamment des travailleurs indépendants qui ont voté Emmanuel Macron à la présidentielle.
Autre candidat, inattendu : Stéphane Muscat. Tête de liste divers droite « Envie de Lunel », cet ancien directeur de cabinet du maire Claude Arnaud veut passer de l'ombre à la lumière. Celui dont l’éligibilité à Lunel a été acceptée in extremis enregistre 11 % des suffrages. Ces scores, supérieurs à 10 %, peuvent ouvrir aux deux candidats les portes du second tour. C’est peut-être moins le cas pour la tête de liste « Vivons Lunel », Thierry Razigade, ancien directeur de la police municipale, qui récolte 9 % d’intentions de vote.
Face à ce paysage éclaté, Anthony Belin a su, lui, rassembler ses troupes. Le candidat, soutenu par le député UDR Charles Alloncle, se place en deuxième position, récoltant 23 % des voix, soit six points d’écart avec la maire sortante. Tête de liste « Lunel, c'est vous », Anthony Belin regroupe essentiellement les électeurs de Marine Le Pen à 66 % et ceux de la conseillère régionale Julia Plane, ex-candidate RN en 2020 et actuelle numéro 2 sur sa liste. Le score d'Anthony Belin est élevé, mais reste insuffisant, sans réserve de voix, pour l'emporter.
Amputée du PS, la gauche affaiblie
Enfin, divisée, la gauche ne parvient pas à tirer son épingle du jeu. Le soutien du PS à la maire sortante est peut-être l’une des raisons. La liste (divers gauche) de Lise Florès « Lunel Collectif, gauche et écologie citoyennes » récolte 8 %, soit un point de plus que l’Insoumis Bruno Gagne, tête de liste « Union populaire Lunel fière et solidaire ». Un électorat qui pourrait se reporter au second tour sur Paulette Gougeon ?
En prenant en compte la marge d'erreur, bien malin celui qui prédira le casting du second tour. De quoi inspirer ce commentaire à Frédéric Dabi, directeur de l'Ifop : « Dans un scénario complètement fou, tous les candidats pourraient se maintenir. C’est peu probable, mais ce n’est pas de la science-fiction. » Les derniers jours, avant le premier tour, seront donc décisifs à Lunel.
*L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 538 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population de Lunel âgée de 18 ans et plus.